The Ramallah Club Network

Les migrations et les mouvements de masse d'individus incitent souvent les communautés exilées à créer des espaces pour se reconnecter dans leur nouvelle patrie. Les centres communautaires, les festivals et les événements célébrant des occasions spéciales aident à maintenir la tradition et la langue en vie, et à préserver les liens entre les communautés. Mais au-delà du partage de la nourriture, de la danse et de la conversation, quels éléments intangibles ces rassemblements transmettent-ils ? Comment ont-ils contribué à des formes directes et indirectes de résistance ? Pour approfondir ces questions, Samah Hijwai et Reem Shilleh prendront les Ramallah Clubs de la diaspora palestinienne aux États-Unis comme point de départ de leur réflexion. Après la formation d'Israël en 1948, également appelée Al-Nakba dans l'histoire arabe, des milliers de Palestinien·ne·s ont été expulsé·e·s de force de leurs foyers. Certain·e·s se sont installé·e·s dans des villes et pays voisins tandis que d'autres ont migré vers d'autres continents. Aux États-Unis, un groupe de personnes originaires de la ville de Ramallah a créé un réseau de Ramallah Clubs dans tout le pays, grâce auquel elles ont perpétué leur "palestinité" de différentes manières. Dans une série de conversations diffusées sur le site web de Radio Al Hara, Samah Hijawi et Reem Shilleh exploreront ces questions avec des artistes et certaines des personnes qui travaillaient dans d'autres centres communautaires palestiniens à travers le monde.

Samah Hijawi est artiste et chercheuse. Elle prépare actuellement un doctorat en pratique artistique à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, en Belgique. Dans ses œuvres multimédias, elle explore l'esthétique de la représentation dans des œuvres d'art qui font allusion à l'histoire de la Palestine. Ses travaux ont été exposés aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, au Musée M, à la Hayward Gallery, à BOZAR, au Beurscchouwburg, au Bureau Europa, au MoMa, à Apex Art, à Darat al Funun, entre autres. Elle a précédemment collaboré avec Ola El-Khalidi et Diala Khasawneh à la direction de Makan Art Space (2003-2016), un espace indépendant d'art contemporain à Amman. Avec Shuruq Harb et Toleen Touq, elle a assuré la codirection artistique de la plateforme The River has Two Banks (2012-2017), lancée pour répondre à la distance croissante entre la Jordanie et la Palestine.

Reem Shilleh est chercheuse, curatrice, éditrice et, à l'occasion, écrivaine. Elle vit et travaille à Bruxelles et à Ramallah. La pratique de Reem Shilleh s'appuie sur un long projet de recherche sur les pratiques d'image militantes et révolutionnaires en Palestine, sa diaspora et son réseau de solidarité. Parmi ses projets récents, on peut citer le programme de cinéma The Space Between : The Invocation (Fondation MMAG, Amman, 2019), la série d'expositions de recherche Desires into Fossils : Monuments Without a State (Khalil Sakakini Cultural Center, Ramallah, 2017), et le collage filmique commandé par la Fondation A. M. Qattan, Perpetual Recurrences (Qalandiya International, Ramallah, 2016). Elle est également co-fondatrice de Subversive Film, un collectif de conservation et de recherche formé en 2011 qui jette un nouvel éclairage sur les œuvres historiques liées à la Palestine et à la région, initie un soutien à la préservation des films et étudie les pratiques archivistiques, ses effets sur les imaginaires et les réverbérations qu’elles suscitent. Reem Shilleh est lauréate de la bourse BAK pour 2019-2020.

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