Liquid Violence

    23/05  | 12:00 - 19:00
    24/05  | 12:00 - 19:00
    25/05  | 12:00 - 19:00
    26/05  | 12:00 - 19:00
    27/05  | 12:00 - 19:00
    28/05  | 12:00 - 19:00
    29/05  | 12:00 - 19:00
    30/05  | 12:00 - 19:00
    31/05  | 12:00 - 19:00
    01/06  | 12:00 - 19:00

€ 6
± 45 min
EN > FR

Les tickets seront également en vente sur place, pendant les heures d'ouverture de l'installation

Depuis 2011, Forensic Oceanography s’intéresse au caractère frontalier de la mer méditerranée et aux politiques de (non-)assistance en mer, ainsi qu’aux conséquences de ces deux éléments sur la vie des migrants. L’installation multi-écrans Liquid Violence présentée à Bruxelles rassemble trois cas récents ayant fait l’objet d’une médiatisation importante : un bateau abandonné en mer lors de l’intervention militaire de l’OTAN en Libye en 2011, et deux reconstructions d’événements conséquents à la décision italienne et européenne de réduire les opérations de recherche et de sauvetage en mer. Le remarquable travail de recherche effectué par l’équipe de Forensic Oceanography nous livre une quantité impressionnante de son, d’images vidéo, et de données liés à ces trois cas. Ce travail d’une précision sans précédent, à la fois prenant et perturbant, remet en question la narration récente qui consiste à criminaliser les opérations de sauvetage des ONG et à soutenir les actions libyennes visant à empêcher et intercepter les départs. En évoquant le cadre esthétique d’une salle de contrôle, l’espace de Liquid Violence pose la question de ce qui devrait être surveillé, et nous invite à ne pas détourner les yeux.

À voir aussi : Talk: The Mediterranean Forum: Violence and Solidarity Across Land and Sea
23/05 – 18:00
EN, gratuit
Avec : Charles Heller, Mamadou Bah, Nora El Qadim et Carine Thibaut

Forensic Oceanography est un projet de Lorenzo Pezzani et Charles Heller et fait partie de Forensic Architecture agency (dirigé par Eyal Weizman) à Goldsmiths (Université de Londres)
Présentation : Kunstenfestivaldesarts, Nine One 

Forensic Oceanography, Liquid Traces – The Left-to-die Boat Case (2014, 17 min)
Équipe : Charles Heller, Lorenzo Pezzani, Richard Limeburner, Samaneh Moafi, Rossana Padeletti
Produit dans le cadre de Forensic Architecture avec le soutien de House of World Cultures (HKW) Surtitrage : Babel Subtitling  

Forensic Oceanography, Death by Rescue – The EU’s Lethal Policies of Non-assistance (14 min, 2016)
Équipe : Charles Heller, Lorenzo Pezzani, Richard Limeburner, Sabine Llewellyn, Samaneh Moafi, Rossana Padeletti, Laure Vermeersch
Produit à ESRC funded Precarious Trajectories research project
Surtitrage : Babel Subtitling  

Forensic Oceanography and Forensic Architecture, The Crime of Rescue – The Iuventa Case (2018, 33 min)
Équipe Forensic Oceanography: Charles Heller, Lorenzo Pezzani, Rossana Padaletti, Richard Limeburner
Project Team Forensic Architecture: Nathan Su, Christina Varvia, Eyal Weizman, Grace Quah
Produit avec le soutien de Borderline Europe, the WatchTheMed platform et Transmediale
Surtitrage : Babel Subtitling   

Forensic Oceanography et Forensic Architecture, Mare Clausum – The Sea Watch vs Libyan Coast Guard Case (2018, 28 min)
Équipe Forensic Oceanography: Charles Heller, Lorenzo Pezzani, Rossana Padeletti
Équipe Forensic Architecture: Stefan Laxness, Stefanos Levidis, Grace Quah, Nathan Su, Samaneh Moafi, Christina Varvia, Eyal Weizman
Produit avec le soutien de WatchTheMed platform, the Swiss National Science Foundation, the Republic and Canton of Geneva
Surtitrage : Babel Subtitling

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Liquid Violence

Installation vidéo de Forensic Oceanography, projet de recherche dirigé par Charles Heller et Lorenzo Pezzani à Goldsmiths (University of London). 2011 — en cours

Forensic Oceanography est un projet de recher-che initié en 2011 au sein du laboratoire pluri-disciplinaire Forensic Architecture par Charles Heller et Lorenzo Pezzani, au moment des soulèvements dans les pays arabes.

Ce projet développe une recherche critique sur la militarisation du régime frontalier mis en place par les états européens aux frontières maritimes de l’UE, analysant les conditions politiques, spatiales et esthétiques qui ont rendu mortelles les eaux de la Méditerranée pour les migrants illégalisés. Les quelque 30 000 migrants qui ont perdu la vie en mer au cours des trente dernières années sont les victimes de ce que Forensic Oceanography a nommé : la « violence liquide » (liquid violence).

Recoupant les témoignages et les traces des équipements numériques de détection en mer que sont les radars, les images satellites et le système de localisation de navigation, Forensic Oceanography a recouru, à contre-emploi, à cet arsenal de surveillance pour mettre en évidence à la fois la violence de ces frontières et le régime d’(in)visibilité sur lequel il est fondé.

Dans un contexte où les mers ont été morcelées en un espace juridique complexe qui permet aux états d’invoquer leur souveraineté quand ils entreprennent des opérations de police au-delà des limites de leur territoire et de se dérober à leurs obligations quand ils le souhaitent (comme en ne portant pas assistance aux bateaux en détresse), Forensic Oceanography a voulu mettre en évidence leur responsabilité à travers quelques cas précis rapportés au corpus juridique et légal qui régit la frontière maritime de l’Europe.

Les deux diptyques vidéo présentés ici font partie des recherches entreprises par Forensic Oceanography sur les différentes phases d’évolution du régime des frontières depuis 2011.

Le premier diptyque est composé de Liquid Traces (2014), qui cartographie la trajectoire d’un bateau abandonné en mer pendant l’intervention militaire de l’OTAN en 2011 en Libye, et Death by Rescue (2016), qui donne à comprendre les conséquences mortelles de la décision par l’Italie et l’UE de mettre fin aux actions de recherche et de sauvetage en mer.

Les deux vidéos illustrent de façon exemplaire les méthodes et la politique d’abandon des migrants en mer, qui n’ont pour seul but que de décourager toute traversée.

Le deuxième diptyque rassemble The Crime of Rescue (2018), qui réfute l’accusation de collusion qui fonde la séquestration du bateau de sauvetage d’une ONG, le Iuventa, et Mare Clausum (2018), qui reconstitue un incident où se sont affrontés des gardes-côtes libyens qui interceptaient des migrants et l’équipage de l’ONG Sea Watch qui tentait de les sauver.

Ces vidéos, toutes deux produites en collaboration avec Forensic Architecture, mettent en évidence deux axes étroitement liés de la stratégie mise en œuvre actuellement par l’Italie et l’UE pour verrouiller la voie de passage centrale de la méditerranée : criminaliser la solidarité, et sous-traiter la voie de passage de la méditerranée centrale.

Chacun de ces projets analyse et met en cause un mode en particulier de « violence des frontières », en disséquant dans le même temps la dimension politique de la fluctuation des schémas de la surveillance frontalière et d’assistance/non-assistance en mer, ainsi que leurs conséquences tragiques pour les migrants.

Un graphique synthétise l’évolution de ces grandes tendances. Les visiteurs pourront aussi accéder à des archives comprenant les rapports détaillés de Forensic Oceanography ainsi que les témoignages des survivants de naufrages qui ont nourri la recherche. Présentée à la veille des élections européennes, cette installation met en pleine lumière la violence des politiques frontalières européennes.

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Charles Heller est chercheur et cinéaste. Son travail se focalise depuis longtemps sur la politique migratoire. En 2015, il a achevé son doctorat en recherche architecturale à Goldsmiths, University of London. Il est actuellement post-doctorant à l’Institut des Hautes Études internationales et du Développement à Genève, où il mène une recherche soutenue par le Fonds National Suisse (FNS).

Lorenzo Pezzani est architecte et chercheur. En 2015, il a achevé son doctorat en recherche architecturale à Goldsmiths, University of London, où il est actuellement maître de conférences et directeur du Master en Architecture forensique. Son travail porte sur la politique de l’espace et les cultures visuelles de la migration, et plus particulièrement sur la géographie de l’océan.

Les deux collaborent depuis 2011 et sont cofondateurs du projet Forensic Oceanography, qui examine de manière critique la politique de frontières militarisées et de migration en Méditerranée. Leur travail collaboratif a généré des rapports en matière de droits humains, des articles académiques, ainsi que des vidéos exposées au niveau international.

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