Ikọ

Dans sa pratique artistique, Otobong Nkanga prend souvent comme base de de travail les méthodes et les procédures par lesquelles les matières premières sont extraites de leur environnement, sont transformées mécaniquement et sont mises en circulation à travers le monde. En partant de ces mécanismes, elle met en évidence les connexions existantes entre les minerais, le matérialisme et l'édification du désir d’un côté, avec le partage du pouvoir et du savoir de l’autre. Dans le cadre de The Diasporic Schools, Otobong Nkanga crée une série de podcasts faisant écho à Carved to Flow, un projet perpétuel, évolutif et en constante expansion initié en 2017 et visant à susciter l'attention autour des réseaux géographiques, de l'histoire économique et des affects qui sont pris comme base pour la création des biens de consommation les plus quotidiens. Durant le mois d’octobre, Nkanga réalise quatre podcasts pour The Diasporic Schools : chacun d'eux présente la vie d'une matière ou d'un élément, suit son cheminement à travers le globe, et dévoile ainsi une particularité historique à partir de son point de vue spécifique. Pour chaque capsule Otobong Nkanga collecte un large éventail de voix et de styles, assemblant paysages sonores et conversations, poésie, interviews et musique. Épisode après épisode, élément après élément, elle entraîne l’auditeur·ice dans le flux des idées, des peuples et des biens, et surtout dans une réflexion sur les formes de circulation, de connexion et d'attention à son prochain. Le son devient ici un outil pour creuser les complexités inhérentes aux matériaux et à leur valeur marchande, mais aussi pour mettre à jour combien les espaces et leurs ressources naturelles sont intimement liés aux émotions, à la mémoire et au savoir.

Otobong Nkanga, née en 1974 à Kano au Nigeria, est une plasticienne, artiste visuelle et performeuse basée à Anvers. Après s’être formée au dessin au Nigeria, puis à l’École des Beaux-Arts de Paris, elle décroche un master dans les arts de la performance à l’école DasArts d’Amsterdam où elle explore les potentialités du corps et de la voix. Son travail questionne la notion d’identité, le statut de la femme africaine et les particularités culturelles du Nigeria, pays dont elle est originaire. Elle a exposé dans de nombreuses institutions dont le Centre Pompidou (Paris), la Tate Modern (Londres), le Kunst-Werke (Berlin), le Stedelijk Museum (Amsterdam) ou la Biennale de Lyon.

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