Ikọ

The Diasporic Schools — Online

À propos d’Ikọ

Ikọ est une série commune de podcasts conçue par l’artiste Otobong Nkanga et la curatrice Sandrine Honliasso. Cette série fait écho au projet en évolution perpétuelle d’Otobong Nkanga Carved to flow, débuté en 2017. Carved to flow fonctionne comme une structure de soutien pour des projets engagés dans le développement d'activités  sociales, économiques et culturelles de régions isolées géographiquement. Ikọ est pensé comme un espace à géométrie variable qui vise à réunir différentes zones géographiques, à assembler des champs d’études distincts et à mettre en relation des pratiques hétérogènes pour susciter de nouvelles lectures du monde, construire de nouveaux moyens pour établir des relations et créer des biens. Unissant une grande variété de voix réagissant à différentes propositions sonores, Ikọ cherche à élargir nos approches des démarches artistiques et des champs culturels, en plus de permettre à une multiplicité de voix d’être entendues.

Crédits

Présentation : Kunstenfestivaldesarts

Fondatrices : Otobong Nkanga, Sandrine Honliasso
Curatrice : Sandrine Honliasso
Designer sonore : Giocomo Turra
Graphiste : Antonin Faurel
Montage son : Octave Broutard

La série de podcast Ikọ est coproduite et soutenue par : Kunstenfestivaldesarts dans le cadre de The DIasporic Schools et Carved to Flow

Sorties

07.10
Épisode 1

14.10
Épisode 2

21.10
Épisode 3

28.10
Épisode 4

Programme public

Otobong Nkanga et Sandrine Honliasso parleront de leur projet Ikọ le 01.11 dans le cadre du Programme public.

Ikọ sur le web

ikoflow.com

Épisode 1

Repairing bodies and land with Aisha Conté
07.10
Invitée Ikọ Zone : Adelle Nqeto
Langue : Français

Dans ce premier épisode nous rencontrons Aisha Conté, fondatrice de Nyara, une marque et des magasins de produits de phyto-aromathérapie et de bijoux basée au Sénégal. Otobong Nkanga s’entretien avec Aisha Conté qui nous relate son parcours : Doctoresse en pharmacie, elle a d’abord été employée dans l’industrie pharmaceutique, pour prendre ensuite son indépendance et entamer un travail de recherche afin de développer des cosmétiques et des soins pour la peau élaborés à partir de produits locaux. Aisha Conté éclaire différents aspects de la démarche entreprise avec Nyara et la manière dont cette activité est connectée avec les structures et les dimensions sociales, économiques et environnementales autant au niveau sénégalais que mondial. Dans la seconde partie du podcast, Sandrine Honliasso nous présente Ikọ Zone, une capsule au sein de laquelle un·e musicien·ne, un·e poète·étesse, un·e écrivain·e partage avec nous son univers. Dans ce premier épisode nous écoutons une intervention sonore de la chanteuse et parolière Sud-Africaine basée à Berlin Adelle Nqeto.

Épisode 2

Fashion and ethics avec Aboubakar Fofana et Gozi Ochonogor
14.10
Invitée Ikọ Zone : Nola Cherri
Langue : Anglais

Dans cet épisode Otobong Nkanga initie une rencontre entre la styliste Gozi Ochonogor et l’artiste pluridisciplinaire, lui aussi styliste, Aboubakar Fofana. La conversation met en lumière la manière dont chacun·e aborde son travail textile, l’inscrit dans une filière de production durable et l’insert dans l’industrie de la mode. Mais l’échange valorise surtout leurs pratiques comme étant des espaces pour bâtir des entreprises communes et de soutiens mutuels. Dans l’Ikọ Zone nous écoutons la chanteuse, parolière et artiste visuelle, parisienne d’adoption, Nola Cherri.

Épisode 3

Food care in time of crisis avec Ashna Afroze Ahmed
21.10 
Invitée Ikọ Zone : Skye Arundhati Thomas

Dans cet épisode Otobong Nkanga s’entretient avec Ashna Afroze Ahmed, agricultrice urbaine et fondatrice de Prakriti Farming. Prakriti Farming est une coopérative agricole qui développe des cultures urbaines et durables dans la ville de Dhaka, au Bangladesh. Comme partout dans le monde, la crise du Covid-19 a creusé les inégalités sociales et exacerbé les difficultés qu’ont les plus pauvres à se procurer des biens de première nécessité. Cet épisode nous présente les initiatives et les actions de solidarité entreprises par Prakriti Farming en réponse à cette situation critique. Dans l’Ikọ Zone, nous écoutons un récit écrit et lu par Skye Arundhati Thomas, qui est autrice et éditrice à Mumbai.

Des corps, des respirations et des joyaux en résonance avec le monde

Par Diana Campbell Betancourt

L'œuvre poétique d'Otobong Nkanga fait entrer nos corps en résonance avec les accords polyphoniques et souvent mélancoliques du monde et ses nombreuses histoires apparentes et sous-jacentes. Elle a la singulière capacité de faire surgir des mots des tréfonds de notre psyché en créant des espaces propices à la conversation, suscitant à la fois des souvenirs collectifs et des prédictions de souvenirs (futurs). Elle nous amène à trouver et exprimer nos voix uniques selon nos propres termes, et nous invite à les accorder à d'autres voix précédemment suscitées. La pratique artistique d'Otobong Nkanga exprime délicieusement les nombreux sens de l'adjectif articulate en anglais, ce mot complexe et compliqué qui signifie justement la capacité à s'exprimer de manière précise. Dans l'article « The Racial Politics of Speaking Well » (Les politiques raciales de l'aisance à l'expression), paru dans le New York Times en 2007, Lynette Clemetson révèle que lorsque des Blancs utilisent le terme articulate en anglais pour désigner des Noirs, «  le terme sous-entend parfois une surprise, voire de la perplexité... une connotation intrinsèquement offensante puisqu’elle suggère que le destinataire du compliment serait différent d'autres personnes noires. Cela impliquerait que la majorité des Noirs n'aurait pas la capacité de s'exprimer clairement, là où cela irait de soi pour la population blanche. »[2] Otobong Nkanga, qui a grandi entre le Nigéria, la France, les Pays-Bas et vit actuellement en Belgique, renvoie ce compliment détourné au visage de « l'élite qui s'exprime bien », en démontrant de façon limpide qu'il est impossible de ressentir ou de comprendre le monde ou les vastes possibles du registre des émotions humaines uniquement à travers un anglais d'Oxford ou de Princeton. En d'autres termes, on ne peut articuler un monde depuis un cadre fermé qui ne présente aucune perméabilité à d'autres perspectives.  

Un mot peut évoquer bien plus de significations que celle que permet sa lecture d'après les préceptes d'experts linguistiques dominants. Les personnes qui ont un accent et utilisent des structures grammaticales qui ne correspondent pas à « l’anglais standard » sont capables de comprendre le monde à partir de multiples cadres. Le mauvais anglais est l'une des synthèses créatives les plus lyriques qui soit. Il crée un langage nouveau dans l’interstice fertile situé entre les langues et illustre leur plasticité par l’appropriation de mots étrangers. Otobong Nkanga introduit de l'anglais nigérian dans plusieurs de ses œuvres, sous-entendant par là même que le langage dans lequel est écrit cet essai ne permet pas d'exprimer certaines émotions qu'elle cherche à insuffler. Au sein de plusieurs cosmologies et mythologies africaines, l'expression est profondément liée au temps qu'il fait, au temps qui passe, au sol, aux gens ou encore à l'agriculture. Ce type d'expression est étouffée par la vision préconçue du privilège blanc, qui déshumanise et méprise des savoirs dont la compréhension se situe bien au-delà des capacités d'un individu et sa vision du monde. Dans son acception, Otobong Nkanga libère le mot anglais articulate du territoire d’ignorance où il se situe pour l'ouvrir à d'autres perspectives. « Celui qui s'exprime bien », – the articulate en anglais –, peut se déplacer dans le monde et en vivre d'autres; s'exprimer de manière précise implique un mouvement et un flux dans l'espace, un espace d'accumulation de savoirs permettant de se mouvoir, permettant d'exister en différents endroits à travers l'expression et le mouvement. »[2]

Le mot articulate provient du latin articulus, qui signifie jonction. L'œuvre d'Otobong Nkanga se pose comme cette jonction entre ce qui est ostensible et l'infime invisible, créant un lien conceptuel entre la masse d'une montagne et le vide d'une mine avec la particule de minerai absorbée par notre peau lorsque nous utilisons des produits cosmétiques ou pharmaceutiques.  Ce même minerai que l‘on trouvera aussi dans certains de ses dessins ou l'une de ses installations. L’adjectif articulate appliqué à l'oeuvre d'Otobong Nkanga désigne son éloquence et sa capacité à utiliser un langage (corporel) précis dans plusieurs langues (en ibibio, sa langue maternelle, en anglais, en anglais nigérian, en français, en flamand et en yoruba) pour exprimer des concepts complexes nés de la jonction entre différents points de référence historiques et personnels. Pour la forme verbale, son œuvre articule les récits de nombreuses mains invisibles qui défigurent notre planète, et donne dans ses performances, ses dessins, ses tapisseries, ses sculptures, ses vidéos et ses installations une forme et une voix à ce qui n'en a pas. Utilisé comme substantif enfin, l'articulation est la géométrie de la forme et de l'espace. Dans le domaine de l'architecture, source d’inspiration souvent évoquée par l'artiste, une réalisation articulée est le résultat de la jonction entre des parties distinctes, dont l’individualité et l'appartenance à un tout permettant l'ensemble sont mises en valeur de façon égale. Otobong Nkanga éclaire les jonctions de l'histoire qui façonnent les paysages qui se nourrissent aujourd’hui de la surface de la terre, et en soulève par moments le voile de beauté pure : la luxuriance d'une forêt tropicale pourrait, par exemple, provenir de l'horreur des charniers d'un génocide.

Texte écrit par Diana Campbell Betancourt,
IDans le cadre de l'exposition Uncertain Where the Next Wind Blows, 13.11.2020 — 31.01.2021, Henie Onstad Kunstsenter (Norway)


[1] Clemetson, Lynette. « The Racial Politics of Speaking Well. » The New York Times, 4 Februari, 2007. https://www.nytimes.com/2007/02/04/weekinreview/04clemetson.html.

[2] Otobong Nkanga, conversation téléphonique avec l’auteure, 13 août 2020.

Bios

Otobong Nkanga et Sandrine Honliasso

Otobong Nkanga (*1974, Kano, Nigéria) entame ses études artistiques à l'Université Obafemi Awolowo à Ile-Ife au Nigéria, avant de les poursuivre à Paris à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Entre 2002 et 2004, elle est artiste en résidence à la Rijksakademie van beeldende kunsten à Amsterdam et achève ensuite  un Masters in the Performing Arts à Dasarts, Advanced Research in Theatre and Dance studies à Amsterdam (2005-2008). Elle a par deux fois été artiste en résidence à Berlin, au DAAD (2014) et au Martin Gropius Bau (2019). La pratique d'Otobang Nkanga crée des rencontres multisensorielles en mêlant installations, textile, performances, peinture, dessin, texte et récits. Son travail est le fruit de recherches poussées au cours desquelles elle expérimente les multiples entrecroisements entre les objets et les actions, et la relation entre le soin et la réparation. Elle envisage le pays comme un lieu de non-appartenance, conférant ainsi une nouvelle signification aux concepts sociaux de l'identité. Elle révèle de manière paradoxale la mémoire et les impacts historiques provoqués à la fois par l'homme et la nature. Elle expose les complexités inhérentes aux ressources telles que le sol et la terre et leur valeur potentielle, et fait ainsi surgir des récits et histoires liés à la Terre. Les œuvres d'Otobong Nkanga ont été présentées dans le monde entier, notamment à Documenta 14 (Grèce et Allemagne), à la Biennale de Venise en Italie, à la Biennale de Sharjah (EAU). Son travail a également fait l’objet de plusieurs expositions individuelles, entre autres au Museum of Contemporary Art, Chicago (USA), à la Tate Modern (Royaume-Uni), et plus récemment à  Zeitz Mocaa, au Cap en Afrique du Sud et à la Tate St. Ives en Angleterre. Cette dernière exposition,  From Where I Stand, est actuellement présentée au Middlesbrough Institute of Modern Art. Lors de sa résidence au Gropius Bau à Berlin en 2019, l’artiste a travaillé sur Carved to Flow, projet qui a donné naissance à son exposition actuelle There's No Such Thing as Solid Ground. En 2019, Otobong Nkanga s'est vu décerner l'Inaugural Lise Wilhelmsen Art Award ainsi qu'une Mention Spéciale à la 58e édition de la Biennale de Venise, elle a remporté le Prix de la Biennale Sharjah, ainsi que le prestigieux Peter-Weiss-Preis. Elle est également lauréate du prix pour la culture flamand Ultimas. En 2017, elle s'est vu attribuer le Belgian Art Prize  et en 2015, le Yanghyun Prize.

Sandrine Honliasso est com­mis­saire d’expo­si­tion indé­pen­dante et cri­ti­que. Elle a tra­vaillé comme assis­tante en pro­duc­tion et média­tion à la Fondation Kadist (Paris), char­gée de com­mu­ni­ca­tion à l’Institut d’art contemporain/Villeurbanne. Elle est l’auteure des Monologues, espace numé­ri­que dédié à la créa­tion artis­ti­que actuelle. Elle a été co-com­mis­saire des expo­si­tions Partout, mais pas pour très long­temps (2018, Lyon) ; Germination (2018, Dakar) ; Tongue on tongue, nos sali­ves dans ton oreille (2019, Paris) et com­mis­saire de l’expo­si­tion Baptiste Fertillet, Cutting/Slasher (2020, Nantes). Elle a été deux fois rési­dente au sein du pro­gramme de recher­che RAW Académie (Germination, 2018 ; CURA, 2019) au centre d’art RAW Material Company (Dakar). Elle col­la­bore actuelle­ment avec Ariane Leblanc sur l’expo­si­tion D’ailleurs je viens d’ici qui sera pré­sen­tée au printemps 2021 à La Comédie de Caen.

Épisode 1

Repairing bodies and land avec Aisha Conté

Doctoresse en pharmacie, diplomée de l’Université de Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal), la Dr Aïsha Conté a travaillé dans plusieurs secteurs en lien avec les soins de santé, y compris en phytothérapie. Profondément Pan-africaine, la fondatrice de la marque Nyara soutien que “l’Afrique peut et doit se développer par elle-même, étant donné que le continent regorge de ressources qui ne demandent qu’à être exploitées.” Grâce à une démarche éco-responsable et proche de la nature, elle souhaite transmettre sa passion pour les produits de qualité fabriqués dans les pays africains, à une époque où de plus en plus de critiques s’élèvent à l’encontre de l’emploi de produits chimiques nocifs pour la santé dans les cosmétiques et les médicaments. Aïsha Conté est une femme d’engagements et se bat pour différentes causes sociétales liées aux soins de santé et à l’hygiène des populations africaines : la dépigmentation de la peau des femmes et la pollution due aux matières plastiques en sont des exemples éloquents. À travers son combat personnel pour la promotion de la culture africaine, elle entend faire passer directement et indirectement le message que c’est par les femmes que le continent africain peut se développer !

La musique d’Adelle Nqeto prend sa source dans le regard d’une observatrice introvertie, pétrie de mélodies et de récits. Emprunt de folk Sud-africain, explorant le jazz, l’indie et la pop, le travail d’Adelle Nqeto ne dissèque pas uniquement la nature humaine, il montre aussi combien la condition humaine peut être belle. C’est donc très justement que son style musical a été qualifié de “folk africain alternatif”. Résidant aujourd’hui à Berlin, Adelle Nqeto consacre son deuxième album Home (sorti en mai 2019) à des questions de justices sociales en Afrique du Sud, données à entendre par le filtre auditif de l’une de ses musiciennes. Pour sa prochaine série de concerts, Adelle Nqeto est accompagnée par les musiciens sud-africains Robin Brink (batterie, percussions) et Tsepo Kolitsoe Pooe (violoncelle). Ensemble, le trio crée un paysage sonore à partir d’éléments organiques et électroniques qui viennent soutenir les mélodies douces-amères qu’Adelle Nqeto a composées pour évoquer son quotidien.

Épisode 2

Fashion and ethics avec Aboubakar Fofana et Gozi Ochonogor

Aboubakar Fofana est né au Mali et a grandi en France. Sa pratique artistique, multidisciplinaire, fait appel à la calligraphie, aux textiles et aux colorants naturels. En tant qu’artiste, il est réputé pour revitaliser, redéfinir et pérenniser les techniques de teinture traditionnelles ouest africaines à l'indigo, un héritage auquel il consacre beaucoup d’énergie. Le travail d’Aboubakar Fofana s’ancre dans une profonde croyance du caractère divin de la nature : ce ne serait qu’en respectant cette sacralité qu’il nous serait possible de comprendre l’univers. Toute sa démarche s’articule autour des cycles de la nature, c’est pour cela qu’elle n’a recours qu’à des matériaux naturels et aborde principalement les thèmes de la naissance, du déclin et du changement, et de la périssabilité des matériaux en présence. Il considère d’ailleurs la création et la réalisation de ses œuvres comme une forme de pratique spirituelle, qu’il partage avec son public. Aboubakar Fofana monte en ce moment, avec l’aide de communautés vivant dans la région de Siby, au Mali, un projet de ferme afin de cultiver deux variétés indigènes d’indigo. Le modèle agricole qu’il développe est basé sur la production de nourriture, de plantes médicinales et de teintures naturelles en permaculture. Cette vaste entreprise entend contribuer à la renaissance des teintures à l’indigo fermenté au Mali et dans les pays alentour. Elle constitue son plus grand et important projet jusqu’à ce jour.

aboubakarfofana.com

Gozi Ochonogor est directrice artistique de la marque U.Mi-1 (prononcez [you.me.one]). Les collections de U.Mi-1 sont inspirées par la culture nigérianne, mêlée d’esthétique anglaise et japonaise : des lieux où la styliste se considère comme chez elle. Elle est convaincue que c’est à travers nos similitudes que nous pouvons jouir de nos différences. Gozi Ochonogor a étudié l'ingénierie logicielle à l'Imperial College London et le stylisme à la Central School of Fashion London. C’est en travaillant à l’Anthony Reynolds gallery qu’elle s’est ensuite familiarisée avec le langage artistique. Styliste de talent, elle revisite à travers des compositions éclairées les formes de l’art moderne et contemporain, en particulier celles de l’architecture et du cubisme. Elle aborde sa pratique comme une ingénieure le ferait : avec une constante attention pour le détail, et du zèle pour atteindre la perfection. Gozi Ochonogor cultive une grande passion pour la tradition textile nigérianne qu’elle revitalise, fait évoluer à travers ses propres créations et diffuse dans des magasins partout dans le monde.

umi1.co.uk

La recherche musicale de Nola Cherri porte sur la transformation du son, en partant de sa forme acoustique pour le faire évoluer vers une forme “afro-techno-expérimentale”. D’une matière première dont elle travaille la forme (elle est aussi plasticienne), sort des sons d'usines. Ces bouts de morceaux viennent d'un processus de travail à la chaîne (portée par des rythmiques très basiques), mais aussi du fonctionnement d’une machine à coudre, du fil qui se tord sous la pression de l’aiguille, ou de la peau qui se tend une fois tannée. Le vêtement est une seconde peau, il parle pour nous, de notre identité, de qui nous décidons d'être. Prêcheuse incorruptible de friperie, Nola voit en l'upcycling une façon de briser la chaîne du capitalisme et de l'industrialisation du textile, qui font des dégâts aussi bien humains qu'écologiques.

Nola Cherri sur Soundcloud

Épisode 3

Food care in time of crisis avec Ashna Afroze Ahmed

Ashna Afroze Ahmed est agricultrice urbaine et fondatrice de Prakriti Farming. Son activité est portée par sa conviction qu’une agriculture durable et un mode de vie sain donneront à une nouvelle génération, saine et en bonne santé, la capacité de faire prospérer et de pérenniser la sécurité alimentaire sur le long terme. Depuis les débuts de Prakriti Farming en 2017, elle a aidé un grand nombre de fermes urbaines à voir le jour dans la ville de Dhaka et dans d’autres espaces périurbains. Ashna Afroze Ahmed est membre de la World Food Bank, de l’American Urban Farming Forum et de l’Indian Permaculture Institute (IPC). Elle possède également une page Facebook, MummyYummy, où elle diffuse des recettes pour aider les parents à donner une alimentation saine à leurs enfants. Elle a été une membre active du Singapore, Malaysia and Bangkok Urban Farming Forum. Une autre facette de son activité inclut un projet d’agriculture communautaire, qui vise à produire une nourriture ayant poussé de manière naturelle, à former au micro-entreprenariat les agricuteur·ice·s, à créer des réseaux de distribution pour les cultivateur·ice·s de sa communauté, et à établir des barèmes de prix équitables et abordables pour le·la consommateur·ice urbain·e. En 2019 elle a reçu le 1er prix au Top 5 des femmes entrepreneures, décerné par la World bank, IFC au cours de l'événement Strengthening Market access for women business owners. Avant de lancer Prakriti Farming, Ashna Afroze Ahmed a travaillé pour des entreprises locales et multinationales actives dans la gestion de projets, le business development, les ventes et le marketing. Elle a travaillé pour Chevron Bangladesh (pétrole & gaz) et Beximco Media. Elle a aussi été éditrice pour Bangladesh Brand Forum Magazine, ainsi que chercheuse et chargée de communication pour Marketing Firmin UK. Ashna Afroze Ahmed est diplômée de l’Université de Delhi.

prakritifarming.com

Skye Arundhati Thomas est autrice et éditrice dans la ville de Mumbai, en Inde. Elle a écrit pour des périodiques comme The London Review of Books, Artforum et Frieze, parmi d’autres publications. Elle est rédactrice en chef de Akademi Mag et éditrice pour The White Review. Son travail se focalise sur la politique contemporaine, la culture et l’histoire de l’Asie du sud. Dans sa pratique romanesque, elle travaille le portrait et aborde les notions de vulnérabilité et de tendresse.

skyearundhati.com