Verbingdingen / Jonctions 6

V/J

10-19/05
Monday to Saturday >13:00-23:00
Sunday >13:00-20:00

Verbindingen/Jonctions 6 est la sixième édition du festival multimédia. Conçu par Constant vzw, c’est la troisième année que ce festival dans le festival vient présenter son " cyber-programme ". Cette année, VJ6 mêlera les nouvelles tendances de la musique électronique et improvisée au film de science-fiction, le dessin animé japonais aux formes expérimentales de net art, la création radio à la réflexion critique sur l’usage des nouvelles technologies, la leçon de vocabulaire pour novices à l’atelier pour avertis… Comme chaque année, il y en aura pour tous les goûts et tous les degrés d’implication. Un visiteur pourra assister à des concerts, des conférences et des ateliers, visionner des vidéos, des films, consulter des sites internet, découvrir des CD-ROM… ou simplement boire un café.

Un contexte de: Constant vzw

Coproduction : KunstenFESTIVALdesArts

En collaboration avec & présentation : Paleis voor Schone Kunsten/Palais des Beaux-Arts, Filmmuseum/Musée du Cinéma, KunstenFESTIVALdesArts

Avec le soutien de : Vlaamse Gemeenschapscommissie, Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap

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Pour la troisième fois, l’association Constant vzw inscrit son festival multimédia au sein du KunstenFESTIVALdesArts. Festival dans le festival, Verbindingen/Jonctions 6 a sa propre programmation (à demander à la billetterie). Des nouvelles tendances de la musique électronique et improvisée au film de science-fiction, du dessin animé japonais aux formes expérimentales de net art, de la création radio à la réflexion critique sur l’usage des nouvelles technologies, de la simple leçon de vocabulaire à l’atelier jusqu’au concert en passant par la vidéo-bibliothèque…

KunstenFESTIVALdesArts : Qu’est ce que Verbindingen/Jonctions 6 ?

Constant:

Verbindingen/Jonctions 6 est la sixième édition du festival multimédia de l’association Constant. Cette édition, un focus particulier sera fait sur les créatrices qui ont compris très vite comment l’indépendance de l’outil pouvait leur offrir une chambre à elles dans la technologie. Le centre névralgique de cet événement sera la taverne du Palais des Beaux-Arts. Dans ce même endroit, le visiteur pourra assister à des concerts, visionner des vidéos, consulter des sites Internet, découvrir des CD-ROM, assister à des conférences et des ateliers, et boire un café. Une sélection de films sera en outre incluse dans le programme du Musée du Cinéma.

KFDA : Quelles seront les thématiques traitées cette année ?

Constant:

Le bricolage technologique, le Do-It-Yourself comme attitude à la fois ludique et politique. La création de sons par la réappropriation des outils électroniques n’est pas nouvelle. Cette tradition accidentelle ne s’essouffle pourtant pas dans la répétition. La redécouverte permanente du médium par des artistes qui glanent des sons avec les moyens du bord (instruments construits à partir d’éléments techniques ou instrumentaux détournés), et qui en font une profession de foi, continue à donner une dimension expérimentale à la forme la plus sociale de la création électronique. Plusieurs créateurs/trices seront invité(e)s à partager leur expérience au cours d’ateliers et de concerts. Ces artistes seront entre autres Chantal Dumas (CA), Amy Denio (USA), Toshiko Noriko (JP), Andrea Neumann (D), Pierre De Jaeger (B), DJ Nurse (GB/IT), Wendy van Wynsberghe (B), Mafucage.live act-female sound technologic dub (F). Et sous réserve : Kaffe Matthews (GB).

KFDA : Vous mentionniez la possibilité de créer sa propre radio sur le net ?

Constant:

De nombreux artistes et activistes des médias comprennent aujourd'hui qu'il en va de leur intérêt de s'approprier les moyens de production et de diffusion digitaux. L’alternative qui a pris le plus d'ampleur dans la réappropriation de la technologie est celle qui voit le jour dans le domaine du son. Depuis le sampling qui a introduit un rapport différent à la propriété intellectuelle jusqu'aux modèles de distribution de pair-à-pair (peer-to-peer) comme Gnutella ou Freenet, les individus et groupes engagés dans la diffusion sonore ont fait émerger de nouvelles propositions relationnelles et esthétiques via la technologie. En clair, nous proposons, en collaboration avec les artistes, une " boîte à outils " pour web radio. C’est-à-dire une sélection de ressources pour installer une infrastructure de diffusion sur le web. Cette année, les participant(e)s aux ateliers pourront donc, entre autres, apprendre à créer leur radio sur Internet. Voilà les outils, voilà comment les utiliser, voilà comment faire… Mais il y a des degrés d’implication différents pour le visiteur : de spectateur, il peut devenir acteur, suivre un atelier et, enfin, les journées se termineront par un concert.

KFDA : La création est mise dans son contexte réel de production?

Constant:

Oui. Il nous semble urgent que les gens, artistes ou non, prennent leur outil, leur système d’exploitation en main.

KFDA : Quelle est l’urgence d’inciter au bricolage technologique, au " faites-le vous-mêmes " ?

Constant:

Le contexte dans lequel nous évoluons ne peut être pensé que globalement. Il s’agit de se pencher sur nos outils de diffusion, de création, d’échange et de communication. Le web est une structure de diffusion et d'interaction dans laquelle ont cohabité les militaires comme les marchands, les activistes ou les universités. Si des frictions commencent à apparaître depuis quelques années, on ne peut pas réellement parler de guerre ou d'expropriation. Et pour cause, un des ressorts de l'économie est l'utilisateur. Les grosses industries d'informatique ont en vue des applications ou des services qui s'adressent directement aux users. Les rivalités entre les grandes firmes ont contribué à clarifier l'usage des interfaces, à égayer le design de la machine, à favoriser le hosting gratuit. Mais ce modèle a atteint sa limite, le marché est saturé en ordinateurs personnels. Cela signifie que l'effort de développement va porter sur les services et outils pour l'entreprise, que le marché va être segmenté en deux grandes directions : les interfaces mobiles et les réseaux centralisés des entreprises. Cette évolution se fait en parallèle avec celle des grands modèles juridiques (Etats-Unis et Europe) qui instaurent et légitiment des pratiques de contrôle et de surveillance centralisées. Autant pour le droit d'auteur que pour la protection des données, la confidentialité des transactions, l'utilisateur voit ses droits se réduire comme peau de chagrin à chaque round de discussion.

Les faits énoncés ci-dessus ne sont pas les plus réjouissants pour les acteurs culturels et politiques qui cherchaient dans le réseau une alternative à la diffusion et à la communication traditionnelle. Néanmoins, s'ils constituent un ensemble de conditions dont il faut tenir compte et vis-à-vis desquelles il faut accroître la conscience critique, il ne faut pas passer à côté de ce que ce tournant dans la technologie peut nous permettre de réaliser, à quelle nouvelle politique et à quelle nouvelle poétique il peut servir.

KFDA : En quelque sorte, on est dans le cas de figure : " Dis-moi quelle technologie tu emploies, je te dirai qui tu es ?

Constant:

Non, la technologie employée ne dit rien sur la personne, mais beaucoup sur son environnement économique et son environnement de travail. La technologie implique et influence tous les actes de la vie et pas seulement ceux qui travaillent sur ordinateur.

KFDA : Et les films et la vidéo…

Constant:

La politique du réseau fait renaître les figures des héros ducyberpunk (genre littéraire et filmique des années 80). La résistance digitale fait écho à ces figures de hackers (terme qui signifie à l’origine bidouilleur, bricoleur et non pirate comme beaucoup le croient) qui, d’un savoir constitué hors des normes académiques, opposent leur ingéniosité à l’application d’un pouvoir. Ces contes modernes nous offrent des outils intelligibles par beaucoup sur la responsabilité face aux outils avec une ironie et une critique qui gagnent en actualité. Si leur imaginaire gothique en donnent une image datée, un regard approfondi permettra de reconnaître qu’ils donnent un éclairage fort utile sur les conséquences sociales d’un mode de production industrielle ou de diffusion.

KFDA : Un programme accessible au grand public ?

Constant : Dans le contexte d’un festival tel que Verbindingen/Jonctions, les discours théoriques cohabitent avec la culture dite " populaire ". Il est peut-être plus facile de se servir des figures de fiction pour comprendre les figures politiques… Si on projette un manga (dessin animé japonais) où l’on voit une petite fille qui démonte son ordinateur et s’installe un réseau du tonnerre, la question du réseau, des compétences et fantasmes technologiques des femmes y sont aussi développés que dans les plus purs discours théoriques cyberféministes.

D’après un entretien avec Constant vzw, décembre 2001

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