Tu ne Verras pas Verapaz

Filmmuseum / Musée du Cinéma

11/05 > 17:00
12/05 > 21:30
13/05 > 12:30
13/05 > 15:30 > Debate
Musée du Cinéma

Spanish, EN, FR, NL - Subtitles: NL & FR - 45’

(Qui vient avec nous à Verapas* ?
Là-bas faudra pas bosser
Juste boire et bouffer à l’aise
Et roupiller comme un cochon)

*Verapaz renvoie à Santo Tomas de Castilla, ancienne colonie belge au Guatemala. Une terre promise aux seuls exclus (pauvres, ivrognes ou mendiants) qui gênaient la bien portante société belge du XIXe siècle.

D’après une idée de : vzw de hondsjaren

Concept & mise en scène : An van. Dienderen

Co-mise en scène : Didier Volckaert

Assistante à la mise en scène : Veerle Devos

Scénario : Didier Volckaert, An van. Dienderen

Recherche : Veerle Devos, Tobias De Pessemier, An van. Dienderen

Line production : Tobias De Pessemier

Production : An van. Dienderen

Coordination locale (Guatemala) & traductrice : Elke Borghs

Chef photo : Didier Volckaert

Caméra additionelle & son : Maximiliano Godino

Montage : Didier Volckaert

Mixage : Alea iacta

Production : Elektrischer Schnellseher

Coproduction : vzw de hondsjaren, KunstenFESTIVALdesArts

Avec le support de : Koning Boudewijnstichting (Brussel/Bruxelles), Fonds Film Vlaanderen, Stad Gent Dienst Culturele Zaken, Provincie Oost-Vlaanderen Dienst Kunst en Cultuur

Présentation : Filmmuseum/Musée du Cinéma, KunstenFESTIVALdesArts

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Wie goat er mee noar Verapas?
Doar moete wij niet wirke
Eten en drenke op eu gemak,
Sloape gelijk een virke

(Qui vient avec nous à Verapas ?
Là-bas faudra pas bosser
Juste boire et bouffer à l’aise
Et roupiller comme un cochon
)

Cette vieille chanson populaire gantoise du début du XXe siècle renvoie à une partie méconnue de l’histoire de la Belgique : l’ex-colonie belge au Guatemala, Santo Tomas de Castilla. An van. Dienderen et Didier Volckaert partent de cette chanson et vont à la recherche des arrières-arrières-petits-enfants des émigrés belges au Guatemala. Le documentaire commence dans " de Muide ", le quartier des émigrés à Gand d’où partaient les bateaux pour le Guatemala. Deux situations parallèles se rencontrent : la migration des Belges au XIXe siècle et celle, plus récente, des Turcs et des Marocains.

Didier :

Quand Léopold I acheta, en 1843, un morceau de Guatemala, ce n’était pas pour aller y retirer les valeurs, comme on le fit au Congo, c’était pour réduire la criminalité en Belgique. Pour arriver à ces fins, il fallait déporter les chômeurs, les perdants, les aventuriers… Tous les rebus de la société du XIXe siècle. La propagande était très importante : on faisait circuler des gravures exotiques, de fausses lettres, soi-disant écrites par des migrants belges qui chantaient Santo Tomas comme le pays de Cocagne, qui présentaient le Guatemala comme une terre promise.

An :

C’est de ça que parle notre projet : quel est le rôle de l’image dans la migration ? Ce qui nous a frappés ce sont les différences de perception. Dans les histoires ici, on décrit cette situation comme un chaos, un échec, parce que beaucoup de gens sont morts là-bas, et parce qu’il n’y a pas eu un réel profit économique pour la Belgique.

Didier :

Quand on était au Guatemala, tous les descendants parlaient de cette histoire comme une situation merveilleuse. Les gens qui sont restés ont introduit la diligence qui a créé une petite révolution économique dans le pays.

An :

Les pauvres se fichent de leur origine belge. Les riches, eux, ont besoin de reconnaissance. Certains par nostalgie ou besoin d’identification, d’autres pour des raisons économiques. Cela confirme que le concept d’identité culturelle n’est pas seulement lié à une situation géographique. C’est un concept complexe et dynamique.

Didier :

Au Guatemala, on a interviewé un vieux qui, lui, était pauvre et se demandait si le mot " Belge " était un nom de famille. Il était heureux d’apprendre que la Belgique était un pays.

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