Tree Identification for Beginners

    15/05  | 20:30
    16/05  | 20:30
    17/05  | 20:30

€ 8 / € 6 (-25/65+)
35min
EN > NL / FR

Au cours de l’été turbulent de 1966, la mère de l’artiste, une étudiante socialiste marocaine alors âgée de vingt ans, est invitée aux côtés d’une cinquantaine d’autres « jeunes leaders africains » à faire un tour des États-Unis, parrainé par le Département d’État, pour y « apprendre la démocratie ». Cet épisode de la vie de sa mère constitue le point de départ du nouveau film d’Yto Barrada – artiste plasticienne et cofondatrice de la Cinémathèque de Tanger. Avec Tree Identification for Beginners, Barrada combine le cinéma, le textile et l’art acoustique. Elle suit le parcours de sa mère, sa découverte des voix émergentes du panafricanisme et des mouvements du Black Power dans une tentative de détourner le discours proposé par le voyage. Le récit se situe à la croisée de l’histoire politique, familiale, du mythe et de la fiction. À travers des jouets en bois des années 60, le film montre avec ironie comment l’apprentissage de la reconnaissance de simples formes géométriques ne diffère pas tant de notre catégorisation stéréotypée de « l’autre ». Une réflexion ludique sur les similarités entre la propagande politique… et la pédagogie infantile.

Un film de
Yto Barrada   

Producteur
Sean Gullette   

Montage
Maxwell Paparella & Kate Abernathy   

Directeur de la photographie
Steve Cossman   

Animations
Steve Cossman & Yto Barrada Foley   

Artistes
Yto Barrada, Steve Cossman, Rachel Abernathy-Guma   

Son post-production
Filipe Messeder & Matthew Curry   

Coaching vocal pour Yto Barrada
Alaina Ferris   

Commissionné par
Adrienne Edwards dans le cadre de Performa 17 (Afroglossia Film program)   

Voix
Yto Barrada, Sanford Biggers, Allen Frame, Ashley Fure, Sean Gullette, Arana Hankin, Ishion Hutchinson, T. Geronimo Johnson, Peter Benson Miller   

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Beursschouwburg   

Avec le soutien de
Kunstenfestivaldesarts, the Ford Foundation, Performa Commissioning Fund & Pace Gallery 

Remerciements
Mounira Bouzid El Alami, The Amistad Research Center, The American Academy in Rome, Ashley Fure, Ruy Garcia, Victoria Mangianello, Pace Gallery, Elodie Pong, Nadja Zimmerman, Mono No Aware, Tamara Corm, Jared Ellner

Back to top

“Depuis 1989, j’ai voyagé à plusieurs reprises dans la ville de Tanger – c’est là-bas que j’ai rencontré Barrada, qui depuis a grandement contribué au bien-être culturel de la ville. Notamment par la restauration du Cinéma Rif des années 1940 (aujourd’hui la Cinémathèque de Tanger), qui est actuellement non seulement la plus importante archive cinématographique du pays mais aussi un lieu de rencontre populaire, ainsi qu’un centre culturel. On peut voir dans l’exposition une maquette à l’esthétique naïve, fabriquée en bois, qui modélise un cinéma. Cet objet fait partie d’une série dans laquelle l’artiste a reconstitué toutes les vieilles salles de projection de la ville. Nombre des travaux présentés dans l’exposition sont confectionnés en matière textile teinte par l’infatigable Barrada elle-même, puis assemblée en différents panneaux pour réaliser des compositions qui rappellent celles d’un Frank Stella. Elle travaille en ce moment sur le projet d’un jardin botanique à Tanger dans lequel plus de cinq cents plantes utilisées pour la teinture seront réunies. Je me dirige vers son atelier, à Brooklyn, pour tenter de dénicher ce mauve parfait – souhaitez-moi bonne chance.  

Toutes ces visites à Tanger ne m’ont pas suffi pour comprendre le pourquoi de ces étranges machines dadaïstes, tuyaux et robinets entortillés que l’on rencontre parfois sur le bord des trottoirs. En fait ces choses sont les cartes de visite de plombiers itinérants. Elles font la promotion à la fois de leurs marchandises et de leur habileté au travail. Barrada a constitué une collection de ces objets dont certains ont été choisis pour l’installation aux États-Unis.  

Mounira Bouzid el Alami, femme engagée et mère de Barrada, a fondé l’association Darna afin d’offrir un lieu sûr d’apprentissage et de savoir aux femmes et enfants de la ville. Son activisme remonte à des décennies : en 1966, elle est invitée par le Département d’État des États-Unis avec un groupe d’autres ‘jeunes leaders africains’ pour un tour ‘d’appréciation culturelle’ des États-Unis. Du point de vue du Département d’État, la visite n’a été qu’un succès mitigé, car si les participants ont été impressionnés par certains aspects technologiques et infrastructurels des États-Unis, ils ont été très déçus par le niveau de sophistication culturelle. L’artiste a ensuite collecté et assemblé des mots écrits par sa mère dans son journal de voyage, et les a accompagnés de l’opinion des organisateurs, pour réaliser Tree Identification for Beginners (2017), un film d’animation en stop-motion où apparaissent des jeux Montessori qui donnent forme la narration.”  

Extrait de l’article ‘A Moroccan Artist’s Love Letter to Tangier Explores Recollections Personal and Political in a New Exhibition’ de Hamish Bowlen publié dans Vogue (6 avril, 2018)

Back to top

Yto Barrada (Maroc, France, née en 1971 à Paris) a étudié l’histoire et les sciences politiques à la Sorbonne, la photographie à New York. Son travail – incluant photographies, sculptures, éditions et installations – a commencé par explorer la situation inédite de sa ville natale, Tanger. Son travail a été exposé à la Tate Modern (Londres), au MoMA (New York), à la Renaissance Society (Chicago), au Witte de With (Rotterdam), à la Haus der Kunst (Munich), au Centre Pompidou (Paris), à la Whitechapel Gallery (London) et à la Biennale de Venise (2007 et 2011). Elle est désignée artiste de l’année par la Deutsche Bank (2011), à la suite de quoi son exposition Riffs circule largement. Barrada est aussi la fondatrice et la directrice de la Cinémathèque de Tanger. JRP Ringier publie en 2013 une monographie de son travail. Elle bénéficie de la bourse pour la recherche en photographie 2013-2014 du Peabody Museum (Harvard University) et reçoit le Prix Abraaj en 2015. Yto Barrada est représentée par Pace Gallery (Londres), Sfeir-Semler Gallery (Beyrouth-Hambourg) et par la Galerie Polaris (Paris).

Back to top