Time’s Journey Through a Room

Beursschouwburg
  • 06/05 | 20:30
  • 07/05 | 18:00
  • 08/05 | 20:30
  • 10/05 | 20:30
  • 11/05 | 20:30
  • 12/05 | 20:30

€ 16 / € 13
1h 15min
JP > NL / FR

Le Kunstenfestivaldesarts suit depuis 2007 le travail de Toshiki Okada, reconnu aujourd’hui comme une figure majeure des arts de la scène au Japon et dans le monde. Explorant l’écart entre la langue parlée et la langue du corps physique, le familier et le décalé, son théâtre est reconnaissable entre tous. Fin observateur de la société, Okada met sur scène les complexités et les doutes d’un Japon hypermoderne post-Fukushima. Et il touche à des questions aussi universelles qu’intemporelles. Le festival présente cette année la première européenne de Time’s Journey Through a Room. Un huis clos sombre où les vivants tentent de défier les fantômes du passé et la menace invisible du présent. En arrière-plan, nous entendons un paysage sonore basé sur des field recordings. En liant inextricablement la langue, le son, le corps et l’espace, Okada façonne – comme lui seul sait le faire – un monde totalement singulier. Il nous laisse entrevoir un théâtre essentiel, humain, et l’espoir d’un avenir meilleur.

Scénario & mise en scène
Toshiki Okada

Musique & scénographie
Tsuyoshi Hisakado

Avec
Izumi Aoyagi, Mari Ando, Yo Yoshida


Régisseur général
Koro Suzuki

Directeur son
Norimasa Ushikawa

Directeur lumières
Tomomi Ohira (ASG)

Costumes
Kyoko Fujitani (FAIFAI)

Traduction anglaise
Aya Ogawa

Assistant mise en scène
Yuto Yanagi

Photographe
Masumi Kawamura

Production
Akane Nakamura, Tamiko Ouki (precog)

Assistante de production
Mai Hyodo (precog)

Chargé de production
Chizuru Matsumoto

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Beursschouwburg

Production
chelfitsch

Production associée
precog

Coproduction
Kyoto Experiment/ROHM Theatre Kyoto, Kunstenfestivaldesarts, Festival d’Automne à Paris, Künstlerhaus Mousonturm (Frankfurt), FFT Düsseldorf, La Bâtie – Festival de Genève, HAU Hebbel am Ufer (Berlin), SPRING Performing Arts Festival (Utrecht)

En collaboration avec
Nishi-Sugamo Arts Factory, Suitengu Pit, Kyoto Art Center Artist in Studio Program


Avec le soutien de
Arts Council Tokyo

Représentation à Bruxelles avec le soutien de
Japan Foundation

Sous-titrage soutenu par
ONDA

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« Parmi les sentiments qui m’ont envahi dans les jours qui ont suivi le tsunami et l’accident de Fukushima en mars 2011, il n’y avait pas que la tristesse, le malaise et la peur, mais aussi l’espoir. Un pareil événement sans précédent allait certainement être le premier pas vers un soulèvement en tant que société et vers la réalisation de changements qui auraient été trop difficiles à opérer en d’autres circonstances. Voilà ce que je ressentais à l’époque. J’ai eu envie de brosser le tableau de la relation entre les vivants et les esprits de ceux qui ont trouvé la mort dans cette catastrophe et s’en sont allés remplis d’espoir pour l’avenir. Les vies des défunts ont achevé leur cycle et trouvé la stabilité. Nous qui continuons à vivre les envions. Nous sommes tourmentés ; nous aimerions échapper, nous enfuir d’ici. Nous tentons constamment d’oublier. »
Toshiki Okada, avril 2016

Suite au grand séisme de 2011 dans l’est du Japon, la vision théâtrale de l’auteur dramatique Toshiki Okada a évolué vers une exploration de la validité de la fiction. L’évolution a mené à la mise en scène de Current Location (2012) et de Ground and Floor (2013) qui dépeignent toutes deux de façon allégorique le sentiment de tension et d’isolement dans la société japonaise après le désastre.

Prenant à nouveau pour thème la situation sociale du Japon après la catastrophe, Time’s Journey Through a Room est une observation extrêmement méticuleuse des conflits mentaux et des émotions arbitraires précédant l’aliénation sociale des individus. La pièce développe ces observations pour les porter à la scène et les présenter de manière nouvelle, sans précédent. Les sentiments qui se sont emparés des Japonais dans les jours qui ont suivi le désastre ne se limitaient pas au chagrin et au mal-être ; il y avait aussi un soupçon d’espoir que la catastrophe générerait un changement favorable, que les choses « iraient mieux » après. À présent qu’il n’est plus possible d’avoir de l’espoir, sa seule expression par les fantômes de ceux qui sont morts en conservant cet espoir pour l’avenir, tourmente les vivants. Elle leur donne envie de se boucher les oreilles et de leur tourner le dos. Dans le scénario d’Okada et dans les mouvements physiques des acteurs, qui atteignent de nouveaux sommets d’intensité, l’angoisse mentale et la douleur invisible se fondent dans une relation à la fois très soudée et hautement stratifiée. La scénographie et le paysage sonore conçus par l’artiste contemporain Tsuyoshi Hisakado baignent les acteurs dans un subtil jeu d’ombres, faisant apparaître à quel point les choix formels peuvent susciter des émotions et profondément toucher le public.

Les approches très finement ajustées des mots, des corps, des sons et de l’espace convergent sur scène et déferlent sur le public comme un raz-de-marée. La pièce n’est rien de moins qu’un interlude permettant à chaque participant d’affronter ses propres souvenirs et expériences.

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Toshiki Okada (1973) est dramaturge, metteur en scène japonais, fondateur de la compagnie de theatre chelfitsch. Depuis 1997, il écrit et met en scène toutes les productions de la compagnie, faisant usage d’une méthodologie caractéristique pour créer ses pièces : un langage extrêmement familier et une chorégraphie très spécifique. En 2005, son spectacle Five Days in March remporte le prestigieux prix théâtral Kishida Kunio. Cette même année, Okada participe au concours de chorégraphie Toyota Choreography Award avec Air Conditioner (Cooler), et recueille beaucoup d’attention. Son livre composé de deux nouvelles, The End of the Special Time We Were Allowed (Shinchosha, Tokyo) est publié en février 2007 et remporte l’année suivante le prix Oe Kenzaburo. En 2013, il publie son premier ouvrage de théâtrologie (Kawade Shbo Shinsha, Tokyo). Toshiki Okada a été à plusieurs reprises l’hôte du Kunstenfestivaldesarts avec, entre autres, Five Days in March en 2007 et la première mondiale de Ground and Floor en 2013. Il a récemment été invité par le Münchner Kammerspiele à présenter son travail dans un programme de répertoire, pour trois saisons à partir de 2016.

Toshiki Okada au Kunstenfestivaldesarts
2007 : Five Days in March
2008 : Freetime
2010 : Hot Pepper, Air Conditioner, and the Farewell Speech
2010 : Kamishibai (avec Shinji Abe)
2011 : The Sonic Life of a Giant Tortoise
2011 : We Are the Undamaged Others
2013 : Ground and Floor

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