The Room

La Bellone

30/04 > 22:00 & 23:00
1/05 > 23:00
20’

Le mariage, officialisation d'un attachement. « Expérience attachante. Un pivot autour duquel tourne la société. » Née en 1974 au Caire, Amal El Kenawy, peintre et performer, effeuille par fulgurantes visions l'ouvrage insidieux de cet attachement. Sous le ruban, la ligature et la sangle ; sous le voile de l'épousée, l'altération d'une identité qui se dissout dans l'oubli. Seule en scène, la plasticienne brode à même la chair les ornements que cette métamorphose impose... Sur les murs de sa chambre défilent ses images mentales, la métaphore silencieuse d'un assujettissement, une graduelle dissolution.

Auteur, acteur, regie, directeur fotografie, montage/Auteur, actrice, mise en scène, directeur de la photographie, montage/Author, actor, director, photo director, editor : Amal El Kenawy

Live muziek door / Musique live par /live music by: Thomas Jeker & Amal El Kenawy

Elektronische contrabas/Contrebasse électronique/Electronic double bass: Thomas Jeker
Productie/Production : young arab theater fund

Producent/Producteur/Producer : Tark Abo El Fuoh

Opgedragen aan/Dédié à/Dedicated to : my mother

Met dank aan/Remerciements à/Special thanks to : Abdel Ghany El Kenawy, Nahla El Kenawy, Yassen & Shady El Noshokaty

Presentatie/Présentation/Presentation : Les Brigittines, Maison du Spectacle – La Bellone, KunstenFESTIVALdesArts

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Le Caire, mars 2004

Il m’est impossible de parler de moi ou de mon travail sans citer mon frère Abdel Ghani El Kenawy, mon partenaire et mentor. Depuis 1996, nous avons travaillé ensemble à neuf grands projets, dont des sculptures, des installations et des installations vidéo. The Room est ma première œuvre en solo, encore que cette fois Abdel Ghani m’ait encore aidée. Depuis l’enfance, sans cesse, il m’a inspirée et exercé sur moi une grande influence. J’ai plus appris par lui que par ma formation académique.

L’œuvre qu’Abdel Ghani et moi avons réalisée était orientée en premier lieu vers les lois naturelles en général, les lois physiques qui unifient toutes choses. Par ce biais, nous étions en quête de l’au-delà de la forme, de l’essence, d’une perfection sertie dans l’harmonie de la forme et de la fonction.

Ensuite, j’ai arrêté le travail pendant un an et demi pour m’occuper de mon fils Yasin. Cette césure fut un réel tournant. J’ai pris une pause et me suis posé la question : « Pourquoi fais-je ce travail ? Que signifie l’art pour moi? » J’avais le luxe d’être à la recherche de mon âme. Mon travail antérieur se référait à l’existence et à l’infini, aux transformations, à la fusion avec la totalité des choses. Et soudain, mes yeux s’ouvrirent à ce qui sommeillait à l’intérieur de moi, et j’en conclus que l’entendement des choses ne peut s’épanouir sans connaissance de soi.

Ranger mes œuvres déjà réalisées en catégories n’aurait pas de sens. Chaque concept me guide vers son expression propre. La préparation de The Room consista à coucher sur le papier des annotations presque journalières, accompagnées d’illustrations. Je me suis efforcée de baliser le lien entre l’existence physico-clinique de l’homme et son univers privé, d’explorer ce monde où la réalité coïncide avec le rêve et l’imagination avec la mémoire. J’avais pour objectif de suivre la trace du parler impulsif qui s’engage entre la surface et ce qu’elle recouvre. C’est ainsi que j’en arrivai à ressentir l’existence d’une chambre métaphorique, dissimulée derrière le corps physique, une chambre qui reflétait au dehors une chambre bien plus vaste, représentant la société avec ses coutumes et son conditionnement.

Au moment où je commençai à travailler sur The Room, tout m’apparaissait ainsi selon cet angle de vue précis. La musique n’avait plus le flou du brouillard, mais la puissance de rayons lumineux se propulsant en parallèle avant de se fondre en un seul faisceau. La lumière luit, forme une structure et s’obscurcit ensuite pour s’évanouir lentement dans l’espace.

Je ne considère plus ce que je fais comme du travail, mais comme une manière de sentir la vie et d’en découvrir le sens, sans artifice ni angoisse. The Room n’est pas un projet technique, mais une façon personnelle de respirer.

Amal El Kenawy

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