Source / Orientations / Foyer

    14/05  | 20:30
    15/05  | 20:30

€ 14 / € 11 (-25/65+)
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Rencontrez l’artiste après la projection du 15/05

Si Orientations est un portrait de Tunis reflété dans un verre d’encre, Foyer semble être une projection sans film, où la seule chose visible est un écran blanc. Des voix habitent les images (quasi) vides, celles de personnes qui ont approché l’artiste entrain de filmer et lui ont demandé ce qu’il faisait. La caméra devient un point d’attraction autour duquel se réunir, écouter, échanger des impressions de la ville après la révolution. L’opacité qu’Ismaïl Bahri introduit dans ses films dévoile davantage que ne le feraient des images. Le spectateur est le témoin indirect de micro-événements qui remettent en question les conditions de sa vision, offrant la possibilité d’un renouvellement total de sa perception visuelle. Pour le festival, qui l’amène pour la première fois à Bruxelles, Bahri compose un programme de trois films récents qui nous plongent dans le langage cinématographique et trace une ligne hypothétique entre le calme instable de Tunis avant et après la révolution.

Source (2016, 8 min) 
De
Ismaïl Bahri   

Caméra
Ismaïl Bahri   

Étalonnage
Pierre-Yves Faye   

Production
le G.R.E.C avec le soutien du CNC. Collection La première image, 2016

Commande publique du 
Centre National des Arts Plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication    


Orientations (2010, 20 min) 
De
Ismaïl Bahri 

Caméra
Ismaïl Bahri 

Son
Ismaïl Bahri 


Foyer (2016, 32 min) 
De
Ismaïl Bahri 

Caméra
Ismaïl Bahri 

Son
Ismaïl Bahri 

Montage
Ismaïl Bahri  

Étalonnage
Pierre-Yves Faye   

Production
Spectre
 en co-production avec La Fabrique Phantom 

Producteur
Olivier Marboeuf   

Producteur associé
Cédric Walter     


Présentation
Kunstenfestivaldesarts, BOZAR   

Production
Spectre Productions & La Fabrique Phantom   

Producteur
Olivier Marboeuf   

Producteur associé
Cédric Walter

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Placer une feuille de papier battue par le vent devant l’objectif de sa caméra, ralentir la chute de gouttes d’eau en les faisant glisser le long d’un fil, observer le reflet de la ville dans un verre rempli d’encre tenu à la main en marchant : Ismaïl Bahri effectue des gestes élémentaires, empiriques, et prête attention à « ce qui arrive », à ce que ces opérations lui font faire. L’artiste se positionne en observateur, il tâtonne, parle de « myopie » pour son travail. Il met ensuite en place ce qu’il nomme un « dispositif de captation » de ces gestes, utilisant le plus souvent la vidéo, mais aussi la photographie, le son, sans spécialisation. C’est bien souvent à la périphérie du regard qu’émerge du sens, dans la présence indicielle du monde environnant qui affleure, et révèle sa présence.
Francois Piron

Source […] montre intégralement le processus de disparition d’une surface qui se consume, simple feuille de papier dévorée par le trou qui s’agrandit à partir de son centre. Ici le caractère expérimental n’implique aucune espèce de matériel ou de ruse technique, il s’agit simplement du phénomène de la combustion, observé un peu comme chacun d’entre nous l’a fait, fasciné, dans l’enfance. Au commencement la feuille, blanche, est intacte, puis un tout petit trou brun apparaît qui tout de suite s’élargit, formant un cercle presque parfait qui finit par s’étendre à la totalité de la feuille. En un sens, si la feuille est le champ, c’est le champ lui-même qui finit par disparaître. Si elle n’est pas sentimentale, l’émotion qui vient avec cet effacement inexorable, agit comme une allégorie du disparaissant – du vivant – en général, et il est important de noter que dans ce cas ce n’est pas seulement la feuille (le champ) qui disparaît : ce qui l’affecte, soit ce petit trou qui s’élargit et qu’entoure un fin liseré rouge, existe comme une forme qui ne cesse d’évoluer et qui elle-même, dès lors qu’elle s’est mise à exister, est en voie de disparition.
Jean-Christophe Bailly  

Orientations montre un verre empli d’encre, tenu à bout de bras, vu en plongée et promenée dans les paysages urbains de Tunis. Caméra en même temps que surface de projection, ce cinématographe primitif a la modestie des origines. Il conjugue en outre les allusions au texte (l’en cre), le café ou le thé (la nourriture), au fleuve (la nature autour, le temps) et enfin à l’instabilité de l’image.  

À première vue, Foyer semble être une projection sans film où seul est donné à voir un écran blanc palpitant. Des voix accompagnent ce blanc. Elles proviennent de personnes qui ont abordé le caméraman du film au travail pour le questionner sur ce qu’il fait. Le filmeur est tour à tour approché par un photographe amateur, un passant curieux, un policier ou un groupe de jeunes. Au fur et à mesure de leurs développements, les discussions dévoilent au spectateur les principes d’une expérience filmique en cours et, par là-même, les principes du film qu’ils regardent. Cette expérience intrigue, interroge et transforme la caméra en un foyer (à l’image d’un feu) autour duquel se réunir, parler et écouter. S’intéressant d’abord à la caméra, ces paroles déploient vite des points de vue singuliers traçant les formes d’un certain paysage social et politique. Elles laissent entrevoir le contexte dans lequel se déploie l’expérience d’un travail qui tâtonne, à la recherche d’une voie dans le monde qui s’agite.

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Le travail d'Ismaïl Bahri a été montré dans divers lieux tels que Le Jeu de Paume (Paris), Les églises (Chelles), la Staatliche Kunsthalle (Karlsruhe), Kunst Im Tunnel (Düsseldorf), le British Film Institute (Londres), ou la Calouste Gulbenkian Foundation (Lisbonne). Ses films ont été sélectionnés dans des festivals tels que TIFF (Toronto), NYFF (New york), IFFR (Rotterdam), FID (Marseille) entre autres. Ismaïl Bahri prépare actuellement une exposition aura lieu à la Verrière (Bruxelles) en septembre 2018, dont le commissaire est Guillaume Désanges.

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