Proust 1: De kant van Swann / Proust 2 : De kant van Albertine

Différents lieux dans la ville

Proust 1:
Kaaitheater

11.12/05 > 20:30
Duration: 180’ avec entracte

Proust 2:
Kaaitheaterstudio’s

17.19.20/05 > 20:30
18/05 > 15:00
Nl > Subtitles: Fr

L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût peut-être pas vu en soi-même.

Marcel Proust

Guy Cassiers part A la recherche du temps perdu, celle de Proust, la sienne. Il en parcourt les sept volumes, lit The Proust Screenplay d’Harold Pinter et se met à écrire, avec Eric De Kuyper, quatre représentations théâtrales dont voici les deux premières : De kant van Swann et De kant van Albertine.

En scène, l’écrivain ; derrière un voile, les personnages surgis de sa mémoire. Des phrases projetées dont frémit la typographie, des détails d’images qui recèlent un monde. Et les cordes ardentes d’un quatuor...

Proust 1: De kant van Swann

D'après:

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Adaptation:

Eric de Kuyper, Guy Cassiers, Erwin Jans

Traduction:

Céline Linssen

Mise en scène:

Guy Cassiers

Dramaturgie:

Erwin Jans

Scénographie:

Marc Warning

Conception Costumes:

Valentine Kempynck (BELGAT) en collaboration avec/in samenwerking met/in collaboration with Erik Bosman

Conception Lumières:

Enrico Bagnoli

Concept video:

Marc Warning, Kantoor voor Bewegend Beeld: Eelko Ferwerda, Jasper Wessels, Vincent van Duin

Vidéo:

Kantoor voor Bewegend Beeld

Jeu:

Paul R. Kooij (Marcel Proust adulte/volwassen/adult), Eelco Smits (Marcel Proust jeune/jong/young), Joop Keesmaat (Pére de/Vader van/Father of Marcel + Baron de Charlus), Jacqueline Blom (Mère de/Moeder van/Mother of Marcel + Mme. Verdurin), Marc De Corte (Dr. Percepied), Herman Gilis (Swann), Marlies Heuer (Odette), Fania Sorel (Gilberte)

Musique:

Quatuor Danel (Marc Danel - première violon/eerste viool/first violin, Gilles Millet - deuxième violon/tweede viool/second violin, Tony Nys - alto/altviool/viola, Guy Danel - violoncelle/cello), joue/speelt/plays Chostakovitch, Kurtàg, Webern, Stravinsky, Debussy, Ravel & Raskatov

Technique:

Dennis van Geest, Sidney van Geest, Erik Hillen, Arjen Klerck, John Thijssen (coordination/coördinatie/coordination)

Fabricationcostumes:

Karin van der Leeuw, Gerda Knuivers, Sarah Hakkenberg, Roelie Westendorp (coordination/coördinatie/coordination)

Habillage:

Mary-Jane Fernandes

Coiffure & maquillage:

Cynthia van der Linden (coordination/coördinatie/coordination)

Stagiaire scénographie:

Wikke van Houwelingen

Stagiaire dramaturgie:

Remko Van Damme

Coordination Quatuor Danel:

Catherine Lemeunier

Production:

Irene Pronk, Yvo Greweldinger, Bram de Ronde (coordination/coördinatie/coordination)

Remerciements à:

Koninklijk Kabinet van Schilderijen Mauritshuis Den Haag, Dien van der Wildt, Meneer C. Luybé, S Print St Niklaas, Oliva, Het muziek Lod.

Production:

ro theater

Présentation:

Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts

Proust 2: De kant van Albertine

D'après:

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu

Adaptation:

Eric de Kuyper, Guy Cassiers, Erwin Jans

Traduction:

Céline Linssen

Mise en scène:

Guy Cassiers

Dramaturgie: Erwin Jans
Scénographie :

Marc Warning

Conception Costumes:

Valentine Kempynck (BELGAT)

Conception Lumières:

Enrico Bagnoli

Vidéo:

Kantoor voor Bewegend Beeld: Eelko Ferwerda, Jasper Wessels

Jeu:

Paul R. Kooij (Marcel Proust adulte/volwassen/adult), Eelco Smits (Marcel Proust jeune/jong/young), Marlies Heuer (Albertine, Andrée, grand-mère/grootmoeder/grandmother), Fania Sorel (Albertine)

Technique:

Diederik de Cock, Jos Koedood, Hein van Leeuwen, Jaap Toet, John Thijssen (coordination/coördinatie/coordination)

Fabrication costumes:

Erik Bosman, Karin van der Leeuw, Roelie Westendorp (coordination/coördinatie/coordination)

Coiffure & maquillage:

Cynthia van der Linden (coordination/coördinatie/coordination)

Production:

Yvo Greweldinger, Jellie Schippers, Bram de Ronde (coordination/coördinatie/coordination)

Remerciements à:

S Print St Niklaas

Production:

ro theater (Rotterdam)

Coproduction:

KunstenFESTIVALdesArts

Présentation:

Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts

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Comment Proust a changé le ro theater

L’auteur anglais Alain De Botton a écrit un livre intitulé Comment Proust peut changer votre vie. En l’occurrence, Marcel Proust a changé la vie du ro theater. S’inspirant de A la recherche du temps perdu, le metteur en scène Guy Cassiers met au point un cycle en plusieurs parties. Il en écrit le scénario de concert avec le cinéaste et romancier Erik de Kuyper. Ce vaste projet produira quatre représentations différentes, étalées sur trois saisons. Proust 1: du côté de chez Swann et Proust 2: du côté de chez Albertine passeront en première cette saison.

S’il est juste d’affirmer que toute grande œuvre est un genre en soi et donc unique, cette remarque s’applique particulièrement au roman de Proust. En effet, c’est un roman aux définitions multiples : un panorama documentaire s’étendant sur les dernières décennies du 19e et les premières du 20e siècle, une satire sociale du snobisme, une comédie humaine balzacienne, le roman d’un jeune homme qui apprend à gravir les échelons de la société, le récit d’une initiation à l’amour et à ses innombrables mirages, jalousies et déceptions, un poème mystique célébrant les extases hors du temps, une encyclopédie scientifique, une étude de l’homosexualité et de la perversion, un pamphlet artistique, un écrit philosophique à propos du temps et du fonctionnement de la mémoire. C’est tout cela et bien davantage.

Il va de soi que des choix radicaux se sont imposés. Des aspects particuliers furent choisis pour être soulignés, des personnages furent réduits ou fusionnés. Le script se concentre sur des personnes évoluant au centre des épisodes les plus dramatiques du roman : Swann et Odette et leur amour tourmenté, Madame de Verdurin et l’atmosphère de son salon mondain, Marcel et Albertine et leur histoire d’amour tout aussi tragique et pour finir le Baron de Charlus et son obscur univers sexuel. Par le biais de ses personnages, Proust fait apparaître les mécanismes qui déterminent la vie tant sociale que personnelle.

Proust nous interpelle par son apparente abondance de thèmes, de motifs et de points de vue, qu’il mêle de force et de simplicité. Un des titres des chapitres du livre de De Botton touche au vif de l’objectif Proust de Guy Cassiers : « Comment vous pouvez ouvrir les yeux ». A propos de la fonction d’écrire, Proust dit ceci : « L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n'eût peut-être pas vu en soi-même. »

L’écriture de Proust est une sorte de lentille qui permet de se regarder autrement. Selon les mots de Guy Cassiers: « L’objectif final de la représentation consiste à stimuler l’imagination du spectateur ou de la spectatrice. C’est dans sa tête que la représentation trouve sa forme. La vie moderne nous a rendus réceptifs à une multitude d’impressions sensorielles. Les dramaturges ne se soucient pas ou trop peu de ce comportement social. Je veux donner au public la possibilité de choisir parmi une abondance de signaux. La plupart du temps nous nous efforçons au théâtre d’épurer et d’ajuster l’ensemble. Pour moi, Proust n’est pas quelqu’un qui essaie d’ajuster le tout. Il s’efforce plutôt d’attester le côté vraiment humain d’un comportement qui cloche. Je veux également développer cet aspect par la mise en forme, en utilisant plusieurs disciplines artistiques. »

A la recherche du temps perdu est l’histoire de l’initiation du jeune homme Marcel au monde de l’amour, de l’aristocratie et de l’art. Toutefois, cette initiation à l’amour et à la passion tourne à celle de la jalousie, de la manipulation, de la perversion. La haute société est peu à peu démasquée en se révélant hypocrite, indifférente et immorale. Seul l’art est épargné du déshonneur.

Dans Proust 1: Du côté de chez Swann, Marcel se souvient des trois femmes qui ont marqué ses jeunes années : sa mère, son amour de jeunesse Gilberte et Odette Swann. Marcel décrit comment, lorsqu’il était enfant, il attendait vainement que sa mère lui donne le baiser du soir quand Monsieur Swann lui rendait visite et comment il fit la connaissance de Gilberte et de sa mère, la belle et mystérieuse Odette Swann. Familier de la maison, le docteur Percepied, quant à lui, se soucie de la santé chancelante du jeune Marcel.

Après l’entracte nous sommes ramenés vingt ans en arrière. Nous sommes reçus dans le salon de Madame Verdurin où le Docteur Percepied et le Baron de Charlus se trouvent également. Charles Swann et Odette se rencontrent ici pour la première fois. Contrairement à la fraîcheur de l’amour que Marcel portait aux femmes de sa jeunesse, c’est la maturité de l’amour adulte de Swann et d’Odette qui se raconte ici : un sentiment amoureux qui vire à la jalousie pour s’évanouir en indifférence.

Proust 2: Du côté de chez Albertine traite des amours de Marcel et d’Albertine, qu’il voit pour la première fois sur la plage de Balbec, au milieu d’un groupe de jeunes filles. D’entrée de jeu, il tombe amoureux de toutes, mais s’attache ensuite à l’une d’elles : Albertine. L’amour que se portent Marcel et Albertine est altéré de jalousie, de mensonges et de profonde défiance. A l’instar de Swann, Marcel est torturé à la pensée que son aimée pourrait être lesbienne. Lorsque Albertine vient rejoindre Marcel, leur amour ne cesse de se dégrader et Albertine devient finalement la captive de Marcel. Proust 2 traite davantage que Proust 1 l’univers émotionnel intime de deux êtres humains. Pour rendre cette complexité et cette confusion, les personnages Marcel et Albertine sont tous deux joués par deux acteurs/actrices. La représentation crée ainsi une atmosphère éthérée autant qu’oppressante, où les personnages errent en souvenirs d’eux-mêmes.

Guy Cassiers considère le fonctionnement de l’imagination comme le thème capital du roman: « L’imagination est une force double chez Proust. Surtout quand elle se rapporte à l’amour. La première phase de l’amour est la projection, la fantaisie; l’imagination crée l’amour, le rend possible. Dans une phase ultérieure, l’imagination est toutefois la force qui détruit la relation amoureuse car elle ne se concentre que sur la jalousie, l’adultère et tout ce qui peut se gâter. Par ailleurs, émerge alors l’imagination artistique qui transcende les choses hors temps et les élève au-dessus des infirmités de l’existence. »

Dans le droit fil de représentations telles que Rotjoch, De Wespenfabriek, The Woman Who Walked into Doors et Lava Lounge, Guy Cassiers s’appuie sur des médias multiples : les acteurs, les costumes, la mise en forme, le récit, la musique live, les images vidéo ainsi que le texte projeté. Ce côté multimédiatique crée une atmosphère où le passé et le présent, l’imagination et le souvenir alternent sans cesse en fondu-enchaîné. Chez Proust, le temps n’est pas lié à la chronologie. Marcel Proust est simultanément jeune et âgé : il se tourne vers l’avenir et se retourne sur son passé: Jeune, il subit tacitement le monde des adultes, narrateur, il règne en maître sur la parole. Afin de montrer sur scène cette perspective perpétuellement mouvante, le personnage de Proust est joué par deux comédiens qui représentent l’un, Marcel jeune, et l’autre, l’écrivain dans sa maturité.

La mise en forme théâtrale et multimédiatique crée l’espace favorable au langage de Proust qui garde ainsi sa force d’expression et sa puissance d’évocation. C’est par les mots de Proust que le monde est rendu présent sur scène. Guy Cassiers : « En ce qui concerne l’(im)puissance de la langue, l’œuvre de Proust est l’exemple le plus extrême que je connaisse : des milliers de pages à l’écriture parfaite pour dire que les mots font défaut. » Le long de cette démarcation, Guy Cassiers construit sa représentation : là où les mots sont éminemment présents et font défaut tout à la fois, où les images pallient ce manque et ont à leur tour besoin de mots pour apparaître.

Proust 1: Du côté de chez Swann
Ce que dit la presse:

des acteurs:

(…) au sein de ce concept techniquement contraignant, les acteurs donnent vie à des personnages en chair et en os. Les petits rires légers de Jacqueline Blom (la mère de Marcel), le texte abrupt de Joop Keesmaat (Proust père), l’insondable espièglerie de Marlies Heuer (Odette), l’impressionnante humeur sombre de Herman Gillis (Swann), voilà des performances d’acteurs de grande envergure, passant du réalisme au factice finement artistique. (…) Il est écrit « A suivre » comme dernière phrase du manuel que le ro theater édite pour cette représentation. L’attente peut parfois se faire longue. (De Volkskrant, Hein Janssen)

de la forme:

Proust 1 force l’admiration par sa forme élégante et radicale, par sa manière extrêmement étudiée de rendre la cohésion de l’ensemble. (NRC, Wilfred Takken)

des spectateurs:

(…) Du côté de chez Swann parvient à obtenir avec brio la plongée des spectateurs dans leur propre temps perdu. Dans le souvenir d’une mère particulière ou d’un amour de jeunesse brisé. Comme un passage au creuset. (De Morgen, Wouter Hillaert)

de l’atmosphère:

Une merveilleuse atmosphère de passé et de présent se fondant l’un dans l’autre (…), de souvenirs et d’imagination, de temps révolus et de désirs toujours ressentis. (Trouw, Hanny Alkema)

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