MONUMENT 0.4: Lores & Praxes

Rituals of Transformation

    20/05  | 14:00 - 20:00
    21/05  | 14:00 - 20:00
    22/05  | 16:00 - 22:00
    23/05  | 16:00 - 22:00

€ 18 / € 15 (-25/65+)
6h (in & out)

❗Tickets supplémentaires disponibles sur place.
La performance dure 6 heures. Durant cette période l'espace est accessible à tous moments pour chaque détenteur de tickets.

Six heures durant, un groupe de danseurs originaires des quatre continents exécutent et transforment une série de danses existantes, des danses de guerre ou de résistance issues de traditions diverses. MONUMENT 0.4: Lores & Praxes est une exposition de mouvements qui ne sont pas censés être appris. Inconnus des danseurs contemporains, ils échappent aux circuits standardisés et globalisés de l’éducation ou de l’économie de marché. En empathie avec un patrimoine chorégraphique dont il brise la surface lisse, chaque danseur, tout en interprétant ces danses oubliées, développe un langage qui lui est propre. Il partage des récits personnels avec les visiteurs croisés dans l’espace d’exposition. Lores & Praxes met en place un réseau de rencontres, entre les personnes et les traditions. Il crée l’expérience d’une sorte de ‘monument’ fluide et immatériel, un espace de/en mouvement en transformation continue et au pouvoir émancipateur étonnant. Une utopie ?

Direction artistique 
Eszter Salamon

Collaboration artistique 
Boglárka Börcsök

De & avec 
Liza Baliasnaja, Sidney Barnes, Mario Barrantes Espinoza, Boglárka Börcsök, Amanda Barrio Charmelo, Stefan Govaart, Cherish Menzo, Sara Tan, Louise Tanoto, Tiran Willemse

Merci à
Seloua Luste Boulbina, Asad Raza, Fondation Boghossian – Villa Empain pour la résidence

Présentation 
Kunstenfestivaldesarts, ING Art Center

Production 
Elodie Perrin / Studio E.S., Alexandra Wellensiek / Botschaft GbR.

Coproduction 
Internationales Sommerfestival Kampnagel (Hambourg) in Kooperation mit dem Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg, Tanz im August / HAU Hebbel am Ufer (Berlin) in cooperation with KINDL Zentrum für zeitgenössische Kunst, Kunstenfestivaldesarts

Avec le soutien de 
the Regional Directory of Cultural Affairs of Paris – Ministry of Culture and Communication and the Hauptstadtkulturfonds

Le développement de l’une des phases de ce projet a reçu le soutien de PACT Zollverein, P.A.R.T.S. & de Nationalen Performance Netz (NPN), Koproduktionsförderung Tanz

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RITUELS DE TRANSFORMATION

Et si se passionner pour la différence plutôt que pour la singularité pouvait réduire les divisions et tisser un nouvel avenir commun ? Et si entretenir divers modes de relation au monde pouvait nous émanciper de notre impossibilité à rêver d’autres mondes que ceux que nous connaissons déjà ? Peux-on repenser l’utopie, non pas comme un lieu imaginaire mais comme un espace de mouvements ? Quelles sont les frontières les plus étanches ou les plus poreuses que nous devons franchir ? Les langues ? Les murs ? Les fantasmes sur les origines ? 

Dans cette exposition, des performeurs de quatre continents s’engagent dans des transformations performatives de danses de guerre et de danses de résistance. Ces danses viennent elles aussi de quatre continents et n’ont jamais été pensées pour être apprises, parce qu’elles sont exclues de l’enseignement de la danse contemporaine et loin d’intéresser l’économie de marché.

Quels gestes de résistance les interprètes performent-ils en s’emparant de ces danses de combat ? Peuvent-ils inverser la migration du savoir, à rebours de l’histoire ? Sont-ils eux mêmes traversés par des récits de domination et de migration ? Et si tel est le cas, quel sens peuvent prendre des notions comme l’appartenance ou le fait d’être étranger ? Chaque manière de bouger est une manière d’être au monde. En incorporant le monde en soi à travers des mouvements et des rythmes, c’est sa propre relation au monde que l’on exerce. Pratiquer la transformation c’est pratiquer une nouvelle forme relationnelle. Au centre de cette exposition, il y a ces relations que nous nouons et que nous assumons avec le monde.

Ce monument est un collage collectif où se mêlent des expressions et des sensations diverses. L’entrelacement des rituels, né des idées d’indétermination, de combinaison et de créolisation, évolue de manière audacieuse à l’échelle de la mimesis. Les situations changent, comme des noeuds, et sont liées entre elles pour former un monde intermédiaire où fiction et présence réelle s’enchevêtrent. Mais ces fils ne nous ramènent pas pour autant aux prétendues origines, ce moment fantasmé du passé qui serait un état immuable, au contraire ils rassemblent des éléments personnels, historiques, fictionnels, dans un tissu commun fait d’empathie.

Comment animer son corps avec ces images ? L’auto-apprentissage est un travail, apprendre des gestes à partir d’images, ce n’est pas se contenter de reprendre des formes préconçues, de suivre l’expertise d’un autre. Il faut de la rigueur pour développer de nouvelles techniques corporelles et cultiver des sensibilités différentes. Cela demande l’exploration de sa propre multiplicité, de sa complexité, et de se poser la question : comment est-ce que je peux être touché par le monde et toucher le monde ? Personne n’est épargné du trouble qu’engendre la découverte de liens inattendus. Questionner son propre monde imaginaire et sensoriel à travers la rencontre de danses inconnues et pourtant familières peut faire émerger un genre d’érotisme de la relation. Quelle forme d’ouverture cet érotisme crée-t-il ? Peut-elle être une manière d’échapper aux normes qui génèrent l’aliénation collective et individuelle ? 

Ces rituels sont transitoires. Ils sont comme des tissus qui n’en finiraient pas d’être rebrodés, réassemblés, redessinés. Ils ne promettent pas la révélation de rêves enfouis et de pratiques secrètes, pas plus qu’ils ne sont une représentation fantasmée. Ils sont conscients de ce qui manque à leur savoir, de ce qui reste enfoui dans l’opacité du “lore”, cette connaissance qui appartient à chacun de nous et n’appartient à personne en particulier. Jouer comme un enfant c’est sans doute mobiliser son imaginaire et apprendre. Jouer avec la mimesis. Saisir, voler et répéter, sans attendre que quelqu’un nous apprenne.

Eszter Salamon

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Eszter Salamon est artiste et performeuse. Depuis 2001, elle se consacre à la réalisation de solos et de pièces de groupe qui sont présentés dans des centres d’arts du spectacle et des festivals partout dans le monde, parmi lesquels le Centre Pompidou, le Centre Pompidou Metz, le Festival dʼAutomne, le Festival d’Avignon, la Ruhrtriennale, le Holland Festival, The Kitchen New York, le HAU Berlin, le Berlin Documentary Forum, le Kunstenfestivaldesarts, le Kaaitheater à Bruxelles, le Tanzquartier de Vienne, le Kampnagel à Hambourg, le steirischer herbst à Graz, la Dance Triennale Tokyo, le Manchester International Festival, le PACT Zollverein, le Théâtre Nanterre-Amandiers, et le FTA Montréal.

Elle est fréquemment invitée à intervenir dans des musées, dont le MoMa, le Centre d’art contemporain Witte de With, la Fondation Cartier, la Fondation Serralves, le Musée d’Art Moderne de Salzbourg, l’Akademie der Künste de Berlin, le Musée Reina Sofia. Son exposition Eszter Salamon 1949 a été présentée en 2015 au Jeu de Paume dans le cadre de ›Satellite‹ organisé par Nataša Petrešin-Bachelez.

Le travail d’Eszter Salamon tourne autour de la chorégraphie comme moyen de navigation entre les différents médias comme le son, le texte, la voix, l’image, les mouvements corporels et les actions. En 2014, elle a commencé une série de pièces qui explorent à la fois la notion de monument et une pratique de spéculation et de réécriture de l’histoire.

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