Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack

Différents lieux dans la ville

Theatre
Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack
8, 9 10/05 > 20:30
11/05 > 22:00
12/05 > 15:00 & 20:30
Théâtre 140
Language: Spanish
Subtitles: FR & NL
[klokje]: 1:00

Film
A film by Federico León
13/05 > 13:00 (première)
Cinéma/Bioskoop Nova
16, 18, 20, 24, 26/05 > 13:00
17, 19, 25/05 > 18:00
23/05 > 21:00

Cosy Media
Language: Spanish
Subtitles: EN
[klokje]: +/- 65’

Mais que font-ils tous dans cette baignoire ? Deux femmes sans mari et deux fils sans père plongent et replongent dans leur chagrin. Federico León écrit un texte drôle, doux et asphyxiant sur les relations fusionnelles mère-fils. En Argentine, il appartient à la jeune génération dynamique des petites compagnies indépendantes qui se sont multipliées sans subventions à Buenos Aires. Sa pièce n’affronte pas la tragédie des disparus. Elle s’immerge dans les séquelles troubles de l’absence d’un père, plongeur en haute mer, par la métaphore concrète, incongrue et déconcertante de l’eau. Côté sanitaire ! Dans son film, plus tragique, autre fusion, amoureuse celle-là. Elle et lui, serrés en plan rapproché, vivent leur rupture dans les cafés. Plus ces deux-là se séparent, plus ils s’aimantent et s’entaillent...

Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack

Texte et mise en scène/Tekst en regie/Text and direction: Federico León

Acteurs/Actors: Carla Crespo, Diego Jose Ferrando, Ignacio Rogers, Beatriz Thibaudin

Assistant à la mise en scène/Regie-assistent/Assistant to the director: Marianela Portillo

Scénographie/Scenografie/Scenography: Ariel Vaccaro

Eclairages/Lichtontwerp/Lighting design: Alejandro Le Roux

Technicien lumières/Lichttechnicus/Light technician: Gianni Scopa Musique et création sonore/Muziek en klankontwerp/Music and sound design: Carmen Baliero

Photographie/Fotografie/Photography: Guillermo Arengo

Assistant de production pour les festivals/Productie-assistent voor festivals/Assistant director for festivals: Tatiana Saphir

Remerciements à/Met dank aan/Thanks to: Holland Festival (sous-titres/ondertitels/subtitles)

Production/Productie/Production: Teatro Municipal General San Martin

Avec le soutien de/Met de steun van/Supported by: Dirección General de Asuntos Culturales de la Cancillería Argentina

Présentation/Presentatie/Presentation: Théâtre 140, KunstenFESTIVALdesArts

A film by Federico León

Scénario et réalisation/Scenario en regie/Script & direction: Federico León

Assistants du réalisateur/Regie-assistenten/Assistants to the Director: Martin Mainoli, Camila Brigante

Assistant artistique/Artistiek assistent/Artistic assistant: Tatiana Saphir

Avec/Met/With: Jimena Anganuzzi, Federico León

Décor/Decor/Set Design: Micaela Saiegh

Caméra & Directeur de photographie/Camera & Fotografie directeur/Camera & Director of Photography: Bil Nieto

1e assistants Caméra/ Camera 1e assistenten/ Camera 1st assistants : Magdalena Ripa Alsina, Cecilia Zanatta (remplaçant/vervangend/replacing)

Directeur electrique/Manager Electriciteit/Electrician Manager : Federico Juarez

Electriciens/Electricians: Guido Lublinsky, Gianni Scopa

Son/Geluid/Sound : Jessica Suarez

Assistant son/geluidsassistent/Sound assistent : Luciano Poggio

Construction décor/Decoropbouw/Set construction : Ariel Vaccaro

Maquillage/ Make up : Hugo España

Producteur délégué/Uitvoerend producent/Executive Producer: Hernán Musaluppi

Directeur de production/Productieleiding/Production Manager: Nicolás Casares

Assistant de production/Productie-assistent/Production assistant: Marianela Portillo, Monica Arista, Sebastián Burecovics

Production/Productie/Production: Rejtman/Musaluppi/León

Coproduction/Coproductie/Coproduction: KunstenFESTIVALdesArts

Avec le soutien de/Met de steun van/Supported by: Dirección General de Asuntos Culturales de la Cancillería Argentina

Présentation/Presentatie/Presentation: KunstenFESTIVALdesArts

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"Le globe terrestre est recouvert d’eau à 67 % : des mers et des océans... On dit les larmes salées. Est-ce leurs torrents qui auraient donné sa couleur à notre planète bleue ? Une femme attend son mari, plongeur en eaux profondes. Un jour, Jack n’a pas refait surface. Son épouse s’immerge dans le chagrin. Auprès d’elle, un fils adulte inondé par sa souffrance. Dans leur vie, une jeune femme surgit avec son enfant de 11 ans. Celui-ci aurait vu son père monter sur un navire et ne jamais revenir. Depuis, il craint l’eau. A quatre, ils respirent, un temps sur la terre, mais peut-on respirer à 1.500 mètres au-dessus du niveau de Jack ? Peut-on se mouvoir sur un abîme, celui du père absent, un abysse ? Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack fut écrit et créé à Buenos Aires, Argentine, par un jeune homme de 26 ans, Federico León.

" J’ai voulu travailler aussi littéralement que possible avec l’idée de l’eau ", explique Federico. " Avec les acteurs, nous avons d’abord exploré ses infinies métaphores, puis nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire de réel avec elles. Le décor s’est imposé : une salle de bains. " La mère passe le plus clair de son temps en maillot dans sa baignoire dont l’eau refroidit. Régulièrement, elle s’y immerge et se submerge. Son fils la rejoint en combinaison de plongeur. " Je n’aime pas trop les choses littéraires au théâtre. Quand j’écris, l’œuvre n’est jamais achevée. C’est une ébauche. Le plateau la transforme. Il transporte l’écriture dans un état ‘dérangé’ qui lui donne un présent scénique, une force de ‘réalité’. " Plus réel que ça !

Dans Mil quinientos, la mère a littéralement élu domicile dans son bain. Elle y attire son fils compatissant, y invite Lisa, sa fiancée, et le petit Enso qui bravera sa frayeur. D’habitude, les métaphores théâtrales tirent le concret vers l’abstrait. Celle-ci évoque la santé des âmes au niveau de l’appareil sanitaire ! Et cela fonctionne ! La présence matérielle de cette eau devient ici l’insaisissable présence de l’absent ou du souvenir qui fuit : une eau qui trempe jusqu’aux os, qui mouille les visages, qui ne coule plus pour laver mais pour contaminer d’une inconfortable humidité les êtres et toute chose qu’ils touchent, une eau remuée qui s’épanche et qu’on ne retient pas, une eau qui finit par menacer jusqu’à la sécurité physique des personnes puisque, imbibant les planches, elle rampe jusqu’au câble d’un muet téléviseur à l’écran bleu, lucarne ne laissant plus filtrer du monde qu’une statique couleur de mer étale.

A Buenos Aires, le spectacle est applaudi. Les critiques argentins y lisent une déconcertante allégorie : " le résumé de notre histoire et de notre angoisse du présent ". Federico tient à préciser : " Je ne fais pas de théâtre politique, je ne m’intéresse pas aux conflits ni moraux, ni psychologiques mais aux tensions qui peuvent surgir du jeu et d’une situation de jeu. Mon théâtre est d’abord un théâtre d’acteurs qui repose sur des ressources d’acteurs. Les conventions établies m’insupportent, je m’y sens piégé : rideau, quatrième mur, artifices, texte enfermé dans l’explicite, jeu amplifié vers le public. Je préfère attirer les gens au milieu de l’œuvre. " Mil quinientos se joue pour 60 personnes, assises pratiquement ‘dans’ la salle de bains avec les acteurs. Plan rapproché, spectateurs dans l’action. Tout est présent à l’oreille : barbotages, gargouillis de tuyau, éclats et chuchotements.

Federico León étudia la dramaturgie à l’Escuela Municipal de Arte Dramático de Buenos Aires. Acteur, puis auteur et metteur en scène, il suivit également pendant deux ans des cours de cinéma à l’Escuela de Cine CIEVYC. Mais c’est surtout sur le tas qu’il affine son bagage, en partageant le travail d’autres groupes de théâtre à Buenos Aires, avant d’initier ses propres projets. " Il n’est pas simple de trouver un lieu de représentation pour une première à Buenos Aires. On arrive à trouver des espaces, mais il est très dur d’y être permanent. Je suis acteur. Je me suis mis à écrire pour moi-même, puis à mettre en scène ce que j’esquissais sur le papier. L’écriture et la mise en scène ne constituent pas des activités séparées dans le processus de travail. Le spectacle se modèle sur le plateau avec les acteurs et ce qu’ils proposent : leurs interventions agissent aussi sur le texte et l’acheminent vers sa forme finale."

Dans le paysage théâtral argentin, León s’inscrit du côté de la scène alternative, ‘le troisième circuit’. " Le premier circuit est celui du théâtre commercial, le deuxième celui des théâtres nationaux et municipaux comme le Teatro San Martin ou le Teatro Cervantes, subsidiés par l’Etat. Puis viennent tous les autres dont beaucoup vivent sans un franc de soutien public. Pour remédier à cette situation, un Institut du Théâtre a été mis en place il y a 3 ans mais son enveloppe financière s’est vite épuisée et beaucoup de petits théâtres ont mis la clé sous la porte. N’empêche, Buenos Aires est une ville où énormément de projets se créent pour un public de plus en plus nombreux. Des projets où chacun fait tout : l’écriture, la mise en scène, le décor... "

Mil quinientos s’est travaillé au fil d’un an, dans une vraie baignoire. " L’idée du décor est d’abord artistique. Après, il était plus facile de répéter dans une vraie salle de bains que de la faire construire. " Dans cette salle de bains, tout usage courant est banni. Mil quinientosinvalide le réel puisque ses personnages sont incapables de l’affronter. Et la symbolique de l’eau de déborder bien au-delà de son absurde mise en situation. Cette baignoire maternelle, un placebo de placenta ? Peut-être pour le fils est-elle le giron maternel aussi tendre qu’asphyxiant. Sans doute pour la mère, un refuge et sa fuite face au présent. Pour Enso, une menace... Loin d’un dévastateur ‘Niño’, la métaphore sanitaire n’en est pas moins un drôle de raz-de-marée, dérisoire, absurde et désopilant. Et s’il revenait à ces submergés d’oser s’en émerger pour vivre un peu...

Apparemment, León aime les transferts (processus par lequel un état affectif éprouvé pour un objet est étendu à un objet différent, en vertu d’une association). Il est dans le cinéma quand il fait du théâtre et au cœur du théâtre... quand il fait du cinéma. Dans le cadre du Festival, le metteur en scène présente aussi son premier film, encore sans titre, dont le scénario est né au cours d’un an d’improvisations théâtrales entre acteurs. Il est entièrement tourné dans les cafés de Buenos Aires, pérégrination publique pour un climat des plus intimes. Un couple – León et Jimena Anganuzzi – s’y sépare. On ne voit qu’eux. La caméra enveloppe leurs adieux, leurs conversations, leurs coups de fil. Elle cadre l’un puis l’autre. Close up. C’est sur leur visage que se lit le changement d’espace, le jour, le soir, l’ambiance de snack ou de boîte de nuit. Leur décision ne vient pas d’eux, interférée par les parents, comme subsidiée par eux. La jeune femme ne veut pas de cette rupture. Elle lutte pour contenir ses émotions. Lui ne l’aide pas. Le cadrage subjectif les force à cohabiter, eux qui ne peuvent se parler sans se faire saigner, qui ne peuvent se toucher sans se faire violence. " Une gifle, c’est une caresse à l’envers ", disait John Cassevetes. De même, ceux-là sont dans la fusionnelle caresse...

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