Mapping Sitting

On Portraiture and Photography

Paleis voor Schone Kunsten / Palais des Beaux-Arts

3/05 > 19:00
4-26/05 > Monday to Sunday > 10:00-18:00

Depuis 1997, la Fondation Arabe pour l’Image basée à Beyrouth rassemble, conserve et exhibe le travail photographique des Arabes, amateurs et professionnels d’hier et d’aujourd’hui. Cet archivage se présente comme une alternative aux normes visuelles occidentales. Si chaque image — et il y en plus de 50.000 — est sans prétention (on garde un souvenir, on se fait tirer le portrait, on photographie sa ville…), l’assemblage des photos donne le ton, la cartographie d’une époque et d’un style. Mapping Sitting est la quatrième exposition itinérante et internationale de la fondation. Cette fois, l’accent est mis sur la reproduction du même (même cadrage, lumière, focale…) pour mieux encore cerner les nuances culturelles, sociales et historiques, les manières de voir et de penser la photographie du monde arabe.

Un projet de : Walid Raad & Akram Zaatari

Photos de la collection de : Fondation Arabe pour l’Image

Photographies de : Studio Anouchian, Tripoli (Antranik Anouchian, 1908-1991), Studio Chehrazad, Saida(Hachem el Madani, 1930-), Photo Jacques, Tripoli (Agop Kouyoumjian, 1921-), Studio Soussi, Saida (Anis el Soussi, 1910-1986 and Chafik el Soussi, 1920- )

Collections acquises: de Iraq par Yto Barrada, de Egypt & Lebanon par Akram Zaatari

Coordinateurs : Zeina Arida, Tamara Sawaya

Impression images : Agop Kanledjian

Scanning & reproduction : Nadim Zablit, Mind the gap

Production technique : Mind the gap

Impression digitale : The Repro House

Production : Vereniging voor tentoonstellingen van het Paleis voor Schone Kunsten/Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts (Brussel/Bruxelles), Fondation Arabe pour l’Image (Beirut/Beyrouth), KunstenFESTIVALdesArts

Avec le soutien de : Ford Foundation, la Communauté française Wallonie-Bruxelles, Vlaamse Gemeenschapscommissie

Présentation : Paleis voor Schone Kunsten/Palais des Beaux-Arts, KunstenFESTIVALdesArts

Mapping Sitting, un livre rédigé par : Akram Zaatari, (Fondation Arabe pour l’Image), Zeina Maasri & Karl Bassil (Mind the gap)

Publié par : Mind the gap édition & Fondation Arabe pour l’Image

Sponsors : Prince Claus Fund, Ford Foundation, Paleis voor Schone Kunsten/Palais des Beaux-Arts

Distributeur international : Idea books

Back to top

La venue de l’exposition Mapping Sitting se fait en collaboration avec la Société des Expositions. Et ce n’est pas la première fois que cette dernière s’associe au KunstenFESTIVALdesArts. En 1998, elle avait organisé, en écho aux représentations de l’opéra de William Kentridge, Il Ritorno d’Ulisse, une rétrospective de son travail d’artiste visuel et de plasticien sud-africain. L’année dernière, nous présentions ensemble des lectures et une exposition du Atlas Group de Walid Ra’ad. Cette année, la Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts prend en charge l’exposition Mapping Sitting et la publication du catalogue.

L’exposition Mapping Sitting (Session Cartographique) exhibe une collection d’archives : portraits faits en studio, photographies de passeports, portraits institutionnels de groupes ainsi qu'un travail contemporain appelé Photosurprise du photographe libanais Hashemal-Madani. Celui-ci a pris quotidiennement des images de passants à partir d’un même lieu, généralement des espaces publics tels que les rues ou plages du Liban, d’Égypte et de Palestine. Organisé par Akram Zaatari et Walid Ra'ad qui sont artistes visuels et membres de la Fondation Arabe pour l’Image (FAI), Mapping Sitting " dissèque " les portraits pour discerner la logique de choix des photographes dans la création de leur image, de leur " typographie ou cartographie " des faces et des places.

Akram Zaateri: " Nous voulons rendre visibles les codes, que les photographes ont constamment utilisés et de façon répétitive avec différents modèles. Par exemple, avec certains photographes de studio, il y a toujours eu des portraits en plan rapproché de leur modèle, puis des portraits de trois quarts et des portraits en plan américain ". Walid Ra'ad considère Mapping Sitting, et d'autres expositions progressistes et conceptuelles de la FAI, comme une nécessité pour la création visuelle arabe contemporaine, une façon de comprendre, par les images, le passé arabe. " Les travaux dans ce projet partagent un engagement pour un genre de photographie qui est répétitif et apparemment sans fin ", dit-il. " Ces images fournissent des manières de penser la photographie arabe en termes culturellement et socialement critiques ", plutôt que des œuvres d'art discrètes de différents artistes. Ou, comme le dit joyeusement Akram Zaatari : " C'est comme si vous écriviez la même carte postale à tous vos amis et que chacun pense que c’est un message personnalisé. Mais si quelqu'un devait rassembler toutes les cartes postales et les mettre côte à côte, un message différent apparaîtrait. " Le message parlerait du but pour lequel ces cartes ont été envoyées, qui était inclus ou pas, et ainsi de suite.

La FAI est la première tentative, dans le monde arabe, de changer les points de vue venus de l’extérieur qui ont largement échoué à dépeindre correctement les Arabes et leurs sociétés. La mission de la fondation est de rassembler, conserver et exhiber le travail des photographes arabes. L’ensemble constitue une alternative à l'histoire photographiée par l’Occident. " Avant la Première Guerre mondiale, dit Fouad Elkoury, membre et co-fondateur de la FAI, vous aviez une typologie faite de ruines, de monuments, de scènes de rue, de vues de Jérusalem, d’Alexandrie, du Caire, et de leurs habitants " exotiques ". Au début des années 1970, c’étaient les stéréotypes négatifs, soutenus par les médias qui prédominaient. Cette moitié de siècle, comprise entre ces deux moments, et tous ses sujets ne sont qu’à peine représentés ", ajoute ce photographe de 48 ans, né à Beyrouth.

Bien que concentrée essentiellement sur la période qui va de la Première Guerre mondiale aux années 1970, une partie de la collection de la FAI date de la fin du XIXe siècle. Un fait qui – maintient Elkoury – réfute l’affirmation selon laquelle les Arabes ne prenaient pas de photos locales, même au début de la photographie. FAI est gérée par 10 photographes, cinéastes et savants arabes qui vivent principalement à Beyrouth, Paris, New York et le Caire. Presque tous ont été éduqués à la fois par le monde arabe et occidental. Ce double enseignement a permis d’inspirer leur engagement à vouloir changer la compréhension que l’on a de l'histoire arabe moderne par la photographie. Fondée en 1997, la FAI a rassemblé approximativement 50.000 images venues principalement d'Afrique du Nord, du Levant et d’Irak.

La première des trois expositions importantes de la FAI, [Histoires Intimes] 1900-1960, fut organisée en 1998 et présentait des œuvres d’amateurs arabes d'Égypte, de Jordanie, de Palestine et du Liban. Au début du XXe siècle, les Arabes qui commençaient à acquérir des caméras pour une utilisation privée se sont photographiés selon les normes stylistiques européennes. Une exposition qui a montré des caractéristiques esthétiques fortes et souvent vernaculaires. La seconde exposition, Cairo Portraits, (Portraits du Caire), a voyagé en France, en Suisse et au Liban entre 1999 et 2000. Elle fouillait l'aspect commercial des studios de photographie arabes. Trois photographes de studio arméniens au Caire – Van Leo, Alban et Arman – y développaient des styles apparentés.

Une troisième exposition, The Vehicle: Picturing Moments of Transition in a Modernizing Society (Le véhicule comme représentant des transitions dans une société de modernisation), examinait les notions de modernité intériorisées par les Arabes. L'exposition montrait que la caméra elle-même n'était rien moins qu’un véhicule comme les voitures, les trains, les bateaux et les avions qu’elle exposait. Les amateurs qui employaient leur boîte Kodak à la fin du XIXe siècle créaient un portrait collectif de leur société. " Dans cette exposition, dit Zaatari, les photos des nouveaux moyens de transport sont utilisées comme une métaphore d’une société, et des gens qui la composent, dans la voie de la modernité. "

Bien que les expositions de la FAI deviennent de plus en plus importantes, elles dépendent du succès de la mission de rassembler et de préserver les photographies. C'était sur cette base que Fouad Elkoury, ses amis et Samer Mohdad, cofondateur, ont conçu leur fondation. Dans leurs discussions, durant l'hiver neigeux de 1996 des montagnes libanaises, ils contemplaient la richesse inexploitée de la photographie produite par le Monde Arabe, presque entièrement dispersée dans des collections familiales. Ils ont envisagé donc une organisation qui découvrirait au juste ce que ces collections contenaient. Des mois plus tard, ils ont reçu une subvention de démarrage d'environ $100 000 de l'Union européenne, et leurs discussions devinrent professions. Elkoury a commencé près de la maison, avec les albums de famille et des boîtes qui dataient de la fin du XIXe siècle. Après plusieurs mois de contacts, Elkoury, Mohdad et Zaatari avaient persuadé un certain nombre de leurs collègues de rejoindre la fondation, d'apporter des photographies de leurs propres collections familiales, et d'aider la recherche. Ainsi, la photographie familiale fut la base de la collection. Tandis que la subvention de l'Union européenne soutenait les frais d'exploitation initiaux, Zeina Arida, directeur exécutif de la FAI, voulant réduire la dépendance à l’égard de la philanthropie européenne et nord-américaine, sollicite de plus en plus l'aide arabe. " Cela commence à être une question d'éthique ", dit-elle. " Davantage d'Arabes devraient être impliqués dans nos activités, et cela comprend le soutien monétaire. "

La FAI prend l’original ou le négatif des photos trouvées, elle en fait une copie, qu’elle remet ensuite au propriétaire de l'original. " Il n'est pas toujours facile d'obtenir des personnes qu’elles livrent leurs photographies ", dit Zaatari. " Elles veulent savoir pourquoi nous sommes intéressés par leur grand-mère. Alors, nous leur disons qu’une photo de grand-mère est plus qu’une grand-mère pour nous, elle est aussi un enregistrement historique ". Bien que la collecte et l'exposition soient leur activité centrale, les membres de la FAI constatent que la fondation devient un croisement des genres, un salon pour les photographes arabes contemporains. " Beaucoup de photographes arabes nous contactent ", dit Zaatari. " Ils veulent en voir plus, et communiquer avec d'autres photographes ou personnes qui travaillent dans le domaine. " De cette façon, la FAI contribue à l'évolution actuelle de la photographie arabe autant qu’à stimuler la réflexion critique sur l’image arabe.

Tiré de The Pictures Between, de Lynn Love in la revue Saudi Aramco World, janvier/février

Back to top