Le Cercle

    13/05  | 20:15
    14/05  | 11:00
    14/05  | 20:15
    15/05  | 20:15
    16/05  | 20:15

€ 18 / € 15
1h

Le Cercle nous emmène dans un lieu à la croisée de la rigueur détachée du soufisme, de la circularité de battles de break dance et de la précision quasi mathématique d’un certain modernisme. Les mouvements des cinq danseurs sont portés par une force à la fois fluide et structurée, comme poussés par une respiration lente et profonde. La chorégraphe Nacera Belaza est née en Algérie et vit en France depuis l’âge de cinq ans. Empreint du double héritage des formes de danse traditionnelles et de celles, abstraites, de la danse contemporaine, son travail défie toute tentative de description ou de classification. Avec Le Cercle, elle réinterprète une chorégraphie précédente comme une musicienne re-interprète une symphonie : elle en révèle les variantes cachées. La chorégraphie nous emplit d’un sentiment de liberté qui permet aux danseurs d’effacer l’individualité de ce mouvement en perpétuelle variation. Ils évoluent tels des silhouettes sur le pourtour d’un cercle de lumière, faisant émerger des questions politiques sur ce que signifie être visible ou conquérir la lumière.

Après chaque représentation en soirée, nous offrons une harira (soupe marocaine) en guise d’iftar, la façon traditionnelle de rompre le jeûne en période de Ramadan. L’iftar est offert et gratuit pour tous et toutes.
Un petit-déjeuner est offert dès 9h30 avant la représentation du 14 mai à 11h.

Chorégraphie : Nacera Belaza
Conception son et lumière : Nacera Belaza
Interprétation : Aurélie Berland, Meriem Bouajaja, Mohammed Ech Charquaouy, Mohamed Ali Djermane, Magdalena Hylak
Régie son et lumière : Pablo Simonet

Présentation: Kunstenfestivaldesarts, Gemeenschapscentrum De Kriekelaar
Production: Compagnie Nacera Belaza
Coproduction: Festival de Marseille; MC93 Bobigny - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis; manège, scène nationale-reims; deSingel; CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble; Corp_Real Galway Dance Days & Irish Modern Dance Theatre funded by the Arts Council of Ireland (2017); Moussem Nomadic Arts Centre; La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie; Collectif 12 (Mantes-La-Jolie)
Soutien: Arcadi Île de-France; Beaumarchais - SACD

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« La libération de l’imaginaire est au cœur de ma recherche »

Tout en jouant Le Cercle, votre nouvelle création, vous continuez de tourner avec des pièces antérieures, depuis Le Cri (2008) jusqu’à Sur le fil (2016). Quelle importance a pour vous la notion de répertoire ?

Une pièce, pour moi, n’est jamais achevée. Comme un peintre qui travaille inlassable-ment sur ses œuvres, je cherche toujours à atteindre une plus grande justesse. Une plus grande liberté, qui passe pour le danseur par un dépassement de ses limites. Par un effacement de ses résistances mentales et physiques. Chaque nouvelle création prolonge cette recherche. En tournant mes pièces de répertoire, je les mets à l’épreuve du temps : seules celles qui sont justes – c’est-à-dire détachées de ma personne et du contexte de création – durent.

Vos différentes pièces présentent une évidente unité formelle : plateau-nu, semi-obscurité, musique mêlée à des bruits de rue, gestes répétitifs… Comment créez-vous à chaque fois les conditions de ce dépassement ?

Avec le temps, je me rends compte que chaque pièce se construit autour d’une image qui se structure au cours du travail avec les interprètes, et qui oblige chacun à se revisiter de fond en comble. À repasser par les mêmes endroits d’errance, de doutes. Avant d’aborder une nouvelle pièce, je n’ai aucune idée de ce qui va advenir. Et plus tard, en travaillant avec les danseurs, je fais tout pour ne jamais m’enfermer dans ce que je crois savoir ou percevoir de la pièce en cours de création. Pour qu’une pièce existe, le point de tension initial doit aussi cohabiter avec son contrepoint, qui peut être long à trouver. Dans Le Cercle par exemple, la rapidité des mouvements doit être accompagnée d’un grand calme intérieur. Une pièce ne doit pas être l’imitation de ce qu’on pense d’elle. Elle doit être le fruit d’un travail de l’imaginaire.

Ce travail est-il le même, selon que vous travaillez sur un solo, un duo, ou une pièce de groupe ?

La libération de l’imaginaire est au cœur de ma recherche, quelle que soit la forme qu’elle prend. Naturelle chez l’enfant mais beaucoup moins chez l’adulte, cette quête libère à chaque fois l’inconscient d’une manière différente. Le huit répétitif du Cri, les lentes traversées de La Sentinelle ou les mouvements déstructurés du Cercle sont pour les danseurs et pour moi des voyages qui nous font grandir. De même que le spectateur, qui est toujours appelé à participer à la création du sens. Lorsqu’elles sont justes, mes pièces doivent amener le spectateur à s’extraire de son mode de fonctionnement habituel. Passé le moment de sidération face à la performance physique, il doit suivre le même chemin intérieur que les danseurs.

Vous proposez aussi régulièrement des ateliers pour amateurs et professionnels. Quelle place tient la formation dans votre travail ?

L’enseignement a pour moi été très tôt lié à la création. Autodidacte, j’ai très vite commencé à donner des cours en France. En transmettant à d’autres danseurs des outils pour faire de leur corps une page blanche, un réceptacle de ce qui advient, j’apprends moi-même beaucoup. La danse est pour moi une école de la vie, de la connaissance de soi, et non seulement une école du geste.

C’est en partie de cette manière que vous avez rencontré les cinq interprètes du Cercle, dont ne fait pas partie Dalila Belaza. Cette pièce est-elle un tournant dans votre parcours ?

On me demande souvent si je peux travailler avec d’autres danseurs que Dalila ; la vraie question, pour moi, était de savoir si je pouvais travailler sans elle ! C’est ce que j’ai fait dans mon solo La Nuit, puis dans Le Cercle, né d’une envie ancienne de créer une pièce chorale. Si cela a mis tant de temps à se réaliser, c’est que former une véritable conscience de groupe, sans laquelle rien ne peut advenir, nécessite un temps considérable. Afin d’amener des jeunes danseurs de formations diverses et Aurélie Berland – avec qui je travaille depuis cinq ans – à un même niveau d’introspection et de lâcher-prise, et créer entre eux un langage commun, il m’a fallu les amener à aller au-delà des histoires singulières que portent leurs corps. Vers un mouvement commun qui dénude les individus, qui les expose. Pour créer cette unité, je suis allée explorer des parties de moi que je ne connaissais pas. Pas plus que mes autres pièces, Le Cercle n’est un tournant. C’est un prolongement, avant de revenir probablement au solo, qui est encore un défi pour moi.

Par Anaïs Heluin, 6 juillet 2018
Publié sur sceneweb.fr

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Nacera Belaza
Née en Algérie, Nacera Belaza vit en France depuis l'âge de cinq ans. Après des études de lettres modernes à l'Université de Reims, elle crée sa propre compagnie en 1989. Nommée Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, c’est en autodidacte qu’elle entre en danse, développant une chorégraphie qui prend sa source dans un cheminement intérieur, une écoute sensible du corps, de l'espace et du vide en soi. Son parcours, tel une quête, tend à valoriser le lien direct entre le danseur et le spectateur, ouvert à l’infini de la scène. Les éléments des pièces - la lumière, l'espace, le temps, le corps - se répondent sur le plateau en développant une scénographie qui leur est propre. Répétition du geste, lenteur infinie, étirement du temps : les pièces de Nacera Belaza explorent toutes le mouvement comme on explorerait un souffle serein, profond et continu qui se frotterait au « vacarme assourdissant de nos existences » ainsi que le confiait Nacera Belaza. La Compagnie Nacera Belaza présente ses pièces à l’international avec une présence régulière en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Nord. En France, elle est invitée par des structures et festivals prestigieux tels que le Festival Montpellier Danse (2003, 2006, 2012, 2014, 2016), les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis (2008, 2010), le Festival d’Avignon (2009, 2012) ou encore la Biennale de la danse de Lyon (2010, 2014) ou encore le Festival de Marseille (2017, 2018). Son travail, reconnu par le Syndicat de la Critique en 2008 et par la SACD en 2017 (Prix Chorégraphie), a permis à sa compagnie de devenir une compagnie dite à rayonnement international. La volonté de Belaza de partager et de transmettre s’est cristallisée sur la relation avec les publics et leurs territoires. Elle développe des actions artistiques et des créations sous des formes multiples, du master class à la performance in situ. Ainsi le parcours de Belaza s'est continuellement inscrit dans un va-et-vient entre l'Algérie et la France. En parallèle de ses activités avec sa compagnie basée en France, elle a fondé une coopérative artistique en Algérie et propose des activités de formation et de sensibilisation des publics à l'art contemporain et au geste dansé.

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