First Night / And the thousandth night ... / Instructions for forgetting

Différents lieux dans la ville

First Night
24.25/05 > 20:30
Théâtre 140
EN - 120’

And on the Thousandth Night...
19/05 > 23:00 – 05:00
de bottelarij
EN

Instructions for Forgetting
15.16/05 > 20:30
Kaaitheaterstudio’s
EN - 90’

Forced Entertainment, één van de meest vooraanstaande Britse gezelschappen van dit moment, brengt een staalkaart van hun werk met een klassieke productie, een docu-solo en een improvisatienacht. First Night toont acht acteurs in een variété show waarin alles, op een komische maar pijnlijke manier, onherroepelijk in het honderd loopt. In Instructions for Forgetting vermengt Tim Etchells interviews, home-movies en brieven van vrienden met beelden uit het nieuws in een verrassende solo. And on the Thousandth Night... neemt u via 6 uur improvisatie mee de nacht door met een eindeloos verhaal van sprookjes, moppen, stadslegendes, liefdeshistories en seksverhalen. De sterke persoonlijkheden van de acteurs, hun provocerende en kwetsbare speelstijl en het wrange maar ontroerende universum van Forced Entertainment staan garant voor ijzersterke voorstellingen.

First Night

Performers : Robin Arthur, Jerry Killick, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden, Terry O’Connor, John Rowley, K. Michael Weaver

Regie : Tim Etchells

Tekst : Tim Etchells & de compagnie/la compagnie/the company

Ontwerp : Richard Lowdon

Lichtontwerp : Nigel Edwards

Soundtrack : Found Sources

Pers : Chris Lord (Karpus Projects)

Fotographie : Hugo Glendinning

Print design : Jennie Smith

Coproductie : Rotterdamse Schouwburg, SpielArt Festival München, Festival Theaterformen (Hannover), Wiener Festwochen

Met dank aan : Annemie Vanackere, Tilmann Broszat, Veronika Kaup-Hasler, Marie Zimmerman & David Tushingham, Sue Marshall, Chris Wilson, The Vintage Fashion Company, le conseil d’administration de Forced Entertainment (Deborah Chadbourn, Nicky Childs, Martin Harvey, Carol Maund & Simon Shibli)

Presentatie : Théâtre 140, KunstenFESTIVALdesArts


And on the Thousandth Night…

Performers : Robin Arthur, Tim Etchells, Tamzin Griffin, Jerry Killick, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden, Terry O'Connor

Ontwerp & lichtontwerp: Richard Lowdon

Oorspronkelijk geproduceerd in opdracht van : Festival Ayloul, Beirut

Presentatie : KVS/ De bottelarij / KunstenFESTIVALdesArts


Instructions for Forgetting

Tekst : Tim Etchells

Ontwikkeld en gecreëerd door : Tim Etchells, Richard Lowdon, Hugo Glendinning

Performers : Tim Etchells, Johnny Goodwin

Ontwerp & lichtontwerp : Richard Lowdon

In opdracht van : Wiener Festwochen 2001

Presentatie : Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts

Avec le soutien de British Council

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Il y a une image qui me vient quand je pense à Forced Entertainment : celui d’enfants très enthousiastes qui fouillent joyeusement dans un vieux coffre à jouets et découvrent que les armes à feu (les jouets) tirent de vraies balles – les visages peints au rouge à lèvres et des larmes de glycérine – ils se rendent finalement compte que la fête est terminée mais que " The show must go on. "

Lyn Gardner dans The Guardian

Forced Entertainment n’est pas un inconnu du festival. En 2000, ce groupe britannique présentait Scar Stories, un récit fait des histoires de cicatrices rassemblées à partir d’entretiens réalisés dans les rues de Bruxelles. Puis la compagnie présentait Quizoola!, un quiz de six heures qui selon le moment où l’humeur des acteurs débouchait sur un interrogatoire croisé ou une conversation intime. Cette année, Forced Entertainment présente trois spectacles que nous aimons voir comme représentatifs de leur travail. Ils passent du solo au travail de groupe, du spectacle à structure fixe au spectacle d’improvisation. Forced aime à jouer avec les frontières qui séparent la fiction des événements du réel, tout comme les récits de Tim Etchells qui oscillent entre horreur, beauté et réalité. Ses textes tracent les lignes de l’univers grinçant et émouvant de la compagnie, que les acteurs, de pièce en pièce, colorent de leur jeu personnel, provoquant autant que fragile.

First Night (Première) montre huit acteurs dans un show où chaque acte semble prédestiné à se terminer en insultes, où un sourire de bienvenue se transforme en grimace d’effroi. Une soirée qui s’annonce comique mais d’une étrange façon. Et que se passerait-t-il si plus rien ne retenait les acteurs, pas même le quatrième mur imaginaire qui le sépare du public ?

Pour Instructions for Forgetting (Mode d’emploi de l’oubli), Tim Etchells a fait participer ses amis : il leur a demandé de lui envoyer n’importe quelle histoire vraie et des vidéos. Etchells mêle les entretiens, les cassettes, les vidéos familiales, les lettres, les images du JT et tisse un lien entre le récit personnel et l’arrière champ qu’on appelle culture ou politique. Un solo étonnant et comique qui se joue entre récit, essai, vidéo et conversation privée.

Dans And on the Thousandth Night…(Quand vint la millième nuit…) les acteurs de Forced Entertainment, déguisés en roi et reine, racontent une histoire sans fin qui rassemble des contes, des histoires bibliques, des blagues, des légendes urbaines, des histoires privées, des histoires d’amour, des histoires de sexe, des histoires d’enfants… Fatigant à en mourir, hystérique, vulgaire et tendre, la représentation cherche la relation vivante entre un récit et un public, un récit et ses conteurs.

Trois approches pour Bruxelles

À lire dans l’ordre qui vous convient.

(1) Des projets très différents les uns des autres

Chaque projet est très différent des autres et peut-être encore très différent de ce qu’il laisse apparaître de lui-même.

First Night est un spectacle de théâtre aussi lumineux et brillant que désastreux, dur et minimal.

Instructions for Forgetting est un documentaire, imago mundi, vu par le filtre arbitraire des vidéos et lettres envoyées par mes amis, collègues et connaissances.

And on the Thousandth Night… est la plus longue histoire à dormir jamais racontée. Une histoire de l’histoire de l’histoire de l’histoire de l’histoire improvisée la veille. Une histoire qui essaie, d'une manière ou d'une autre, de raconter toutes les histoires qui n'ont jamais été écrites, racontées, rappelées à notre mémoire ou imaginées, à une seule condition, une condition particulière : qu'elle ne se termine jamais.

Je pourrais vous dire un mensonge : " Tous ces projets sont reliés par un même thème, une même approche ". Ou je pourrais vous dire un autre mensonge : " Entre les projets, il n'y a aucun lien du tout.

Ou je pourrais aussi essayer de vous dire la vérité.

(2) Donner de l'espace. Etre confiant. Prendre son temps.

Vous pouvez prendre cette introduction comme l'inventaire, brut, des préoccupations et stratégies variées (et contradictoires) que nous avons utilisées et utilisons encore pour aborder le public. Vous pouvez y voir un ensemble d'instructions incomplètes. Mais souvenez-vous que rien de ce qui va suivre, pris seul ou dans son ensemble, ne pourra garantir une " saine " relation entre le public (quel qu'il soit) et la représentation, à ce moment précis et très singulier dont les circonstances sont très largement malheureuses et que nous avons l'habitude d'appeler : " maintenant ".

Je pourrais vous dire quelque chose de vrai : chaque projet est une tentative pour trouver la bonne façon de parler à une foule composée de gens que l'on ne connaît pas, à qui l'on ne peut pas se fier mais à qui on essaie tout de même de parler*.

(* c’est ce qu’est devenue la polis — du grec, " cité ")

*

Ecoutez. Je connais une chose ou deux sur la clientèle. Ce sont des menteurs qui ne tiennent pas en place. Foutez-leur la frousse. Donnez-leur du bâton. C’est la seule façon de les voir sauter. Ils aiment ça. (Performance, un film de Donald Cammel et Nicolas Roeg, 1972)

*

Etre avec le public en temps réel. Etre un groupe de personnes qui présente un travail devant un autre groupe de personnes. Penser à la tâche, au travail (le labeur), à l’étrange et simple situation d’avoir été payé pour être regardé. Se construire une présence à l’échelle humaine. Tous les jours.

C’est un acte de générosité. D'ouverture.

J’ai entendu parler Roy Faudre (Wooster Group, No Theatre) au festival LIFT à Londres. Il disait quelque chose de très beau.

L’acteur ‘live’ est celui qui dit : " Voyez, je suis face à vous. Regardez-moi de la racine des cheveux à la pointe des pieds. "

*

" Fictionaliser " le public. S’adresser à lui (1) comme s’il était un autre, (2) comme s’il était un ensemble de personnes fictives.

Le public est supposé être celui que l’on peut voir à un spectacle de strip-tease, de théâtre pour enfants, ou encore celui d’un groupe de réflexion économique. On s’adresse à lui, comme à son amant, comme à des meurtriers, des complices potentiels dans l’attaque d’une banque, comme à un ami, perdu de longue date. Le temps réel, une fois installé, est déformé, recouvert, confus, et seulement alors réinvoqué.

*

Créer le public. Faire venir les spectateurs à soi. Les masser. Faire en sorte qu’ils se sentent chez eux et en même temps comme faisant partie d’une foule. Les faire participer. Les nommer : " être humain ". Leur donner le goût de rire ensemble.

(Je pense que nous en savons assez sur ces foules du – tous pour un, un pour tous – pour s’en méfier.)

*

Diviser le public. En faire un problème. Interrompre le confort et l'anonymat de l'obscurité. Interrompre le sentiment confortable de se sentir " comme tout le monde ".

Dans une belle lettre écrite à l’occasion de Instructions for Forgetting, Tony Shakar (un artiste de Beyrouth) me disait : " Il y a d'autres histoires que je pourrais vous dire, Tim. Des histoires vraies, mais elles parleraient de la guerre et je n'aime pas raconter des histoires de guerre aux personnes qui ne la connaissent pas. Vous ne les comprendriez pas et de toutes façons, elles sont miennes. "

Sa façon de refuser, de me rappeler ce fossé entre nous – en termes d'expérience et de capacité à comprendre – était évidemment le plus beau cadeau qu'il pouvait faire au spectacle, et à moi-même.

Faire sentir les différences dans et hors de la salle de spectacle (différence de classe, de sexe, d'âge, de race, de pouvoir, de culture). Donner le goût de rire seul. La sensation d’un corps qui rit en public, puis, embarrassé, doit faire machine arrière.

Leur donner des cadeaux. Plaisirs. Rires. Danses. Les rassembler.

*

O ! vous avez été un bon public. Très bon public. Faites-moi savoir où vous travaillez demain soir, car je viendrai vous voir. (The Entertainer (L’Amuseur), une pièce de théâtre et un film de John Osborne)

*

Employer le discours direct, une voix ordinaire et un contact visuel..

Dans le silence, gardez le contact avec le regard et savourez ce moment. Laissez venir le vide. Laissez venir le plein. Laissez monter la nervosité. Laissez ce moment n'être rien. Tout. Laissez-le advenir dans toutes ses nuances.

Vous souvenez-vous de ce que c’est que de partager, dans la joie, le silence avec des amis?

*
Jérôme (Bel) nous a dit (dans un bar à Vienne) qu’avec The Show Must Go On il voulait faire un travail qui n'était pas plus fort que le public. Un spectacle qui soit avec eux et ne les domine pas. Une très belle pensée. D’une incroyable générosité. Mais pour ceux qui ont grandi dans un modèle de relation différente entre l'artiste et le public, il est parfois difficile d’accepter un tel cadeau.

À Paris, au Théâtre de La Ville, il y a des invasions sur scène, des interventions, des applaudissements mous. Et Jérôme a compris le message : " si tu ne domines pas cet auditoire, c’est lui qui s’en chargera. "

*

Dites : " Voyez, je suis face à vous. Regardez-moi de la racine des cheveux à la pointe des pieds. "

Donner de l'espace. Etre confiant. Prendre du temps.

Ne perdez pas espoir. Le public, qui ne veut plus de ces vieilles conneries dramatiques, existe.

(3)Tentatives pour décrire ce que Forced Entertainment fera ou tentera de faire, dans et (dans certains cas) hors du KunstenFESTIVALdesArts, pendant le mois de mai 2002

Etre intime et humain. Pas en colère.

Etre amusant. Pas noir.

Tripoter les blessés désastreux de la politique tout en essayant de ne pas en faire, de la politique.

Essayer de trouver un espace, au théâtre ou dans n’importe quel autre lieu public, qui permette une rencontre forte entre inconnus.

Utiliser la vivacité, l’improvisation, l'énergie électrique de ‘ce qui arrive MAINTENANT’.

Essayer d'être nu, sans défenses, tout en sachant que la nudité est une composition.

Utiliser une matière qui a été répétée en relation étroite avec le texte.

Poser des questions sur la nature spectatrice. La politique du voyeurisme. L'éthique du regard. Taquiner, attaquer et diviser le public et, last but not least, partager du plaisir.

Séduire.

Essayer de raconter des histoires jamais racontées, jamais arrivées, histoires inimaginables ou impossibles à imaginer.

Créer un espace dans lequel le public peut penser. Créer un espace dans lequel chacun peut poser et répondre à ses propres questions. Créer un espace libre et inconfortable, un espace chargé de défis qui le mette à terre par le poids de sa propre responsabilité.

Attaquer la langue et en même temps l’honorer.

Fabriquer de bonnes plaisanteries à partir des mauvaises..

Essayer de décrire le procédé de la pensée. Essayer de décrire, en neuf minutes 38 secondes, toutes les pensées qui passent par le cerveau humain pendant ce même laps de temps. Créer de l'intimité.

Se demander ce qui attire les gens à s’asseoir dans le noir pour en regarder d’autres agir.

Etre effronté.

Dresser une liste de stars Hollywoodiennes en position dégradante, de choses qu’on ne devrait pas penser, d’histoires, de scènes filmées en vidéo, des différents types de salutations entre personnes dans le monde.

Réfléchir au mot " documentaire " et ce qu'il pourrait signifier pour nous, maintenant. Faire un documentaire sur le monde en demandant à des amis d'envoyer des histoires vraies et des bandes vidéo familiales.

Essayer de contourner, de passer à travers, en dessous, ou, d'une certaine façon, au-delà de ce que le théâtre est supposé être. Essayer d'obtenir un théâtre passé en le détruisant, en l'acceptant, en étant plus petit que lui, en l'ignorant, en se révoltant, en écrivant des lettres d'amour. Et tout en même temps, savoir que le théâtre cherche à se dépasser précisément de la même façon.

Rester vivant dans une ville remplie de souvenirs désagréables.

S’enivrer.

Raconter cinquante histoires inexactes, sales et scandaleuses sur les acteurs et actrices du cinéma américain.

Présenter un travail qui flatte, privilégie et célèbre l'échec, la lutte, l'incompétence, le désastre et le fiasco.

S’étonner.

Attendre.

Se réveiller.

Pleurer.

Souhaiter.

Accueillir.

Vouloir.

Regarder.

Prévenir.

Tim Etchells, 2001

Certaines parties de cet essai ont été tirées de Not Part of the Bargain de Tim Etchells, publié dans Etcetera par le SpielArt Festival, Munich en 2001. Tim Etchells est le directeur artistique de Forced Entertainment. Il a publié récemment The Dream Dictionary (for the Modern Dreamer), Duck Editions 2001.

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