Farci.e

    16/05  | 20:30
    17/05  | 20:30
    19/05  | 17:00
    20/05  | 17:00
    20/05  | 20:30

€ 16 / € 13 (-25/65+)
40min

Rencontrez l’artiste après la représentation du 17/05

Comment parler d’identité quand notre langue nous impose déjà un ordre du monde déterminé par le genre ? C’est la question à laquelle se heurte Sorour Darabi, jeune chorégraphe iranien.ne, lorsqu’il.elle arrive à Montpellier pour étudier la danse. Alors que dans sa langue maternelle, le farsi, les marqueurs de genre n’existent pas, le français l’oblige à continuellement distinguer le masculin du féminin, jusque dans son apprentissage du mouvement. Avec Farci.e, Darabi affronte la violence de la langue, vécue comme une véritable « ingurgitation » de normes établies. D’une insolence magnifique, son solo s’en prend aux formes insidieuses de l’autorité. Conférence décalée, prise de parole qui tourne à l’épreuve physique, Farci.e réaffirme avant tout la beauté du geste vivant en transition permanente. Une vraie révélation.

Conception, Chorégraphie & interprétation
Sorour Darabi

Création lumière
Yannick Fouassier

Régisseur Lumière
Jean-Marc Segalen

Regard extérieur
Mathieu Bouvier

Administration
Charlotte Giteau

Diffusion
Sandrine Barrasso

Production déléguée
MÉTÉORES

Remerciements
Loïc Touzé, Raïssa Kim, Florence Diry, Pauline Brun, Jule Flierl, Clair.e Olivelli, Zar Amir Ebrahimi

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, INSAS

Coproduction
Festival Montpellier Danse, ICI-CCN de Montpellier L-R Midi-Pyrénées

Avec le soutien de
CN D – Pantin (residency), Honolulu-Nantes & le Théâtre de Vanves

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C’est quoi un discours sur la question de l’identité et du genre quand il est formulé dans une langue qui assigne un genre aux mots euxmêmes ? C’est quoi une discours sur le question de l’identité et de la genre quand elle est formulée dans un langue qui assigne une genre aux mots elles-mêmes ? Dans ma langue maternelle, le farsi, qui est la langue dans laquelle j’ai commencé à penser aux choses, il n’y a pas de genre. Ni les objets, ni les idées n’ont un sexe. Dans ma langue maternelle, le mot « genre » se dit « جنسیت jenssiat », qui signifie matière. Quand il s’applique aux objets, il désigne leur matérialité. Quand il s’applique aux êtres vivants, humains et animaux, il désigne leur sexe. Ainsi, dans ma langue, le genre de la table, c’est le bois. Et mon genre, c’est la peau, la chair, les os, les muscles, le sang, les vaisseaux, les capillaires, la cellule… 

Alors c’est quoi la matière du mot « genre » ? C’est quoi le sexe du genre ? Comment penser le genre dans une langue qui donne un sexe aux idées ? En français, un objet qu’on n’arrive pas à nommer, on l’appelle une chose. Alors, un corps qu’on n’arrive pas à genrer, c’est une chose ? Une chose, en français, c’est féminin. Alors, toutes les choses sont féminines ? Mais le mot féminin est masculin.

Sorour Darabi

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Sorour Darabi est un-une artiste autodidacte iranien.ne qui vit et travaille à Paris. Très actif.ve en Iran, il-elle fait partie de l'association souterraine ICCD dont le festival Untimely (Téhéran) a accueilli ses travaux avant son départ pour la France. Durant ses études au CCN de Montpellier il-elle crée le solo Subjetc to Change, une performance qui interroge la transformation à travers le temps et la cohabitation avec l’environnement. En 2016, il-elle crée Farci.e, un solo qui traite des notions du langage, de l’identité de genre et de la sexualité au festival Montpellier danse. Son prochain projet, Savušun, est une ode à l’affection, à la vulnérabilité et aux êtres affecté-es, qui s'inspire des cérémonies de deuil de Muharram et aborde la question des émotions : le chagrin, la peur et la souffrance. Il-elle a été par ailleurs interprète pour Jule Flierl et Pauline Brun et sera interprète dans les prochaines créations de Paula Pi et Ligia Lewis.

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