Document 1

Lunatheater

12 Mei/Mai/May 21:00
13 Mei/Mai/May 22:00
14 Mei/Mai/May 18:00
Duur/Durée/Duration: 1:10
Europese première/Première européenne/European première

Tout peut être matière pour composer un mouvement. Rien ne s'invente, rien ne se crée. Chorégraphe québécoise, Lynda Gaudreau est une collectionneuse inspirée. Au détour de banals gestes quotidiens qui la touchent et de fragments de danses aimés chez d'autres chorégraphes, elle récolte les ingrédients de sa nouvelle création Document 1. Elle les cite ou les transforme. C'est le premier volet de son ‘encyclopédie personnelle' qui aborde en premier des mouvements pour les mains, les bras et les pieds. Une proposition de ‘définitions' aérées et ludiques.

Regie, choreografie/Direction artistique, chorégraphie/Artistic direction, choreography: Lynda Gaudreau

Dansers/Danseurs/Dancers: Sarah Doucet, Mark Eden-Towle, Sophie Janssens, Sarah Stoker
Gastkunstenaar/Artiste invité/Guest artist: Benoît Lachambre
Licht/Eclairage/Lighting: Lucie Bazzo
Muziek/Musique/Music: Rober Racine, piano (1999)
Kostuums/Costumes: Lynda Gaudreau, Carmen Alie, Denis Lavoie
Choreografiefragmenten van/Chorégraphie intégrée de/Integrated choreography pieces from: Jonathan Burrows, Hands (video, 1995); Meg Stuart and Damaged Goods, No Longer Readymade (excerpts, 1993); Benoît Lachambre, Solo à la hanche (1999)
Choreografische rekwisieten van/Accessoires chorégraphiques de/Choreographic props from: Daniel Larrieu, Feutre (1999)
Interviews van/Entretiens intégrés de/Integrated interviews of: Barbara De Coninck; Jérôme Bel
Repetitoren/Répétitrices/Rehearsal directors: AnneBruce Falconer, France Roy
Originele videografie/Réalisation vidéographique originale/Original videography (1999): Marlene Millar, Philip Szporer, Lynda Gaudreau
Videografie/Réalisation vidéographique/Videography Hands (1995): A Dance film by Jonathan Burrows, Adam Roberts and Mateo Fargion
Muziek/Musique/Music Hands: Mateo Fargion
Muziek/Musique/Music No Longer Readymade (excerpts, 1993): Hahn Rowe
Uitgeleend met toestemming van/Prêtée avec l'aimable autorisation de/Used with kind permission from: The Arts Council of England

Productie rekwisieten/Réalisation des décors/Props production: Manoeuvre Montréal

Klanktechnieker/Ingénieur du son/Sound engineer: Dino Giancola
Technisch directeur/Directrice technique/Technical director: Sandrine Beauchamp
Productieassistent/Assistant de production/Production assistant: Mark Eden-Towle
Productie/Production: Compagnie De Brune (Montréal)
Coproductie/Coproduction: Festival international de nouvelle danse (Montréal), the National Arts Centre (Ottawa)
Project partners/Partenaires du projet: Théâtre de la Ville (Longueuil, Québec), Centre chorégraphique national de Tours (France)
Lynda Gaudreau was in residentie bij de studio's van La La La Human Steps gedurende het seizoen 1998 - 1999/Lynda Gaudreau était artiste en résidence aux studios de La La La Human Steps pour la saison 1998 - 1999/Lynda Gaudreau was Artist in Residence at the studios of La La La Human Steps during the 1998 - 1999 season

Dank aan/Remerciements/Acknowledgments: Charmaine LeBlanc, Julia Carruthers, Jonathan Burrows, Jérôme Bel, Barbara De Coninck, David Metcalfe, BBC, Lattitude Nord and Armand Vachon.
Lynda Gaudreau dankt de dansers en Mark Eden-Towle en Sarah Doucet voor hun hulp bij het creatieproces/Lynda Gaudreau remercie les danseurs ainsi que Mark Eden-Towle et Sarah Doucet de leur assistance au processus de création/Lynda Gaudreau would like to thank the dancers and Mark Eden-Towle and Sarah Doucet for their assistance in the creative process

Presentatie/Présentation/Presentation: KunstenFESTIVALdesArts
Compagnie De Brune krijgt financiële steun van/reçoit l'aide financière de/receives the financial assistance of: The Canada Council for the Arts, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, le Conseil régional de développement de l'île de Montréal.

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« Je me sens prise dans une expérience muette du monde. Seul l'art de la danse me permet de trouver les ‘mots' pour entrer dans le mouvement de la vie. Il me donne le moyen d'exister aux autres. »

« And then you just keep going... » Derniers mots du spectacle, comme une invitation à poursuivre : Lynda Gaudreau vient de tourner les premières pages de son Encyclopoedia - Document 1. Elle y esquisse une collection de mouvements pour les mains, les bras et les pieds. C'est l'aurore d'un projet qui lui prendra des années : « J'aime l'archivage. Passionné par le temps, mon père accumulait les encyclopédies en tous genres. Je suis une inconditionnelle des bibliothèques que je ne manque pas de visiter - comme d'autres les églises - chaque fois que je me rends dans une nouvelle ville. Elles me sécurisent. Elles accueillent les traces d'hier et leur chemin vers aujourd'hui. J'aime les instruments de l'écriture : le contact du bois, un crayon, un papier me rendent heureuse. »

Québécoise singulière dans le paysage chorégraphique montréalais, Lynda Gaudreau a choisi l'abstraction là où d'autres - isolés dans la Belle Province - préféraient le chemin de la représentation identitaire. Décrite comme une anatomiste, une architecte du corps humain, la jeune femme conjugua à Montréal une formation d'histoire de l'art, de philosophie, de ballet moderne et de danse classique. Ses affinités l'aimantent plutôt vers les studios d'Edouard Lock (La La La Human Steps) où elle s'installe un an comme artiste en résidence et vers ceux du Klapstuk en Belgique qu'elle fréquente comme sa maison de 1992 à 1997. Dans in Kortrijk vient également de lui ouvrir ses studios où elle prépare Document 2, le deuxième volet de son Encyclopoedia.

A Leuven, elle crée ainsi Construction, puis Anatomie, captivée par les bustes antiques privés de tête et de bras dans la galerie grecque du Musée du Louvre. Rien de ce qui touche aux élans du corps en mouvement ne lui est indifférent : « Ce n'est pas tellement le corps qui m'intéresse, c'est le mouvement, la pensée, la vie. Les gens qui font de l'art, sourit-elle, sont tous là pour essayer de donner un sens à leur vie : le banal, ce qui paraît n'être rien et quotidien, peut devenir source extraordinaire de création. Pas besoin d'être riches ou super-doués, il suffit de faire confiance à ce qui nous touche. »

Intriguée par ces riens si riches en potentiel, elle supprime décors et costumes de Still Life (1996) pour se concentrer sur le corps : elle en modèle l'anatomie, zoome sur ses articulations et torsions et se fait peintre, traquant sur la peau le frémissement de ses tensions musculaires. De sa quête rigoureuse, la sensualité s'exhale. Vitaliste et consciencieuse, elle entreprend alors de systématiser l'archivage de la somme de petits mouvements qui l'émeuvent au quotidien et dans les spectacles de ses contemporains. Loin de Montréal, elle se découvre une famille du côté des Jérôme Bel, Meg Stuart et Jonathan Burrows : « J'étais au Canada, dans la neige, y avait pas un chat ! Il y a tant de personnes qui travaillent sur les mêmes sujets et se posent les mêmes questions, chacune dans leur coin. J'ai envie de les rencontrer. »

Ainsi naît son projet d'une petite encyclopédie personnelle : « Souvent, face à la danse contemporaine, le public se culpabilise de ne pas comprendre. Or, ce même public accepte sans difficulté la peinture ou la sculpture abstraites, l'émotion intuitive de la musique. Tout peut être source de mouvement : la composition d'un bouquet de fleurs, les lignes et les angles du dessin d'une tenaille, d'un étau, d'une poulie ou d'une enclume, le chemin d'un fil de laine que la main guide autour des aiguilles pour composer un tricot... » Amusée et impressionnée par le monumental projet d'Encyclopédie universelle de Diderot et d'Alembert au siècle des Lumières, par leur volonté de rendre accessible à tous la somme des savoirs, la chorégraphe décide d'afficher ludiquement pour le public les sources de sa danse alors que les danseurs en offrent simultanément l'aboutissement travaillé.
Lynda commence alors par chorégraphier trois parties du corps : mains, bras, pieds. A la manière d'un dictionnaire, elle inscrit au détour de ses « définitions personnelles » des citations d'autres chorégraphes contemporains : « Je collectionne certains fragments de pièces que j'aime, puis je demande aux chorégraphes s'ils veulent me les prêter. » Elle invente des mouvements en réponse à leurs propositions. Elle aère le plateau du théâtre avec des images filmées en extérieur : jogging de sportifs ou jeux d'enfants qu'elle rencontre dans les parcs à Montréal. Comme un Larousse illustré.

Un compositeur, Robert Racine, avait exposé à Montréal ses Pages-Miroirs (1980-1994), une oeuvre visuelle et musicale réalisée à partir du dictionnaire Le Petit Robert. Pour Document 1, Lynda lui demande de composer la musique pour les main, bras et pied. Il traque alors dans chacune de leurs définitions les syllabes do ré mi fa sol la si ut de l'octave. Il transcrit sur une portée musicale la succession des notes découvertes et obtient une partition pour piano.

Document 1 est né. Le spectateur est son premier lecteur à qui la chorégraphe propose une mise en page architecturée avec légèreté, fruit de définitions dansées, de citations sonores et visuelles et de fenêtres sur vie : « Je n'ai pas si envie que ça d'être auteur. J'aime inviter d'autres auteurs dans mon travail. Ma pièce est plus grande que moi car elle est la somme de tous ces artistes. »

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