De laatste nacht van de nachtman

Public space

Place Anneessens
15.17.18/05 > 22:00
16/05 > 22:00 & 00:00
Duration : +/-60’
Fr & Nl > Subtitles : Fr & Nl

Cinq ans d’écoute et de récits, cinq ans d’ateliers pour les façonner, dans un des quartiers les plus cosmopolites de Bruxelles, place Anneessens, à deux pas de la gare du Midi. Un titre générique : Le retour des hirondelles. Tels des oiseaux migrateurs, les humains.

Pour Els Dietvorst, chacun là cherche son envol. Une équipe se compose, le Beursschouwburg comme partenaire. Chaque phase – presqu’un an – se conclut par une présentation publique avec les protagonistes, habitants, passants. De laatste nacht van de nachtman est le film d’une nuit de playback, vécue en octobre 2002. Des participants, Els capte le théâtre éphémère, leur fièvre d’être un autre. Voici, sur la place, en plein air, l’écran de leurs métamorphoses...

Realisation:

Els Dietvorst

Mise-en-scène:

Els Dietvorst & Caroline Donnely

Scénario:

Els Dietvorst & Orla Barry

Acteurs:

Rachid Ajerrar, Yassin Bakdah, Calogero Genova, Reda Chebchoubi, Marine Chotteau, Ismaïl Dahabi, Miguel Devaux, David Godon, Bahman Homa, Kito Isimba, Marie-Louise Jacobs, Sarah Lefevre, Guilliane Mansard, Vincent Mercenier, Michel Puissant, Lara Aniela Radzki, Sylvie Van Molle, Flora Zoda, Kokou Zokli.

Assistance:

Bindu Stuyck &Liesbet Vaes

Montage:

Hervé Brindel

Projection:

vzw CinematiQ (CineMobiel)

Production:

Firefly vzw (Bruxelles/Brussel)

Coproduction:

Beursschouwburg (Bruxelles/Brussel), CC Strombeek, Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie, SIF, KunstenFESTIVALdesArts

Présentation:

Beursschouwburg, KunstenFESTIVALdesArts

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Le contexte : Le retour des hirondelles

Janvier 1999. Els Dietvorst lance un projet multimédia, Le retour des hirondelles, dans un quartier sud de Bruxelles, à deux pas de la gare du midi, le quartier Anneessens. Depuis les années 20, ce quartier n’est jamais vraiment parvenu à sortir de l’impasse de la précarité. Pour Els, l’important est de trouver la forme la plus juste et la plus organique pour communiquer avec cet environnement : « Nous nous sommes mis en quête d’une nouvelle forme artistique, une nouvelle langue qui permettrait au plus grand nombre d’habitants de participer au projet et par tous les moyens possibles. Nous analysons ce qui est dit, faisons l’expérience du mot, de l’image et du son et tentons de faire apparaître ce qui échappe à la conscience : l’indicible, l’invisible. »

Le retour des hirondelles est aussi un intense projet d’individus, un investissement dans l’humanité de chacun et sa culture porteuse de sens : « L’implication et la collaboration avec le participant se basent sur l’échange mutuel au niveau de la collectivité. La confiance en est l’indispensable fondement ».

En ce moment, Le retour des hirondelles, entamé en 1999, connaît sa dernière phase : la réalisation d’un film « vrai de vrai » avec 23 acteurs amateurs. « Nous avons choisi intentionnellement de travailler en trois phases, étalées sur cinq ans : pour éviter de rester rivés au pur documentaire et pour donner au projet le temps de s’épanouir et de se multiplier en toute quiétude.

Aperçu des différentes phases :

Phase 1 (octobre 1999)

Brussels is shaped like a heart (Bruxelles a la forme d’un cœur) – Le rêve de Rimbaud.

La phase 1 nous permet d’effectuer une étude approfondie du quartier. Son résultat : une image documentaire du quartier et de ses habitants : cinq petites boucles vidéo, mini-concerts et une exposition. Dès le tout début, nous avons choisi Arthur Rimbaud (1854-1891) pour nous nourrir de ses textes : le poète a vécu une des périodes les plus passionnées de sa vie dans le quartier qui nous occupe.

Phase 2 (décembre 2001)

EAU ! EAU ! EAU ! La croisade pour l’eau.

Pour la phase 2, nous utilisons les formes artistiques « sans aucune crainte d’entrer dans un monde inconnu ». En d’autres mots : nous pratiquons des formes choisies par les protagonistes eux-mêmes et dont ils ont l’habitude. Le 16 décembre 2001, nous présentons sous la forme d’un « tableau total », dans la salle « Métro » située sous le quartier, le résultat de notre travail d’un an : 3 courts-métrages, deux boucles vidéo, un magazine (Magazine 2) et nos « jukeboxstories ».

Phase 3/1 (2002)

Après le déluge/After the flood/Na de zondvloed

Chaque être a droit à une autre vie.

La phase 3 se déroule sur trois ans et rassemble les éléments des première et deuxième phases dans un scénario, script et long-métrage.

Avec le quartier et les acteurs, nous cheminons tout au long du processus de réalisation d’un film : préparation durant la première année, scénario et personnages durant la deuxième année et tournage des films pendant la troisième année.

Phase 3/2

The last night of the nightman/Parade sauvage.

Le point d’orgue de la deuxième année a lieu le 31 octobre 2002 : Halloween et « la nuit du play-back ». Les acteurs se glissent dans la peau d’un double personnage, préparent déjà quelques scènes qu’ils testent devant un public « live ».

Cette fois, le BSBbis est notre décor, pour les play-backers à l’arrière-plan, le public comme les figurants et les acteurs comme protagonistes.

LA NUIT DU PLAY-BACK : UN RÊVE

Tout le monde me croyait folle : une nuit, toute une nuit ! Même les acteurs hésitaient.

Etait-ce vraiment ce que je voulais ? Mais quand chacun comprit que c’était « du sérieux », tous ensemble, « en masse », nous sommes montés à l’échafaud !

Nous étions bien entraînés, bien préparés. Nous avions la confiance, les nerfs et un but : atteindre le petit matin, mettre les scènes en boîte et, entre-temps, prendre du plaisir. Chaque année de travail des Hirondelles se conclut par un « travail filmique ». Le déroulement de toute une année est testé devant un public « live » qui peut aussi participer. Ces expériences totales (« tableau totaux ») sont un des atouts du projet. Avec des acteurs, un décor et une équipe de film, on se déplace dans une zone de transition entre la réalité et la fiction, entre le rêve et l’action. Pour quiconque y passe un temps suffisant, il s’agit d’une expérience enivrante, troublante et étonnante.

A l’origine, l’idée, c’est le quartier et les acteurs. Le choix du « play-back » devint évident ; presque tout le monde, petits et grands, souhaite se glisser dans la peau d’un autre. Rien qu’au sein de l’équipe restreinte, nous avions déjà cinq Britney Spears et deux Dalida. Une nuit du « play-back », avec « participation libre » et un grand public, tombait sous le sens. Nous avons annoncé cette nuit par tous les canaux possibles : nous avons particulièrement mis la pression sur toutes les organisations du quartier. Plus d’une trentaine de personnes ont été attirées par le projet. Le play-back était ouvert à tous ceux qui voulaient monter sur le podium. Tout le monde souhaite se transformer. Certains voulaient être l’étoile d’une nuit, d’autre briller pendant un acte. Et beaucoup voulaient figurer dans un film. Ils se sont changés dans la loge des artistes et on les a questionné sur leurs motivations. Le public était au rendez-vous et participait, comme figurant, comme spectateur. Passionné, égaré, ému.

La « nuit du play-back » devint alors dans notre scénario du « vrai vrai film » « de laatste nacht », une nuit au cours de laquelle tous les personnages se rencontraient. Les cinq scènes et les deux monologues préparés cet été furent joués, cette nuit-là, en public.

Prenons Victor et Camel. Ils se rencontrent lors d’un accident de voiture. A partir de cet instant, ils deviennent inséparables. Victor, le yuppie qui possède tout, doit faire face à une crise d’identité. Camel « Prince relax » essaie de le convaincre de la « joie de vivre ». Depuis deux jours, ils tournent dans Bruxelles. Ils atterrissent dans la « nuit du play-back » en recherchant un peu de chaleur. De leur côté, Sarah et Justine font de cette nuit une nuit de travail : trop de garçons sans argent, pensent-elles. Et puis, il y a « l’homme de la nuit », le noctambule. Il quitte son appartement. Il y a bien longtemps qu’il n’a plus rencontré d’êtres humains. Il fait la connaissance de Guiliane qui lui prédit l’avenir…

« Comment ces scènes ont-elles pu être tournées (sans bruit) avec un public « live » dont nous ne connaissions pas l’ampleur et un podium rempli de play-backers ? » Un risque. Les deux présentateurs, Olivier et Vincent, étaient nos hôtes de service : ils annonçaient les play-backs et exigeaient aussi le silence pendant le jeu de chaque scène. Ils s’en sont tirés avec brio. A 21 heures, les portes étaient ouvertes pour laisser la nuit entrer : Redbull et Coca. La suite est captée dans l’histoire.

FILM : LA DERNIÈRE NUIT DE L’HOMME DE LA NUIT

Le film est un tableau en trois dimensions. Des scènes jouées par les acteurs, les actes de play-back et le public, à la fois figurant et spectateur. Les acteurs-hirondelles jouent un double rôle : ils sont leur propre personnage dans le « vrai vrai film » et interprètent ici chacun un acte du play-back.

La dernière nuit de l’homme de la nuit est une représentation de cette « parade sauvage », une nuit pendant laquelle se rencontrent la beauté et le kitch, se croisent la réalité et la fiction, une nuit où les rêves deviennent de l’art.

Phase 3/3

Karaoké/De Woestijn. Fin

Le « vrai vrai film » (Karaoké) est tourné en 2003. Nous quittons Rimbaud pendant sa fuite vers l’Afrique, au moment même où il abandonne tout pour se reconstruire une vie ailleurs...

La fuite et la marginalité deviennent deux grands thèmes du film. Le scénario est un « work in progress », les répétitions sont toujours en cours. Le quartier Anneessens est devenu le décor, les habitants les figurants, les acteurs les protagonistes.

Chaque jour de tournage est une fête !

Première : décembre 2003.

Phase finale

Après cinq ans, vient le temps de la réflexion et notre regard se pose sur ce qui a été réalisé. Le processus et les résultats sont soumis à la discussion et transcrits dans une publication. Ce dernier magazine intègre aussi les quatre précédents. Les bobines de film jamais utilisées sont triées et rassemblées. Avec les acteurs, nous travaillons un dernier « Tableau vivant ». Avec cette phase finale, nous espérons voyager pour que le projet puisse aussi être partagé en dehors du quartier. Inshallah !


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