About Kazuo Ohno

Reliving the Butoh Diva's Masterpieces

Palais de la Dynastie / Dynastiepaleis
  • 15/05 | 17:00
  • 15/05 | 22:00
  • 16/05 | 20:30
  • 17/05 | 20:30
  • 18/05 | 20:30
  • 19/05 | 20:30

€ 16 / € 13
1h 50min

Rencontrez l'artiste après la représentation du 16/05
Pas accessible pour les personnes à mobilité réduite

Ex-membre de Dumb Type, actif dans les champs de la performance et des nouveaux médias, Takao Kawaguchi n’avait jamais appris le butoh ni vu de spectacle de Kazuo Ohno (1906-2010), le cofondateur de cette « danse des ténèbres » japonaise. Et pourtant, il a entrepris de devenir lui. Pour About Kazuo Ohno, il s’est donné comme tâche de copier le plus précisément possible la danse du maître à partir de vieux enregistrements VHS de ses classiques. Un hommage sincère, mais aussi une négation de l’essence même du butoh : alors qu’Ohno insistait sur l’idée que la forme doit résulter d’un processus né dans la profondeur de l’être, Kawaguchi se confronte au danseur depuis l’extérieur, se projetant dans ses formes, ses gestes, ses grimaces sans avoir accès à son monde intérieur. Il questionne l’authenticité, la mémoire et l’originalité de la copie. Ohno et Kawaguchi deviennent des images concurrentes qui ne cessent d’avancer, de reculer, de s’entremêler, de se brouiller. Le résultat est fascinant.

Chorégraphie
Kazuo Ohno & Tatsumi Hijikata


Danse
Takao Kawaguchi


Dramaturgie & vidéo
Naoto Iina

Costumes
Noriko Kitamura

Apparition dans la vidéo
Yoshito Ohno

Création lumières
Nami Nakayama

Manipulations sonores
Noriaki Coda

Management
Koichiro Takagi (HiWood)


Photographie
Teijiro Kamiyama


Matériel d’archive
Kazuo Ohno Dance Studio & Canta, Ltd

En collaboration avec
The Saison Foundation, Tokyo Zokei University CS-Lab

Présentation
Kunstenfestivaldesarts


Production
Takao Kawaguchi

Représentations à Bruxelles avec le soutien de
Arts Council Tokyo (Tokyo Metropolitan Foundation for History and Culture)

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Comme couler du fer chaud dans un moule

« Je n’ai jamais vu danser Kazuo Ohno sur scène, uniquement sur photo et en vidéo. J’ai trouvé ce que j’ai vu magnifique et je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi, mais je ressens une certaine affinité avec les torsions et les ondulations de ses mouvements. Cela me paraît même sensuel. Peut-être ai-je une qualité similaire en moi ? Je me suis dit que je pouvais en tout cas tenter de l’explorer. »
Takao Kawaguchi

Kazuo Ohno (1906-2010), une étoile de la danse moderne dans le Japon de l’après-guerre, a présenté une série de spectacles tout à fait exceptionnels. Quand il a rencontré Tatsumi Hijikata, l’alchimie entre les deux a donné naissance au butô. Ohno s’est alors retiré de l’avant de la scène pendant près de dix ans durant lesquels il a réalisé The Portrait of Mr O et deux autres films avec le réalisateur Chiaki Nagano. En 1977, âgé de 71 ans, il fait un come-back spectaculaire sur scène avec Admiring La Argentina. Dès lors, il s’est produit dans le monde entier pour faire découvrir le butô au reste de la planète. Il a continué à danser avec énergie jusqu’à sa mort en 2010, à l’âge de 103 ans. Hijikata a décrit Ohno comme le « danseur du poison mortel, capable de frapper avec juste une cuillère », tandis que d’autres ont décrit sa danse comme une « danse de l’âme ».

Dans son spectacle qui porte à controverse, intitulé About Kazuo Ohno (À propos de Kazuo Ohno), Takao Kawaguchi relève le défi de littéralement« copier » la danse du maître du butô à partir d’enregistrementsen vidéo de premières de spectacles de Kazuo Ohno, des chefs-d’œuvrede son retour sur scène, incluant La Argentina (1977), My Mother (1981)et The Dead Sea, Viennese Waltz, Ghost (1985).

Réputée être grandement improvisée, la danse d’Ohno n’est pas seulement exceptionnelle en raison de son grand âge, mais aussi par les particularités de son corps et de ses mouvements, essentiels pour sa danse. Une tentative de copier sa danse telle quelle, sans rien y ajouter ni y soustraire, implique de renoncer à toute interprétation personnelle ou propre conviction du copieur et de se projeter sur les formes exactes de l’ancien danseur avec autant de précision que possible. Cependant, plus la danse est proche, plus le fossé devient apparent ; minimal mais inévitable, peu importe à quel point on essaie de le réduire. Et le paradoxe réside dans le fait que ce fossé souligne précisément les caractéristiques très distinctes du copieur. La copie devient originale.

Le spectateur projette des strates de souvenirs de Kazuo Ohno sur le corps de Kawaguchi ; et celui qui ne connaît pas la danse d’Ohno, projette ce qu’il l’imagine avoir été. Les multiples images d’Ohno et Kawaguchi se fondent, refont surface et s’estompent tour à tour. Dans un sens, About Kazuo Ohno est un duo entre Kawaguchi et l’image illusoire de Kazuo Ohno.

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Takao Kawaguchi (1962) est un danseur et performeur japonais. Après s’être initié au monde des arts du spectacle vivant avec une troupe de théâtre d’étudiants espagnols à Tokyo, il rejoint en 1985, toujours à Tokyo, le Théâtre de la Mandragore, une compagnie orientée sur le mime et le théâtre physique. Pourvu de notions d’art de la performance et de danse post-moderne et contemporaine – notions teintées de butô post-Hijikata – Kawaguchi se rend à Barcelone, où il se plonge dans les nouvelles vagues européennes de théâtre et de danse. De retour au Japon en 1990, il fonde la compagnie indépendante ATA Dance avant de rejoindre le collectif Dumb Type entre 1996 et 2008. Au tournant du millénaire, il désire poursuivre son chemin en solo et joue avec des musiciens/artistes du punk moderne, incluant Atsuhiro Itoh, Fuyuki Yamakawa et Daito Manabe. Récemment, bien qu’il n’ait pas pu voir Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno sur scène de leur vivant, Kawaguchi fait des recherches dans les archives pour travailler sur Yameru Maihime (La danseuse malade) – inspiré par des textes de Hijikata (2012) et sur About Kazuo Ohno (2013). Touch of the Other, sa dernière création en date, dont la première a eu lieu en janvier 2016 à Tokyo, s’inspire d’une étude sociologique du chercheur américain Laud Humphreys sur les relations sexuelles entre hommes dans les toilettes publiques durant les années soixante. Kawaguchi était en outre directeur du Festival international du film gay et lesbien de Tokyo entre 1996 et 1999, et a traduit Chroma de Derek Jarman en japonais en 2002.

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