A Night of Travelling Beyond Thinking

Palais de la Dynastie / Dynastiepaleis
  • 06/05 | 22:00 - 3:00

€ 25 / € 20
EN

Repas & boissons comprises

Qu’en est-il des paroles qu’un DJ adresse à la foule pour l’enflammer dans une boîte de nuit ? Que se passerait-il si, pendant qu’on danse, elles infiltraient la piste de danse et la transformaient en espace de réflexion ? La modernité a situé l’idée de la réflexion dans la lumière et la clarté, y opposant d’autres formes de connaissance ou d’état d’esprit. Par contre, comme le dit Dionysos dans Les Bacchantes : « Science n’est pas sagesse », ou toutefois pas la seule. Cette nuit explore des états de partage de connaissance au-delà du savoir codé. Un moment de réflexion sous forme de banquet, accueillant conférences et lectures de poésie, nourriture et boisson, vidéos d’artistes et un sens du rythme ; une lente transformation en fête, un DJ set, des pensées miraculeuses, une série de citations, et un voyage à travers le genre. Une longue nuit pour explorer la puissance affective de l’inconnu. Une nuit d’exploration au-delà des codes.

À voir aussi
Before the Codes : A Night of Thinking Through Senses
Mykki Blanco : Concert

Avec
des lectures de poésie et des interventions de Mykki Blanco, une vidéo de Melanie Bonajo, une performance de Nástio Mosquito avec Joseph Kusendila et une intervention ainsi qu’un DJ set de Marlene Monteiro Freitas & Andreas Merk, Betty Tchomanga, Cookie, Cláudio Silva, Flora Détraz, Gonçalo Marques, Guillaume Gardey de Soos, Johannes Krieger, Lander Patrick, Miguel Filipe, Tomás Moital, Yaw Tembe + un concert gratuit de Mykki Blanco à 01h00.

Programmé par
Daniel Blanga Gubbay et Lars Kwakkenbos

Réflexion à travers les cocktails par
Nástio Mosquito

Réflexion à travers la nourriture par
Annabel Meuleman (Picnik Catering)

Sessions musicales durant le banquet par
Juha van ‘t Zelfde / Progress Bar (Amsterdam)

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Une nuit de voyage au-delà de la pensée

Symposium : du grec sumposion, qui réfère à sumpotes, compagnon avec lequel on boit : préfixe sun- « ensemble » et potes « buveur ».

Des théories et des discussions récentes autour de la politique d’exception ont souvent pris l’image du carnaval pour comprendre sa généalogie. Plus qu’un moment libérateur, le carnaval est un moment d’exception, c’est-à-dire un moment qui, par la perception de son exception renforce la foi en ce qui est et doit être la norme. L’exception n’est pas seulement exclue de la norme, elle y est aussi fidèlement préservée en cela qu’elle consolide la perception de cette norme.

Cette nuit explore le fossé possible entre exception et excès : si l’exception est reprise par la norme de l’extérieur, l’excès peut-il, au contraire, déborder de l’intérieur sans devenir une exception évidente ? Tel pourrait être le sens du mot « au-delà ». Un excès, une démesure qui ne se cristallise pas en une forme claire permettant d’être récupérée en tant qu’exception, mais qui s’accroît plutôt de l’intérieur, refusant d’adopter un aspect, et lançant à la perception le défi de dépasser et d’estomper ses limites. Donc, si cette nuit adopte la forme d’un banquet susceptible de ressembler à un mariage, il s’agit d’une célébration sans codes, sans rôles donnés, d’un rite qu’il faut encore écrire. Elle inaugure un moment qui permet de perdre la tête et d’être qui l’on n’est pas : une longue nuit qui explore la possibilité d’une forme différente de pensée et de voyages dans l’excès. Une longue nuit qui invite à faire l’expérience du pouvoir affectif de l’inconnu.

Cette nuit propose une réflexion sous forme de banquet. Un récit construit à travers la nourriture avec quelques entrées pour interroger l’apparence des choses et des plats de résistance pour défier la construction d’identités fixes. C’est un moment de réflexion rythmé par un récit qui se déploie à travers des cocktails et un personnage créé par Nástio Mosquito, une projection de Night Soil / Fake Paradise de Melanie Bonajo, une lecture de poésie de Mykki Blanco et une intervention de Marlene Monteiro Freitas avec les interprètes et les musiciens de Bacantes et la transition graduelle vers un concert et une fête, dévoilant la possibilité de réfléchir à travers nos corps dansants.

Nous avons toujours tendance à associer l’activité de la réflexion à l’esprit plutôt qu’au corps. La modernité a défini la réflexion comme quelque chose de clair et de rationnel qui se déroule en pleine lumière. Le contraste entre les « lumières de la raison » et les « monstres des ténèbres » ont transformé la nuit en un emblème d’obscurité, reléguant d’autres formes de connaissance et d’états d’esprit – la magie, la religion, le spiritualisme, les états alterés du corps – au rang d’antithèse de la connaissance. Cette nuit sonde ces états de réflexion au-delà des codes de la pensée. Quels types de propositions politiques ou sociales peuvent émerger d’une réflexion commune dans ces espaces irrationnels et fantastiques ?

Si les réflexions sont souvent censées être écrites sur papier, transformerions-nous cet espace blanc de réflexion en une surface ou une table, recouverte de nourriture, de boissons et de fleurs ? Et qu’en est-il des mots prononcés par le DJ qui s’adresse à la foule dans une boîte de nuit ? Que se passerait-il si, pendant que nous dansons, ces mots se glissaient sur la piste de danse et la transformait en espace de réflexion ?

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