+51 Aviación, San Borja

Les Brigittines
  • 23/05 | 20:30
  • 24/05 | 20:30
  • 25/05 | 20:30
  • 26/05 | 20:30
  • 27/05 | 22:00
  • 28/05 | 18:00

€ 16 / € 13
1h 15min
JP > NL / FR

Rencontrez les artistes après la représentation du 24/05

Yudai Kamisato, tête de file d’une nouvelle génération de metteurs en scène japonais, vient pour la première fois en Europe. Il présente au Kunstenfestivaldesarts un spectacle attachant sur ses propres racines. Kamisato est né au Pérou et le titre +51 Aviacíon, San Borja réfère à l’adresse de sa grand-mère à Lima. Il considère les nikkei (les Japonais expatriés qui ont construit des communautés à travers le monde) comme un miroir de la société japonaise contemporaine. Le spectacle revient sur son déménagement au Japon, l’« ancienne patrie », alors qu’il était enfant et sur un voyage qu’il a effectué bien plus tard dans son pays natal. Naviguant entre le reportage et la fiction, le nippo-péruvien dessine une histoire interculturelle autour du Pacifique. Comme dans une odyssée contemporaine, le personnage principal erre à travers des lieux étranges, des rencontres bigarrées et des événements absurdes jusqu’à ce que la toile se referme sur son identité complexe. Une découverte.

Scénario, mise en scène & scénographie
Yudai Kamisato

Performeurs
Masahiko Ono, Wataru Omura, Mari Kodama

Création lumières
Ryoya Fudetani

Création sonore
Masashi Wada

Régisseur général
Ayumu Okubo

Dramaturgie
Hinako Arao

Productrice
Akane Nakamura

Attachées de production
Yoko Kawasaki, Megumi Mizuno

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Les Brigittines

Production
Okazaki Art Theatre, precog

Remerciements spéciaux
KAKIKUUKYAKU, Shochiku Geino, The Japan International Cooperation Foundation

Avec le soutien de
Arts Council Tokyo (Tokyo Metropolitan Foundation for History and Culture), The Saison Foundation, Agency for Cultural Affairs Government of Japan

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À propos de la pièce

Né en Amérique du Sud, à Lima, au Pérou, Yudai Kamisato est le directeur de l’Okazaki Art Theatre. Son œuvre manifeste clairement ses préoccupations sociales et politiques et traite du thème de la symbiose entre personnes qui ne sont pas en mesure de pleinement se comprendre. Il est l’un des artistes les plus en vue de la scène théâtrale japonaise contemporaine. Il a participé trois années d’affilée au Festival/Tokyo et était l’hôte du Taipei Arts Festival.

La nouvelle pièce de Kamisato s’articule autour du concept d’imin (immigrants), un thème qu’il a souvent abordé et qui le concerne de manière directe, étant donné ses propres origines. Solidement ancré dans un véritable travail d’investigation, le récit se déploie autour de lieux où il s’est rendu et de personnes qu’il a rencontrées, comme s’il voulait retracer ses propres racines. Plus spécifiquement, le récit part de Tokyo où il vit et travaille à l’heure actuelle, vers Okinawa, dont est originaire son père, puis vers la communauté nippo-péruvienne de Lima, où sa grand-mère, née à Okinawa, vit toujours.

Mais ce n’est pas tout, chemin faisant le public fait la connaissance de personnages peu connus, mais non moins captivants. Ainsi le spectacle fait référence à la vie de Seki Sano, un dramaturge considéré comme le « père du théâtre mexicain » qui était actif dans le nouveau mouvement théâtral shingeki du Japon de l’avant-guerre, mais qui fut expulsé du pays pour délit d’opinion. Il y a également une rencontre avec Ryoichi Jinnai, un entrepreneur qui, alors qu’il était attiré par le projet d’émigrer, a choisi de rester au Japon et soutient toujours les communautés et le patrimoine japonais au Pérou et dans d’autres pays d’Amérique latine. Le spectacle ne suit donc pas seulement l’odyssée de Kamisato, mais intègre aussi les péripéties et sagas d’autres individus. En soi, le spectacle peut être qualifié de méta-théâtre stratifié et interpellant qui oscille entre fiction et documentaire.

Pour les membres des communautés fondées par des émigrés japonais qui ont quitté leur pays natal et fait de leur mieux pour fonder une nouvelle vie dans un nouveau pays en se servant des institutions de l’immigration, le Japon demeure toujours « l’ancienne patrie ». Quelle est la différence entre le Japon où vit et travaille Kamisato, celui de Tokyo et de sa scène théâtrale, et celui qu’il a vu dans la communauté d’émigrés japonais à Lima ? L’œuvre nous montre une image plurielle du Japon, projetée à travers une sorte d’irradiation inversée et nous incite à observer notre vie présente – et nous-mêmes.

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Yudai Kamisato (1982) a vu le jour à Lima au Pérou, mais a grandi à Kawasaki. Il a également vécu quelques années au Paraguay et aux États-Unis. En 2003, Kamisato fonde le Okazaki Art Theatre en vue de mettre en scène et de présenter aussi bien de nouvelles pièces que des œuvres existantes. Son art combine librement l’ordinaire et l’extraordinaire et explore la corporalité d’une manière qui accentue la présence des acteurs. Cette approche caractéristique lui a valu une des plus hautes distinctions de la scène théâtrale japonaise : en 2006, Kamisato est le plus jeune lauréat à se voir décerner le premier prix de Toga (un concours pour jeunes metteurs en scène de théâtre). À cette époque, l’absence d’altérité dans la société japonaise contemporaine apparaît comme un thème de plus en plus prééminent dans ses créations. Mr Haircut (2009) figure cette même année sur la liste finale de la sélection du Kishida Drama Award qui récompense de jeunes auteurs de théâtre. À partir de 2010, il participe trois années d’affilée au Festival/Tokyo, black coffee (not for drinking) (2013) y est sélectionné pour la finale et obtient les meilleures évaluations du jury, de même que +51 Aviación, San Borja (2015), qui sera par la suite programmé au Sydney Festival 2016. Ces dernières années, Kamisato continue à écrire des pièces dans le prolongement de son intérêt pour son identité personnelle, pour les problèmes rencontrés par les immigrants et les travailleurs, pour la relation entre l’individu et sa nationalité et pour la communication avec ses contemporains.

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