Walking Oscar

6.7.9.10/05>20:30

Enfant, j'étais capable de dessiner la juste couleur de tout, sauf de la peau humaine... Finalement, je ne l'ai plus coloriée, laissant le papier s'en charger. Une écriture impressionniste et associative, celle d'Oscar van den Bogaard. Ses mots enregistrés, voix off. Paraît le chant, comme une extension du corps en mouvement, susceptible d'infléchir le texte dans différentes perspectives et vice-versa, de le commenter tout en changeant sa perception. Thomas Hauert multiplie ainsi les possibles de la danse, de la voix et du texte entrelacés. S'il puise dans les ressorts de la comédie musicale, c'est pour mieux les distendre, les subvertir et les personnaliser. Mélodie de danseurs.

Concept & mise en scène:

Thomas Hauert

Chorégraphie, danse, chant, texte & composition chanson:

Thomas Hauert, Martin Kilvady, Sara Ludi, Chrysa Parkinson, Samantha van Wissen, Mat Voorter.

Composition musique & piano:

Alejandro Petrasso

Texte:

Oscar van den Boogaard

Composition musique & ingénieur du son:

Bart Aga

Bande son:

Aliocha Van der Avoort

Conception lumières & scénographie:

Jan Van Gijsel

Costumes:

www.own.be / Thierry Rondenet & Hervé Yvrenogeau

Voice over:

Stuart McQuarrie

Directeur technique:

Jan Van Gijsel

Technicien son:

Peter Van Hoesen

Production:

ZOO

Coproduction:

Kaaitheater /KunstenFESTIVALdesArts (Brussels), Théâtre de la Ville / Festival d'Automne à Paris (Paris), Tanz Quartier Wien (Vienna), Charleroi Danses Centre chorégraphique de la Communauté française (Charleroi), Mercat de les Flors (Barcelona).

Avec le soutien de:

the Flemish Minister for Culture, Youth, Sport and Brussels Affairs, the Vlaamse Gemeenschapscommissie and Pro Helvetia Arts Council for Switserland, Kanton Solothurn, SACD (1000 hours to dance)

Remerciements à:

Nadine, Rosas, Louise Donald, Rahel Studer, Frank Vandezande, Michel Debrulle, Jan Herinckx, Mark Lorimer, Inge Ceustermans

Présentation:

Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts

Traduction texte Oscar van den Boogard vers le français:

Monique Nagielkopf

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I remember the difficulties I had as a child colouring in the human being. I used yellow, and pink and brown, I mixed the colours, but never achieved the colours of the human being, all the rest I was able to give the right colour, the clothes, the houses, the trees and the air but not the human being, the human being's skin. I found it frustrating, stopped colouring in the skin, and left it the colour of the paper.

Oscar van den Boogaard

Mars 2006

Après avoir à plusieurs reprises travaillé sur la rencontre entre la danse et le chant ( Pop-up Songbook , Do You Believe in Gravity ? Do You Trust the Pilot ? , Verosimile , More or Less Sad Songs ), Thomas Hauert et sa compagnie ZOO ont développé un spectacle qui intègre mouvement, texte et musique autour de matériel littéraire d'Oscar van den Bogaard. Walking Oscar est une sorte de « comédie musicale » qui ne respecte pas les conventions du genre. L'auteur Oscar van den Boogaard pratique une écriture non linéaire, collage de petits épisodes et de réflexions qui fait sens en profondeur. Comme dans notre cerveau, sans doute, les routes principales de ses textes croisent des pistes secondaires ou prennent des raccourcis inattendus pour aboutir à une cohérence toute personnelle. Une approche qui trouve un écho dans le travail de ZOO, compagnie délaissant les développements linéaires au profit d'une logique basée sur l'intuition et la foi dans l'individu.

Oscar van den Boogaard a livré une collection de courts passages formant un portrait (ou autoportrait) quasi impressionniste. Thomas Hauert et les danseurs de ZOO ont entrepris d'ordonner ces fragments, de les mettre en perspective(s) et en relation, de créer une nouvelle constellation à partir des associations qu'ils suscitaient au sein du groupe. Lu par l'acteur écossais Stuart McQuarrie, le texte ainsi (re)structuré traverse le spectacle sous la forme d'une bande-son. Les mouvements qui s'y ajoutent ainsi que les chansons qui l'entrecoupent, écrites par les danseurs eux-mêmes en collaboration avec Alejandro Petrasso et Bart Aga, lui répondent toujours d'une façon ou d'une autre. Tantôt ils l'interprètent ou l'illustrent, tantôt ils le questionnent ou l'infléchissent, tantôt encore ils en utilisent seulement le rythme. Walking Oscar amorce sur scène le jeu d'associations mentales que le spectateur est invité à poursuivre dans la salle. Un montage d'épisodes surgissant de l'obscurité du décor comme autant de points de vue sur l'innocence et la responsabilité, l'identité et l'adaptation, la volonté et la manipulation, le réel et l'imagination. Un montage où il est question, aussi, du sentiment de frustration lié à l'expérience que nous faisons tous de nos propres limites, de nos « inadéquations ». Une réalité que l'on ne peut regarder en face pendant trop longtemps sans en être aveuglé.

Denis Laurent

Dis bonjour aux trois autres

Ecouter une voix prononcer des mots et comprendre ou non la voix (ou écouter de la musique, une chanson, ou regarder jouer des acteurs etc.) n'est qu'une partie de l'expérience, elle comporte aussi un côté mental : tout ce qu'elle évoque pour vous. Si vous avez deux expériences ou plus, simultanément, les associations se brouillent. Cela aussi, c'est comprendre.

Observer ce phénomène et le laisser vous entraîner, vous procure une grande perspicacité et peut se révéler très excitant. Vous n'êtes pas seulement en train d'absorber ce qui se passe, des souvenirs surgissent dans votre conscience et se combinent à de nouvelles pensées, modifiant constamment votre angle envers ce que vous vivez (là il y a du mouvement dans votre esprit, de l'improvisé). Vos pensées influenceront la façon dont vous percevrez et interprèterez les prochains mots, sons, les prochaines images et les associations que vous ferez par leur intermédiaire. Qui a dit que regarder, c'est interpréter ? Ne demandez pas comment vous êtes capable de faire tout à la fois.

Toutes les expériences éveillent quelque chose dans notre mémoire, j'imagine que c'est ce qui fait ce qu'elles sont. Nous en avons beaucoup tout le temps, et elles ne fonctionnent pas que par le langage. Les associations embrouillées doivent faire un sacré raffut.

Je ne crois pas qu'il faille mélanger les textes d'Oscar (bien que jongler avec eux est fascinant). J'ai eu le privilège de les découvrir sans qu'une voix ne donne un seul indice sur la personne à qui appartient cette biographie (d'accord, la radio était peut-être allumée pendant que je lisais). Oscar nous donnait carte blanche et nous partons en balade avec son alter ego. Nous le montrons, nous le chantons, nous l'habillons, nous le confirmons, nous le contredisons, nous l'interprétons, nous l'incarnons, nous le critiquons, nous le comparons, nous le comprenons mal, nous l'obscurcissons et nous sommes sa sœur. Vous verrez et regarderez, vous écouterez et entendrez, et vous nous emmènerez en balade avec lui dans votre tête et vous nous ferez visiter le château et nous assisterons à une conférence sur les derniers développements en philosophie par la philosophe elle-même sinon certains d'entre nous seront attaqués par le méchant chien du château ou bien est-ce celui de la philosophe ? Nous sommes ainsi faits.

Thomas Hauert

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D'origine suisse allemande,Thomas Hauert (°1967) vit et travaille à Bruxelles. Il rejoint Rosas où il participe à la création de spectacles de la compagnie entre 1991 et 1994; il travaille avec Gonnie Heggen, David Zambrano et Pierre Droulers. En 1997, après la création du solo Hobokendans, il fonde ZOO et initie le projet Cows in Space, (Dans in Kortrijk, 1998) une pièce pour cinq danseurs. Cette chorégraphie obtient le prix d'Auteur et le prix Jan Fabre aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis (Bagnolet, 1998). Avec la même équipe de danseurs, il crée Pop-up Songbook (Springdance, 1999), Jetzt (Luzerntanz, 2000), Verosimile (Journée de la Danse Suisse, 2002).

Thomas Hauert reçoit le" Prix Suisse de danse et de chorégraphie 2005" pour modify (Julidans, 2004) décerné par ProTanz au spectacle le plus singulier dans le domaine de la danse contemporaine.

En parallèle à son travail de création, Thomas Hauert dirige régulièrement des ateliers et chorégraphie Ha Mais dans le cadre d'Alma Txina au Mozambique.

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