Verbindingen/ Jonctions 5

Centre Dansaert Centrum

4/05 > 20:00
5-26/05, du mercredi au samedi/van woensdag tot zaterdag/Wednesday to Sunday > 13:00-19:00

En 1997, l’asbl Constant active son premier Verbindingen/Jonctions. Urgence : favoriser l’usage créatif et critique des nouvelles technologies. Depuis 2000, ce festival est connecté au KunstenFESTIVALdesArts. En mai, il s’attaque aux ‘codes’. Qui maîtrise le code détient l’accès à ce qu’il faut savoir pour agir, manipuler, voire simuler. Programme : 5 rendez-vous en clair pour les non-initiés. Calculated Cinema ou vision des premiers films assistés par ordinateurs. Recompile with ‘–deprecations ’, atelier de programmation pour artistes, activistes et curieux. Atelier ‘Performance’ ou comment créer une œuvre à plusieurs, à distance et en temps réel. Espace de consultation pour surfer créatif, avec CD-ROM et vidéos des films populaires qui entrent dans le monde du code. Fête de clôture, enfin, clés sur porte ou codes en main pour un ‘do it yourself’ avec la matière. Bienvenue dans la ‘matrice’...

Concept & Production/Productie/Production: Constant vzw (Bruxelles/Brussel)

Coproduction/Coproductie/Coproduction: KunstenFESTIVALdesArts

Avec le soutien de/Met de steun van/Supported by: Vlaamse Gemeenschapscommissie van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest, The Institute for New Media Performance Research (INMPR) - the School of Performing Arts at the University of Surrey, Musée du Cinéma/Filmmuseum (Bruxelles/Brussel)

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Digital, le monde au bout des doigts, le monde au bout des nombres. Digital, le code binaire qui vous permet d’ouvrir les portes de la technologie informatique. Ajoutez une lettre, digitale devient corolle de fleurs pourpres dont la substance végétale soigne ou terrasse... selon l’usage, selon le dosage.

Cette année, le cinquième festival Verbindingen / Jonctions prend pour clé thématique ‘le code’. Quatre lettres. Un mot qui se faufile d’une discipline à l’autre. Qui se joue des barrières. Code informatique, code génétique, code pénal, code de comportement, d’habillement, code secret... " On pourrait lister ses occurences à l’infini. Et toujours là où l’on croit le saisir, il se révèle l’inverse de ce que l’on croyait comprendre. On parle de code pour encrypter des données et on en parle lorsqu’on élucide une séquence génétique. On se réfère au code pour infliger une sentence au tribunal et on partage le code libre dans l’aventure de Linux, qui développa pour lutter contre le monopole du ‘Windows’ de Microsoft, un code-source plus performant et non-contraignant, que l’utilisateur peut s’approprier, copier et transformer à loisir. Chaque fois qu’émerge le mot ‘code’ se pose la question de la norme ou de la déviation. Couplée à la machine informatique, l’idée de code donne l’impression d’avoir prise sur tout et de pouvoir tout simuler. Mais n’est-ce pas lui faire trop de crédit ? "

Verbindingen / Jonctions fut lancé en 1997 par l’association Constant, qui promeut l’usage créatif et critique des nouvelles technologies. " Au début, nous voulions montrer au public ce que les nouvelles technologies généraient de mieux : un hit-parade des vidéos et CD ROM les plus créatifs et les plus singuliers. Internet manque de contenus. Le secteur non-marchand et artistique peut lui en fournir en maximalisant les moyens développés par le secteur marchand. Mais on s’est vite rendu compte que montrer ne suffisait pas. Il fallait ouvrir la carrosserie de la machine et faire comprendre à tout un chacun ce qu’elle a dans le ventre : comment valoriser l’utilisation de ses ressources d’interactivité. Nous voulions aussi des partenaires culturels permanents à Bruxelles qui n’aient pas pour habitude d’inclure dans leurs activités les nouvelles technologies : Fondation pour l’Architecture, Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts, galeries et, depuis deux années, le KunstenFESTIVALdesArts. Nous sommes également disponibles pour stimuler et accompagner le développement de sites internet artistiques. "

Pour Constant, les nouvelles technologies ne sont pas seulement le lieu de nouvelles pratiques mais aussi cette jungle qui pose crûment d’importantes questions éthiques. Ces questions traversent en fait tous les secteurs de nos sociétés, mais de manière moins flagrante, sans être pour autant moins violente. " Internet réactive un tas de questions juridiques, politiques et économiques. Vaste machine à produire : qui la contrôle ? N’importe qui peut-il la contrôler ? Quelle marge laisse-t-elle à l’invention ? Comment un auteur y est-il protégé ? Qui sont les programmeurs ? Il est frappant de constater, par exemple, qu’en connaissant les caractéristiques de base d’un programme de création graphique appelé Flash, on peut d’emblée repérer toutes les images qu’il génère : elles trahissent toutes le même moule ! Il est vertigineux de constater qu’un programmeur peut inventer un langage informatique dont les formules mathématiques n’ont plus aucune correspondance avec la réalité. Cette dernière est le langage, quitte à faire l’économie de toute cohérence par rapport à ce qui est observable. C’est un saut effrayant ! "

Jonctions porte bien son nom : actions par lesquelles les choses sont mises en contact. Constant tisse donc continuellement ses fils vers d’autres disciplines. Les questions de ‘modèle’ et de ‘format imposé’, de ‘créativité’ et de ‘compétitivité’, de la relation à l’autre et du langage sont des questions qui traversent tout le KunstenFESTIVALdesArts. Constant est en lien avec nombre de philosophes, juristes, pédagogues, techniciens et artistes, avec des instituts de recherche, universités et autres associations. Et l’on ne s’étonnera pas au sein du Festival de voir s’affirmer de nettes correspondances entre un Xavier Le Roy, chorégraphe, installé aux Kaaitheater-Studio’s, les gens de Jonctions et l’événement ‘Capture’ aux Halles de Schaerbeek.

Revenons au code. Le festival Verbindingen/Jonctions 5 nous offre un voyage à travers ses mythes, ses applications et ses métaphores. La première escale est archéologique et cinématographique. Eugeni Bonet, professeur à la Faculté des Beaux-Arts de l’Université de Barcelone, vidéaste et historien averti, a concocté pour la Fondation Tapiès un étonnant programme de sept soirées qui rassemble une sélection des premiers films assistés par ordinateur. Calculated Cinema puisqu’il s’agit d’animations dont les images sont calculées par ordinateur, images abstraites qui rendent visibles sur pellicule et parfois audibles les données digitales de formules mathématiques. Bienvenue dans les balbutiements de la matrice...

La deuxième étape est laboratoire, destiné à démystifier la pratique de la programmation, à identifier les langages existants et à faire ses premiers pas en langue PHP, lingo, DHTML avec un focus particulier sur Flash... " Il est possible d’acquérir une maîtrise suffisante pour réaliser des projets conséquents et dialoguer avec des experts. L’atelier Recompile with ‘-deprecations’ est ouvert aux artistes, activistes et curieux. " Son titre vient de l’injonction donnée par le computer à l’utilisateur qui ne dispose plus d’un code actualisé : Recompilez avec ‘-déprécations’, connotation étrangement religieuse qui ordonne de recommencer pour obtenir le pardon d’une faute et l’accès... Qu’est-ce que recompiler et décompiler un code ? Un programmeur est-il un recycleur, l’inventeur d’un langage-monde autonome ou le simple exécutant d’un collage de données existantes ? Testez cela en maîtrisant l’abc du monde des codes.

Troisième étape. Un autre atelier initie à la création à distance, à plusieurs et sur le réseau internet. Lizbeth Goodman et Vesna Milanovic travaillent à l’université de Surrey près de Londres. Lizbeth est fondatrice et directrice de l’Institute for New Media Performance Research. Au départ, ces deux féministes avaient mis au point un système d’enseignement interactif à distance. Aujourd’hui, elles développent un programme expérimental autour du corps. Une ou plusieurs personnes mettent l’image du – ou de leur – corps en scène sur le net, se dédoublent et quittent leur enveloppe en direct. L’outil est en construction. Ses deux génitrices viennent en expérimenter les possibilités avec des artistes à Bruxelles.

Quatrième déclinaison du code : l’espace de consultation de Jonctions avec ordinateurs et écrans pour découvrir des sites exemplatifs, des CD ROM et – cerise sur le gâteau – un choix de films populaires dont les sujets sont liés au code, à ses secrets, à ses sésames... Et pour finir en beauté, Jonctions est complice et actif dans les soirs de fête aux Halles de Schaerbeek : l’événement ‘Capture’ décline de manière ludique et festive différents codes cryptés et non-cryptés. Une intervention spectaculaire, celle du New-yorkais Terre Thaemlitz. Praticien et théoricien de la transgression des codes, ce musicien transsexuel met en parallèle les techniques de chirurgie au laser et les techniques de musique digitale. Discussion et concert.

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