Umbelina's Cave

Beursschouwburg

40 min
EN (no translation)

10/05 – 20:00
11/05 – 20:00
12/05 – 20:00

Fort d’une double formation en sciences humaines et en arts visuels, le créateur originaire de São Paulo Leandro Nerefuh évolue dans un territoire ambigu entre le discours académique et la création artistique. À travers installations et expositions, workshops et performances, sculptures publiques et expériences d’agitprop, souvent imaginés pour des contextes spécifiques, il aborde la question de l’identité postcoloniale du Brésil en se basant sur du matériel historique auquel il donne de multiples traductions formelles. Au Kunstenfestivaldesarts, Nerefuh présente une lecture-performance, aussi solidement étayée que jouissivement créative, où il pourrait être question du mythe de l’Ameryka comme continent féminin, de son accouplement avec l’envahisseur européen et de l’avènement d’un homme nouveau dans un Brésil culturophage. Une approche singulière de l’histoire et de la culture.

Recherche & scripte
Libidiunga Cardoso

Présentation
Leandro Nerefuh

Images, accessoires & sons
Leandro Nerefuh

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Beursschouwburg

Production
Metropole Projetos (São Paulo)

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BIBLE BULL BULLIT :
Ci, mãe do mato et les technologies du genre

La Terre tourne sur elle-même à raison de 1 670 km/h sur la ligne de l’équateur. Cette vitesse décroît proportionnellement au cosinus de la latitude. Ainsi, à une latitude de 45 degrés, cet index cos(45) est égal à 0,707, et la vitesse de rotation de la Terre sur elle-même y est donc de 0,707 x 1 670 = 1 180 km/h. Malgré ces vitesses, les hiérarchies alternantes de la modernité BIBLE BULL BULLIT tournent encore sur des roues. On peut donc affirmer que la pratique artistique de Leandro Nerefuh tourne au moins à 1 670 km/h.

Vei, a Sol

Iracema (1er index économique : Le Brésil est le plus important exportateur de café, consolidant son économie dépendante de capitaux extérieurs. Iracema est le mythe de la femme indigène qui tombe amoureuse d’un homme blanc et est ainsi destituée de son appartenance autochtone. Le continent américain, féminin, est pénétré par la croisade technologique mâle. Voir José de Alencar Iracema, la légende du Ceara (1865). Voir aussi, Shakira La La La)

Erundina

Vôte vôte coandu!
Vôte vôte cuati!
Vôte vôte taiaçu!
Vôte vôte pacari!
Vôte vôte canguçu!
Êh!...

Norma Iracema (conséquences de la politique de « blanchissement » de la population menée par l’État du Brésil en tant que signe de progrès social et économique. Iracema était en fait blanche et avait des yeux bleus ! Voir O Cruzeiro 1951. Voir aussi la fille sur l’affiche de Coca-Cola, Gaby Amarantos.)

Umbelina Valéria (l’artiste Flavio de Carvalho dévoile la fictionnalisation de Norma Iracema dans un film de 1958. La femme autochtone angélique Iracema/Umbelina est emprisonnée par les sauvages (sic) et devient une Déesse. Voir Monika Lewinsky et le harcèlement en ligne.)

ENTRE PROSPERO AND CALIBAN
T’AS PERDU TA RAISON

Iracema (2e index économique. Iracema est à présent une prostituée qui vend son corps à bon marché sur l’autoroute transamazonienne inachevée. Le Brésil est soumis à une dictature militaire et le taux d’inflation atteint 41 % par an. Voir le film de Jorge Bodanzky et Orlando Senna, Iracema, Uma Transa Amazônica de 1976. Voir aussi le succès commercial phénoménal, Hit Me Baby One More Time que Britney Spears chantait à l’âge de 17 ans.)

Linda pastorinha
Que fazeis aqui?
Vim buscar meu gado,
-- Maninha,
Que eu aqui perdi

BIBLE BULL BULLIT

Gisele Bündchen (3e index économique. Spéculations sur la milliardaire juste blanche, à peine latino, intensément siliconée. Post – pré-salifère Iracema. Voir Beyoncé, ou la version XXIe siècle de Robocop éclose des années quatre-vingt : un faux pas programmé d’une nana émancipée au cœur de jeune soldat perturbé, ou une arme défaillante qui maintient le système capitalise guerrier en place. Après 26 482 745 721 de tweets et de likes, nous déclarons : Ils ont réussi !)

Meu boi bonito,
Boi alegria,
Dá um adeus
Pra toda família!

Ôh…é bumba,
Folga meu boi!
Ôh…é bumba,
Folga meu boi!

Ci, mãe do mato não queria brincar

Crédits:

Recherche & scripte
Libidiunga Cardoso

Présentation
Leandro Nerefuh

Images, accessoires & sons
Leandro Nerefuh

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Beursschouwburg

Production
Metropole Projetos (São Paulo)

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Leandro Nerefuh (1975) est un artiste dont l’œuvre s’inspire et s’appuie sur la recherche. Diplômé en Histoire de l’Art (Goldsmiths College, 2007) et détenteur d’un diplôme de troisième cycle en Humanités et Culture (London Consortium, 2009), il produit une œuvre qui traite de traductions formelles de récits historiques, avec un intérêt particulier pour l’Amérique latine. Depuis 2009, il expose dans des institutions du monde entier, telles que le Musée d’Art Moderne de São Paulo ; la Zacheta National Gallery à Varsovie ; W139 à Amsterdam, la 30e Biennale de São Paulo, le Musée Reina Sofia à Madrid ; l’ICA à Londres ; le festival Sesc Video_Brasil ; le CCCB à Barcelone. Nerefuh est également fondateur du PPUB, un parti politique actif au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.

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