Transatlantic or the Foreign Correspondent

Différents lieux dans la ville

It’s May, it must be Brussels

1. Unpacking

3/05 > 20:00 → CentreduFESTIVALcentrum

5/05 > 16:00 → CentreduFESTIVALcentrum

2. Misguided tour

11/05 > 15:00 → Godfried van Bouillon, Koningsplein

12/05 > 15:00 → Godefroid de Bouillon, Place Royale

3. Quarrels…?!

17/05 > 18:45 William Kentridge → Kaaitheater

18/05 > 18:30 Forced Entertainment → de bottelarij

4. Packing

24/05 > time t.b.c. → CentreduFESTIVALcentrum

25/05 > time t.b.c. → CentreduFESTIVALcentrum

Pour sa septième édition, le KunstenFESTIVALdesArts vous propose un guide. Ange ou démon, l'Argentin de Buenos Aires, Alejandro Tantanian, est aussi passeur, clown, philosophe que menteur. Déjà présent en 1998, avec la compagnie El Periférico de Objetos, il nous revient faisant fonction de correspondant étranger, " d'envoyé spécial ". On le convie à donner ses impressions sur le festival et sur la ville. On le convie à tenir un journal, un carnet de voyage. On sait qu'il va intervenir sous une forme qui laissera libre cours à son imagination hybride, " moitié Hyde moitié Jeckill". Jour après jour, il descendra dans les limbes et on s'attend à ce que rien n'échappe à son œil sensible : ni l'obscur, ni le lumineux, ni la ville, ni l'artiste, ni le public.

Un projet sur la ville de Bruxelles (une visite guidée?) et le KunstenFESTIVALdesArts (un jeu guidé?) par Alejandro Tantanian

Avec:

Alejandro Tantanian,

Edgardo Rudnitzky (Unpacking)

Maria Marta Colusi (Unpacking)

Assistant :

Hendrik De Smedt

Remerciement à:

Solitude (Stuttgart),

Paleis van Keizer Karel vzw/Palais de Charles Quint asbl, Fonds Bellevue

Trevor Wells

Production & présentation:

KunstenFESTIVALdesArts

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Transatlantique ou le Correspondant Etranger

(Le texte du sosie 1 )

Avant de m'étendre sur le sujet qui nous préoccupe - ma présence parmi vous en mai prochain - (et avant que l'obscur ne s'éveille), permettez-moi de me présenter : Je m'appelle Alejandro Tantanian 2 et j'ai toujours voulu être chanteur.

Cette activité aurait dû, inexorablement, me mener aux sommets de la popularité et de la gloire.

Mais voilà, le monde, mes professeurs, mon entourage et la société tout entière m'a renvoyé d'autres images, plus troubles : celle d'un auteur mortifié dans ses mots et fantômes, et celle d'un metteur en scène indiquant, bras gauche étendu, cette impossible scène dans un cadre sépia et rigoureux.

Puisqu'on ne peut échapper à son destin (inutile de chercher à vouloir voler), Alejandro Tantanian, c'est-à-dire moi, me suis donc défini comme auteur, directeur et chanteur (je ne baisse pas les bras, je ne me résigne pas).

En acceptant mon destin, j'ai reçu différentes récompenses pour mes pièces, j'ai été lauréat d'une bourse à l'Académie Schloss Solitude de Stuttgart et j'ai appartenu au groupe El Periférico de Objetos qui, par deux fois, a visité votre ville et votre festival.

Venons-en au fait : l'offre a été déposée sur une table de café. Septembre 2001 battait son plein, la ville respirait un air qui n'est pas celui que nous respirons aujourd'hui : corrompu de douleur et d'espoir. C'était la troisième édition du festival international de Buenos Aires, nous étions, Celesta et moi, dans un café de l'Avenida de Mayo (une célèbre artère de cette ville punie et admirable).

QUI ETES-VOUS ?

Dans ce café, on a donc scellé un contrat qui me met maintenant face à ce délicat engagement qui consiste à mettre en mots ce qui me mènera jusqu'à vous. Ce texte est construit à partir de mes deux personnalités. JE SUIS ICI. JE ME SUIS REVEILLE. On est en janvier 2002. L'année vient à peine de commencer et le pays traverse un des moments les plus pénibles de son histoire. Je suis ici (avec mon côté OBSCUR et mon côté lumineux), devant l'écran de mon PC, dans la solitude ocre de ma maison, j'essaye d'écrire un texte qui parle de ma présence là-bas, à Bruxelles, en mai 2002.

Il est nécessaire de clarifier ce que je veux dire par " mes deux côtés " FAIS-LE BATARD ! : deux êtres profondément antagonistes cohabitent en moi (et si je clarifie ceci c'est juste parce que, tôt ou tard, les deux écriront ce texte. MAIS NOUS L'AVONS DÉJÀ FAIT, TROU DUC ! Nous sommes deux à dicter ces mots en cette nuit de janvier). L'un des deux essaye de déjouer les pièges de la solennité, celui qui chante, celui qui essaie de rendre le texte amusant et lumineux (c'est le même qui entrecoupe le texte de notes en bas de page) ; l'autre est celui qui aime l'allemand, le Wagnérien, celui qui habite les nuances - (Il est JE SUIS LE MAITRE DU TEXTE, il écrit le texte qui suit, il me dit de partir, ARRETE CETTE STUPIDE INTRODUCTION, et je dois lui obéir, je dois partir, je dois lui laisser les mo

Descendre en enfer disent ceux qui témoignent, n'est pas une activité normale. Il y a, et cela doit être dit, certaines théories qui classent ce genre d'expéditions comme les travaux d'esprits " enfiévrés ".

Le fait est que, quelle que soit la théorie que vous soutenez, tous les témoignages de voyageurs qui ont traversé les limites de la vie, nous permettent de nous souvenir des oubliés.

3

Celui qui descend 4, c'est ce qu'on peut lire4 ,abandonne ce qu'il a été pour devenir un autre, et se perdre dans les profondeurs des ténèbres pour changer de peau, de conscience. Une fois qu'on a traversé la mort, personne ne peut être identique à l'image qu'il a abandonnée dans la lumière - celle que les miroirs ont dévorée -

La mort, avec son outil, l'a complètement changée et transformée 5.

Le poète descend en Enfer afin de trouver le mot. En Enfer, pas de miroirs. Une brèche dans la roche, c'est une porte. La brèche est cet espace que la roche fournit au silence de la roche. Un mot est un point de tension entre deux silences 6.

7

Dans le Monde souterrain, le paysage est dominé par l'existence de certains objets que, ici, du côté de la lumière, nous appelons communément " cages" 8.


1.Un homme reste là, dans l'espace, à regarder attentivement,

Puissamment, tourmenté, il tord ses doigts .

Son expression m'horrifie,

La lune me montre mes formes.

Heinrich Heine

2.Né un 23 mai 1966 à l'hôpital allemand de Buenos Aires, pour être précis, à 10h05. - " La matière allemande " a eu une place de prédilection dans ma destinée, non seulement parce que je suis né avec des gens qui parlaient l'allemand, mais aussi parce que mon amour pour la littérature et le théâtre est né des mains de certains " Allemands illustres ". Je vous prie de me pardonner, mais je tairai leurs noms ici.

3.Je décide de souiller ce texte. Nous perdons ainsi, sous ma tache, plusieurs paragraphes, tous écrits par le côté Hyde de ma personnalité : sombres descriptions de l'enfer. Détails anatomiques des habitants du lieu, détails morbides. Ce n'est pas une bonne lecture. Ce n'est pas une bonne façon de se présenter. Mon séjour à Bruxelles n'a rien à voir avec les enfers et l'anatomie. J'y serai pour échanger des expériences. Je serai le correspondant étranger.

4.Rien ne peut être lu. Arrête ce texte, andouille ! Je suis là, en notes de bas de page pour te déclarer la guerre. Toujours. Et la bataille sera mienne. Au moins celle-ci. Je ne supporte plus ton omnipotence. Il faut que cela finisse. Quels sont tes plans ? Me laisser sans idée pour l'édition du KunstenFESTIVALdesArts ? Essayes-tu de prendre ma place ? As-tu l'intention de me ruiner ? Tu ne me vaincras pas. Ça je te l'assure.

5.J'espère que la mort viendra. Et qu'elle t'emportera.

6.Le poète descend en Enfer afin de trouver le mot. (...) Le mot est un point de tension entre deux silences. Ces " phrases " sont extraites du papyrus abandonné dans le canton Ouest, à côté de la caverne de Pindaro où - il est dit - étaient célébrés les mystères Orphiques pendant des décennies. Il est dit (des preuves dignes de confiance n'existant pas) qu'Isengolheim XIII était l'un des derniers initiés qui restait dans la haute ville après l'invasion sanglante dirigée par l'épée de Magharth le Brun, dirigeant l'empire Olixedricum, qui a définitivement éliminé toutes les religions " hérétiques ".

Qu'est-ce que tu fous dans ces notes en bas de page ? Fous le camp. C'est mon territoire. Les notes en bas de page sont miennes, putain de bâtard !

7. Une autre tache. Une tache de sang. Et je ne vous dirai pas qui saigne.

8.Cage ? La meilleure place pour garder un sauvage ou capturer des choses qui glissent, qui échappent. Ainsi, c'est ta place. La cage. Tu es le côté sauvage, le côté glissant. Voilà. Terminé. Je dois parler maintenant, c'est mon tour. Arrêter cette bagarre de mots et dire ce que je vais faire à Bruxelles DANS UNE CAGE. Tu n'es pas autorisé à parler. Tu es emprisonné dans une cage. ET ALORS ? JE SUIS DANS UNE CAGE, MAIS JE NE SUIS PAS SANS VOIX. TU FERAS CE QUE JE VEUX A BRUXELLES. TU SERAS GUIDE VERS LES MONDES SOUTERRAINS. Sors de mes mots. LA LIBERTE EST UN DES CONCEPTS QUE LA CAGE VEHICULE TOUT EN LE NIANT. ET MEME PLUS : LA CAGE QUI RETIENT L'OISEAU N'EST PAS CELLE QUI EMPRISONNE LE SAUVAGE. Qu'est-ce que cela signifie ? Absurdité. Je vais rencontrer d'autres artistes, écrire un journal du festival et de la ville. Partager mes expériences. Tu resteras prisonnier de ta cage. Je serai seul à Bruxelles. La porte de la cage restera fermée. CHAQUE PORTE MENE A UN ENDROIT. TRAVERSER UNE PORTE OFFRE TOUJOURS AU MARCHEUR, VOILE OU NON, UN CARREFOUR. ET LE MARCHEUR DECIDE DES CHOSES A VENIR. C'EST LUI QUI AFFRONTE ET RESOUT L'ENIGME QUI SE TROUVE DE L'AUTRE COTE. J'ai dit STOP. Je serai à Bruxelles TRAVERSANT L'ENFER OU VISITANT DES PAYSAGES INCONNUS. VIENS AVEC MOI. ON peut visiter des CAGES, DESCENDRE DANS LES REGIONS NIEES OU monter dans les limbes lointaines. Le voyage, C'EST PREVU, passera par la ville de Bruxelles. Date convenue: MAI 2002. NOUS serons LA.

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