The Party

Théâtre National

10, 11, 12/05 – 20:15
HUN > NL / FR
2h

Après s’être retiré de la scène internationale durant quelques années pour mettre sa pratique à l’épreuve du réel dans une communauté rurale de Transylvanie, le grand maître du théâtre hongrois Árpád Schilling a recommencé à créer des spectacles avec sa compagnie Krétakör. Mais dans le formidable The Priestess présenté au Kunstenfestivaldesarts 2012 comme dans sa nouvelle création, son œuvre a désormais partie intimement liée avec l’éducation. Schilling interroge le rôle de l’enseignement dans le développement politique et social d’un pays. The Party met en scène une petite ville en symbole de la Hongrie, une sorte d’« anti-Europe » où l’art et les idées critiques se voient muselés, sur fond de démagogie, de corruption et de discrimination. Le Parti autocratique s’insinue comme un poison dans l’existence des villageois. Schilling nous rend témoins de la fragilité d’une démocratie qui oblige à choisir entre la sécurité et la liberté. Sa colère est palpable. Une prise de position artistique urgente.

Écriture & mise en scène
Árpád Schilling

Installations vidéo
Zágon Nagy, Máté Tóth-Ridovics

Musique
Lawrence Williams & Imre Lichtenberger Bozoki

Avec
Matthieu Gary, Fragan Gehlker, Emőke Kiss-Végh, Zsolt Nagy, Tamás Ördög, Lilla Sárosdi, Tünde Szalontay, Vasil Tasevski, Sándor Terhes, Marc Vittecoq

The Party Band
Imre Bozsóki, Levente Boross, Ernő Hock, Ádám Mészáros, Juliette Navis, Lawrence Williams

Les étudiants de la Krétakör Free School
Balázs Dohy, Anna Fundelius, Ajna Kertész, Attila Komán, Ágnes Márton, Kristóf Nagy, Alexandra Oláh, Nóra Schultz, Donát Seres

Coordinateur Free School & professeur d’art dramatique
Bálint Juhász

Contributeurs Free School
Ádám Bethlenfalvy, Sára Szilágyi

Traductions paroles
Péter Závada

Costumes
Fruzsina Nagy

Assistants costumes
Dóra Pattantyús

Animation
Zoltán Ásmány, Balázs Sánta, Balázs Turai

Équipe film
Bence Benyusz, Mari Boross, Kristóf Deák, Xénia Fekete, Szabolcs Galgóczy, Szabolcs Gáspár, Ádám Halász, Tamás Hámori, Ambrus Hernádi, Kornél Hidas, Sándor Huszár, Attila Kovács, Kata Kővári, Ferenc Krámli, Sára Levendel, Péter Lukács, Csaba Mecseki, Zsófia Muhi, Veronika Nemes-Jeles, Tamás Németh, Zsolt Mona, Ferenc Nagy, László Nagy-Kardos, József Simon, András Táborosi, Zsófia Tálas, Csaba Tóth, László Zsoldos

Graphisme
Dániel Sánta, Balázs Turai

Dramaturgie
Bence Bíró

Son
Zoltán Belényesi

Directeur technique & lumières
András Éltető

Assistante mise en scène
Eszter Salamon

Chargés de production
Edina Schőn, Márton Gulyás

R.P.
Linda Potyondi, Móni Polgár

Merci à
Ágh Márton

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Théâtre National de la Communauté française

Production
Krétakör (Budapest)

Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, Trafó House of Contemporary Art (Budapest), Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, steirischer herbst (Graz)

Avec le soutien de
Szélkerék Ltd., Open Society Foundation

Partenaires
Bakelit Multi Art Center, Vision Team

Projet coproduit par
NXTSTP, avec le soutien du Programme Culture de l’Union Européenne

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The Party

« Les choses devraient appartenir à ceux qui en prennent soin. »
Bertolt Brecht

La nouvelle production d’Árpád Schilling encourage tout un chacun à repenser la vie publique : aussi bien les postulats de ceux qui sont critiques vis-à-vis du système actuel que les propos de ceux qui estiment que tout va bien ainsi. Le spectacle traite de questions comme : « Comment le Parti accède-t-il au pouvoir ? », « Comment la démocratie devient-elle le jouet du pouvoir ? », « Comment se fait-il qu’on n’arrête jamais de parler du Parti ? », « A quoi sert le Parti ? » et « Comment opère le Parti ? »

The Party se déroule dans une bourgade qui symbolise la Hongrie, une sorte d’ « anti-Europe » ou art critique et points de vue divergents sont opprimes et ou démagogie, populisme et xénophobie sont en plein essor. Le Parti autocratique s’ingère dans la vie des villageois tel un poison insidieux. Árpád Schilling donne au public l’occasion de quitter l’espace homogène du théâtre pour entrer dans la vraie vie, ou il est témoin de la fragilité de la démocratie. Le choix à opérer se fait entre sécurité et liberté ; la fureur est tangible.

Le spectacle marie théâtre, concert, cinéma et cirque.

Les musiciens
Ils tournent à travers l’Europe avec des concerts innovants. La présente tournée fait partie d’un projet plus vaste de l’Union européenne qui examine les phénomènes sociaux actuels et a pour objectif d’aider les citoyens européens à faire leur choix aux élections européennes.

Les comédiens
Les comédiens de Krétakör incarnent des habitants d’une petite localité hongroise. Au début, ils interprètent des saynètes qui soulignent les caractéristiques de la société hongroise. Ensuite, on voit deux couples – le directeur de l’école et sa femme, et un entrepreneur prospère et sa femme – pendant le déjeuner dominical. Aucun d’entre eux ne peut s’empêcher de se plaindre à propos de la vie, de la politique, des minorités ethniques, etc. On en vient à se demander : mais pourquoi donc n’entreprennent-ils rien s’ils sont tellement insatisfaits ? L’occasion leur est donnée lors de l’élection du maire du village. Mais bien vite, il s’avère que son élection ne résout rien. Le Parti s’immisce dans la vie des amis et des familles. Les quatre découvrent lentement et péniblement le sens de la démocratie.

L’École libre de Krétakör
L’Ecole libre est un programme artistique innovateur, comprenant un volet social, destine à des élèves de 14 à 18 ans. Un thème parmi d’autres que ces derniers abordent est l’anomalie que représente une élection d’apparence démocratique. Ils invitent le public a un forum de discussion sur le sens de leur génération.

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Árpád Schilling (°1974) est metteur en scène de théâtre et directeur artistique de Krétakör. Dès l’âge de 19 ans, il commence à monter des pièces de théâtre. En 1995, l’année où il entame des études de mise en scène à l’académie de théâtre et de cinéma à Budapest, il fonde le Krétakör Theatre qu’il dirige en parallèle à ses études. De 1998 à 2000, à la demande de Gábor Zsámbéki, il est metteur en scène invité du théâtre Katona József, une institution de renommée mondiale. En 1999, il met en scène Platonov de Tchekhov avec les étudiants du Théâtre National de Strasbourg dans le cadre de l’European Theatre Union festival. La même année, il remporte le prix des critiques hongrois de théâtre dans la catégorie des « professionnels émergents » pour sa production de Public Enemy d’István Tasnádi au Katona József Theater. Après avoir refusé plusieurs propositions de rejoindre des théâtres institutionnels, il transforme, avec le responsable culturel Máté Gáspár, le Krétakör Theate en compagnie de théâtre permanente. Leurs œuvres les plus emblématiques sont le Baal de Bertolt Brecht en 1999, W-workerscirkus inspiré de Woyzeck de Büchner en 2001, et La Mouette de Tchekhov, dont la première a eu lieu en 2003.

En 2008, Árpád Schilling restructure son équipe créative, la faisant passer d’un système de répertoire à un mode de travail qui repose sur des projets. Il élimine en outre le mot « théâtre » pour ne garder que le nom de Krétakör. Il se lance dans une expérience artistique de grande envergure, qui se focalise sur l’éducation, le développement social et la stimulation du talent. De 2008 à 2011, il assure la fonction de directeur artistique de différents programmes culturels et pédagogiques, en Hongrie et à l’étranger, portant ses projets dans des écoles, de petites localités et des communautés éloignées en difficulté. En 2006, il est professeur invité au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique (CNSAD) à Paris, en 2009, il enseigne au Centre national des Arts du Cirque (CNAC) à Châlons-en-Champagne, et en 2011 à l’École nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) à Lyon. En octobre 2012, il présente son propre spectacle, Noéplanete, au Théâtre National de Chaillot à Paris, et en décembre, il met en scène Rigoletto de Verdi au Bayerische Staatsoper à Munich. En 2013, il travaille à la fois à Klagenfurt en Autriche, où il dirige Idoménée, roi de Crète de Mozart et enseigne à La Manufacture (HETSR) à Lausanne. Il remporte de nombreux prix, dont le prix Stanislavski à Moscou en 2005 et le Europe Theatre Prize dans la catégorie des nouvelles réalités théâtrales en 2009, un an après avoir reçu la Légion d’Honneur des mains du ministre français de la Culture. En 2014, Schilling met en scène La Damnation de Faust de Berlioz au Théâtre de Bâle et L’affaire Makropulos de Leoš Janáček au Bayerische Staatsoper. Il enseigne aussi à l’école du Théâtre National de Strasbourg (TNS).

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