The Cutting

Kladaradatsch! Palace

11, 13, 15, 17, 19, 21, 23 Mei/Mai/May 20:00
10, 12, 14, 16, 18, 20, 22 Mei/Mai/May 18:00
Duur/Durée/Duration: +/- 1:30
Wereldpremière/Première mondiale/Worldpremière

Un chemin creux, deux voitures, phares allumés, moteur silencieux, trois hommes perdus, le ventre ouvert, et le mystère total sur le pourquoi de leur présence dans ce bois, une nuit. Peter Missotten réalise The Cutting qui signifie l'entaille dans la peau, le chemin creux et le montage au cinéma. C'est un thriller philosophique et loufoque sur la perte de causalité. Paul Pourveur en écrit le scénario en lui appliquant les théories de la mécanique quantique et de la relativité. Trois personnages pour trois réactions, opposées, à la disparition de toute logique. Spice Girls et Sherlock Holmes versus Albert Einstein...

Een film van/Un film de/A film by: Peter Missotten, Bram Smeyers

Scenario/Scénario: Paul Pourveur
Acteurs/Actors: Geert Vaes, Benjamin Verdonck, Joost Wijnant
Fotografie/Photographie/Photography: Jan Dellaert
Montage/Editing: Nico Leunen
Geluidsband/Bande Son/Soundtrack: Klaas Verpoest e.a.
Regieassistent/Assistant à la mise en scène/First assistant: Stoffel Van Verrewegen
Electro's/Electriciens/Electricians: Tom Reniers, Jan Van Ghysens
Opnameleiding/Régisseur/Location manager: Johan Ghysens
Assistent opnameleiding/Régisseur adjoint/Assistant location manager: Gunther Robeets
Catering: Dirk Gillis
Visual Fx Supervisor: Wies Hermans
Visual Fx make-up: Fransesco Rossi
Productie/Production: Hans Bocxstael - De Filmfabriek (Bierbeek)
Coproductie/Coproduction: Fonds Film in Vlaanderen, Folkwang Institut für Medientechnologie (D), KunstenFESTIVALdesArts
Presentatie: Kladaradatsch! Palace, KunstenFESTIVALdesArts

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Une forêt dense cisaillée par un chemin creux. C'est la nuit. Deux voitures y sont encaissées, phares allumés, moteur réduit au silence. Un homme, un deuxième, un troisième vont et viennent dans le halo. Attirés comme des insectes par la lumière, ils tentent continuellement de s'en échapper en rampant mais reviennent à chaque fois brutalement à leur point de départ.

Tragédie scientifique, absurde et saugrenue, d'un espace-temps éternellement courbe, retournant inlassablement à lui-même...

« The Cutting est un thriller philosophique sur la relativité et l'incertitude. Son titre est équivoque. Il signifie l'entaille dans la peau, un chemin creux dans un bois, le découpage cinématographique qui peut, par le montage, varier les points de vue et créer un espace et un temps relatifs. The Cutting est une analyse tranchante des sempiternels pensées, rêves et comportements humains. »

Venu du théâtre, Paul Pourveur signe ce scénario loufoque et caustique tourné par Peter Missotten. Sa dramaturgie est inspirée par la nouvelle perception du monde issue de la mécanique quantique et de la relativité. Pour preuve, les sources de The Cutting surgissent des pages de Heisenberg, d'Einstein mais aussi de Jung.

The Cutting part d'une situation banale.
Debout sur une crête qui domine un paysage industriel, Wout et Frank discutent comme des amis de longue date. Wout dit qu'il ne veut pas mourir à cause d'une causalité déplacée et qu'Einstein affirme qu'il est illusoire de faire une distinction entre le passé, le présent et le futur. Frank acquiesce en citant les Spice Girls - « plus baisables à son goût que cette vieille croûte d'Einstein » - : « Si tu veux l'avenir, oublie le passé... ».
Soudain, s'installe la parano : « Nous formons une cible idéale, il faut nous séparer. » Ils craignent apparemment les conséquences d'une action passée. Ils décident de s'enfuir l'un vers le sud, l'autre vers le nord, et d'opérer après six mois une rotation de 180° pour savourer la joie des retrouvailles dans un endroit idyllique : le barrage de la Gileppe, leur Niagara. Trois mois plus tard, sans avoir changé de direction, ils se retrouvent par accident dans ‘the cutting', chemin encaissé dans une nuit d'arbres, de lapins sauvages et de gémissements bizarres. Ils se heurtent à Paul, leur assassin présumé.

Peter Missotten : « Je voulais faire un film avec un chemin creux et deux voitures, y déposer trois hommes blessés qui tentent de résoudre leur angoisse en discutant et de réparer leur profonde estafilade en faisant de la couture artisanale. Avec tout l'arrière-fond philosophique de ses discussions scientifiques, Paul Pourveur a créé des caractères dessinés comme des éventualités de comportements : Wout qui relativise tout, Frank, l'obsédé de la copulation, et Paul, le déterministe borné, persuadé du lien logique entre une cause et son effet. Leur situation d'urgence - une hémorragie - permettait de développer jusqu'au ridicule la candeur héroïque de leur mâle solidarité, ce côté ‘vaincre ses limites', l'obsession de vouloir tout comprendre. »

Paul Pourveur : « Le destin de ces trois personnages est prédictible. On est dans une réalité causale. Mais à l'intérieur de cette réalité, de ce nulle part creux, c'est le règne de l'incertitude : le passé et le présent courent ensemble, le nord et le sud sont au même endroit. Plus rien n'est explicable et cette perte de causalité devient un cauchemar, comme une entaille dans la chair : à l'extérieur, la peau est familère, une fois cette surface coupée, on découvre un intérieur organique, apparemment chaotique et abstrait. Cet inconnu effraie. Il faut coûte que coûte refermer la plaie. Comme dans le film, il faut échapper à ce sentier lumineux qui cisaille la forêt : se tapir dans la pénombre devient plus rassurant que subir cette situation-prison gouvernée par l'aléatoire. »

Peter Missotten : « Ce qui est génial dans les dialogues de Paul, c'est que les acteurs - ils sont très jeunes - peuvent porter son ‘parler scientifique' avec un naturel extrême. Leurs conversations sont d'une simplicité désarmante car ils sont dans la conviction et le danger. En outre, les théories sur la relativité et la synchronicité sont le fondement même de tout thriller. Une image seule est toujours muette et ne signifie rien : elle attend d'être reliée à un son pour avoir du sens. Si l'on décale l'information-son de l'information-image, la tension surgit et se crée le suspense. Si par le montage, on perturbe ensuite les liens de cause à effets, l'angoisse naît puisque la conséquence d'un indice fait irruption là où on ne l'attendait pas. Si un fragment de réalité montré est remplacé par un autre qui témoigne d'une version différente, la perception est troublée et s'installe le doute. C'est passionnant. A cet égard, le scénario de Paul témoigne d'une construction rigoureuse. En fait, l'histoire - le qui, le quoi, le comment et le pourquoi - est en dehors du film. Dans le film, il n'y que des conséquences et le seul résultat de leurs brillantes cogitations, c'est la mort dérisoire de trois types qui s'empêchent de rire car leur blessure leur fait mal. »

Paul Pourveur : « Le théâtre a évolué vers de nouvelles formes de dramaturgie qui n'étaient plus basées uniquement sur la psychologie. La télévision est restée horriblement traditionnelle : elle donne l'illusion que tout est compréhensible en quelques minutes car elle se doit d'être reposante et réconfortante. The Cutting essaie d'échapper à la causalité, de générer l'incertitude... »

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