Terres de Confusion

Filmmuseum / Musée du Cinéma

11/05 > 20:30
12/05 > 20:00
13/05 > 10:30 & 14:00
13/05 > 15:30 > Debate

FR - 60’

À Almeria, Khadiri regarde le ciel et tout en parlant, lève sa main à hauteur de regard : " Le soleil est quelque chose d'immense non ? Autrefois les gens le priaient. Mais ma main peut le masquer. Aujourd’hui, le pouvoir de l'intelligence est immense et sert à masquer beaucoup de choses. Si tu dresses une vérité contre une autre vérité, tu peux l'étouffer ; l'occulter ; faire disparaître la réalité. "

Un film avec dans et hors du cadre : Soufian, Issan, Elena, Ernesto, Ale, Adam, Khadiri, Bob, Noémi, Pilou, Janeth, Juanco, Titou, Ibrahim … et tous ceux dont les noms ne s’impriment pas.

Réalisatrice : Paola Stevenne

Montage : Anne De Jaer

Chefs opérateurs : Rémon Fromont alias le soleil, Ichame le Libanais alias Alaouié

Son : Fredo Merto alias Fredouille

Assistant réalisateur : Simon le fou alias Backès

Régisseur & complice : Serge Thiry

Traducteur et complice : Fab’ alias Fabrice George

Assistante de production : Maude Roupsard

Administratrice : Maggy Souris

Productrice : Isabelle Truc

Production : Iota production (Brussel/Bruxelles)

Coproduction : RTBF, ARTE, Communauté française de Belgique, Wallonie Image Production (W.I.P.), Luna Blue Films, KunstenFESTIVALdesArts

Présentation : Filmmuseum/Musée du Cinéma, KunstenFESTIVALdesArts Back to top

À Almeria, Khadiri regarde le ciel et lève la main à hauteur de regard : " Le soleil est quelque chose d'immense non ? Autrefois les gens priaient pour lui. Mais ma main peut le masquer. Si tu dresses une vérité contre une autre vérité, tu peux l'étouffer ; l'occulter ; faire disparaître la réalité. "

Paola Stevenne:

" J’avais cinq ans la première fois que j’ai vu l’aéroport de Zaventem. Je venais de Santiago du Chili. Ma mère fuyait la dictature militaire. Plus tard, je suis repartie en Amérique latine, mais après un an, j’ai décidé que ma vie était en Belgique. En revenant, je me suis fait des amis dans l’avion. Mais à l’escale à Madrid, ils ont eu des problèmes avec la police d’immigration. C’est là que j’ai compris que dans les années ’70, j’avais eu pas mal de chance : les centres fermés n’existaient pas encore. Je suis revenue en juillet, quatre jours après mon retour, il y a eu une évasion du centre fermé à Steenokkerzeel. J’avais envie d’aller voir ce qui se passait. J’ai rencontré des gens, reçu des lettres. Quelques mois après, on a assassiné Semira Adamu, la jeune Nigériane que l’on tentait d’expulser. Quelques semaines après l’événement, on n’a plus rien entendu dans les médias. J’ai eu envie que ça ne tombe pas dans le silence. J’avais envie de raconter une histoire belge, l’histoire de Schengen. "

" Schengen, c’était au moment de la chute du mur de Berlin. Schengen a refait un mur de 10 mètres de haut à Ceuta, sur la frontière entre l’Espagne et le Maroc. J’avais envie de traverser la zone Schengen en partant du Sud et en allant de plus en plus au Nord. Peut-être parce que je comprends mieux les codes du Sud, les désirs, les peuples. J’avais envie de voir ce qui changeait. Avec un sentiment qui est devenu plus profond qu’au départ, que la loi est une fiction. Et que la réalité, c’est autre chose. En quatre mois et demi, je suis passée de Ceuta, à Madrid, de Marseille, en Andalousie, de Paris, à Bruxelles, de Berlin, aux frontières de la Pologne. J’ai cherché ce que signifie " être étranger " en Europe aujourd’hui. J’ai écouté les histoires, les souvenirs, les espoirs, les peurs et les plans des " étrangers ". Un point de vue subjectif, fait de sensations, de sentiments, de rencontres. "

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