Take The Floor

KVS_BOL

1h
FR > NL

27/05 – 20:00
28/05 – 20:00
29/05 – 20:00
30/05 – 18:00

Michel François crée un spectacle de théâtre ! Le célèbre plasticien belge a reçu du Kunstenfestivaldesarts une commande sans équivoque : imaginer une pièce à la mesure de la grande salle du KVS. Avec la collaboration de sa fille, la jeune actrice Léone François, l’artiste entend littéralement « mettre sur scène » le rituel théâtral et tous les éléments pratiques, techniques et architecturaux qui l’entourent. Avec un regard candide et une énergie sans limites, il investit l’espace du théâtre, en explose tous les codes et fabrique avec les décombres un spectacle où acteurs et spectateurs, lumière et son, parterre et plateau inversent leur rôle en permanence. Tout est là, mais tout est déplacé et réagencé différemment. Oubliez ce que vous pensiez savoir du théâtre : déjouant effrontément les attentes, cette création ouvre à une expérience hors normes, un dérèglement des sens.

De & avec
Michel François, Léone François

Performeurs
Sylvain Courbois, Colline Libon

Dramaturgie
Guillaume Désanges

Directeur technique & lumières
Philippe Baste

Son
Christophe Rault

Collaboration artistique
Ann Veronica Janssens

Accessoiriste
Ravit Bechor

Assistante production
Vera Andeweg

Assistant technique
Gaspar Schelck

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, KVS

Production
Kunstenfestivaldesarts

Coproduction
Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre du programme New Settings

Une nouvelle version de la pièce sera présentée en novembre 2015 au Théâtre de la Cité Internationale (Paris) dans le cadre du programme New Settings

Avec le soutien de
Fédération Wallonie-Bruxelles

Performance soutenue par
Xavier Hufkens (Bruxelles)

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Invité à penser un projet pour la scène, Michel François, sculpteur, vidéaste et photographe, a choisi d’y associer sa fille Léone, jeune comédienne, et de réaliser ce spectacle-performance avec elle.

Ce point de départ, qui motive l’apparition des événements scéniques auxquels nous assistons, entend être « exercé », plus que commenté.

En surface, Take The Floor est un spectacle expérimental sur la sculpture, ou plutôt un spectacle de sculpture. Sur sa possibilité de (ou sa résistance à) être théâtralisée. Sur cette émouvante capacité d’une image à surgir de la matière. Pour ce faire, le spectacle joue sur des interactions entre des corps, des récits personnels, des objets, des matières, et le théâtre lui-même devient l’outil et la matière pour produire ces évènements, ces actions sculpturales. À partir d’un ensemble de matériaux et de dispositifs convoqués ou déjà présents se créé une sorte de symphonie plastique, qui joue sur des tensions entre l’animé et l’inanimé, le contrôle et l’improvisation, l’ordre et le chaos, la narration orale et la matière muette.

Des faits ont lieu qui convoquent le temps : les glaçons fondent, les matières se morcellent, l’eau coule, le plâtre prend, la lumière du jour fait place à l’obscurité, les actions se répètent, la roue tourne…

En profondeur, le cœur du projet est un réseau de relations.

Une relation entre un plasticien et une comédienne, et donc, une confrontation de deux disciplines qui impliquent deux relations différentes à l’espace et au temps. Quelle part théâtrale dans la sculpture ? Quelle part sculpturale dans le théâtre ? Peut-on sur un terrain de jeu faire une partie avec d’autres règles que ce pour quoi il a été conçu ? Quels types de relations de « synesthésie » (le passage d’un sens à un autre) existe-t-il entre deux domaines de création ?

Une relation qui mêle désir, incompréhension et curiosité réciproques. Globalement, c’est sous le sceau d’un « jeu » commun que les deux protagonistes engagent un dialogue, et l’on se demande parfois qui est le plus mûr, entre l’aîné et la jeune fille.

Une relation entre un père et sa fille. Cette partie plus biographique du spectacle implique un processus de transmission, même s’il est contingent et indirect. Chaque « acteur » a son double, présent sur le plateau, qui agit simultanément, activant des processus plus lents ou provoquant des situations parallèles et complémentaires, ou encore répétant des évènements ayant eu lieu.

Le titre du spectacle Take The Floor signifie en anglais à la fois littéralement « prendre le terrain » mais aussi « prendre la parole », ou « c’est à toi », dans une logique de passage de relais. De fait, Michel François, dont le père était peintre et la mère danseuse, dit avoir choisi la sculpture comme un « moyen terme entre la danse et la peinture », tout en démarrant sa carrière en faisant du théâtre, avant de bifurquer vers ce qu’il pensait être plus de liberté. De fait, enfant, Léone était matière et modèle malgré elle de l’art de ses parents, à la fois manipulant les œuvres tout en étant manipulée par elles, et a choisi le théâtre pour produire ses propres formes.

Dans Take The Floor, la scène de théâtre est l’endroit de l’exhibition et de la présentation publique de ce réseau de relations. L’espace dynamique et glissant d’un passage de relais entre les disciplines et les générations. Une histoire de compétences croisées qui se confrontent sur la scène devenue une sorte d’atelier d’expériences ouvert et spontané.

Le théâtre versus la sculpture. Les arts libéraux de la scène contre ceux, serviles, des peintres et des sculpteurs. On entend ici par théâtre les conditions minimales d’un espace, d’un temps, et d’un public donnés. On entend ici par sculpture les conditions minimales d’une matière en transformation. À partir de cela, la scène est un lieu commun à partager, entre deux disciplines, entre deux protagonistes, Michel et Léone François, qui chacun suivent leur programme en interagissant régulièrement, pour se cristalliser en une succession d’images. Il s’agit peut-être pour Michel d’utiliser le théâtre comme un matériau plastique. Il s’agit peut-être pour Léone d’utiliser le matériau sculptural comme un accessoire dramatique. Ou inversement.

Mais sous ses allures joyeuses et jubilatoires, sous ses airs de jeu formel entre apprentis sorciers qui transforment une scène en un atelier ouvert, gageons qu’il y a une relation profonde et secrète à la vanité dans ce projet. Vanité du théâtre (cette mécanique vaine, qui tourne à vide), vanité du temps qui passe (le passage de relais artistique entre un père et sa fille), vanité des objets et matières qui vont en se désagrégeant, se consommant jusqu’à disparaître, vanité des faux-semblants qui troublent les perceptions. Comme si, à travers ces jeux de rôle et d’expériences joyeuses pointait une sourde gravité, aussitôt contrebalancée par le pouvoir fascinant de l’image.

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L’artiste belge Michel François (1956) est né à Saint-Trond. Par la sculpture, la photographie, la vidéo et les installations, il s’accapare, bouscule et interroge une réalité qu’il a depuis longtemps pour habitude de parcourir en nomade. Du réel, Michel François prélève, recadre et repositionne des fragments, zoome des situations, fige des instants qui, mis en lumière, traduisent la subjectivité de l’être, déterminent sa singularité et son irréductibilité à des schémas et à des modèles uniformes. Son regard profondément ludique, poétique et généreux fait de l’environnement proche un spectacle exotique et sensuel où le jeu et la surprise, mais aussi la gravité et l’incongruité, révèlent l’épaisseur et la densité de l’humain. Conformément à son regard par zapping, Michel François travaille également à la mise en scène de l’objet en reformulant le rapport de l’œuvre et de l’exposition, en dynamisant les rapports entre art et réalité. Expositions (sélection) : Documenta IX, Kassel, 1992 ; Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1992 ; XXIIe Biennale de São Paulo, 1994 ; Witte De With, Rotterdam, 1997 ; Kunsthalle de Berne, 1999 ; Biennale de Venise, 1999 ; Haus der Kunst, Munich, 2000 ; Artpace Foundation, San Antonio, Texas, 2004 ; SMAK, Gand, 2009 ; Institut d’art contemporain, Villeurbanne, 2010 ; Mac’s, Grand-Hornu, 2012 ; CRAC, Sète, 2012 ; IKON, Birmingham, 2014. Il a en outre collaboré de nombreuses fois avec les chorégraphes Anne Teresa De Keersmaeker et Pierre Droulers. Il est professeur à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris.

Après l’obtention d’un master en interprétation dramatique à l’Institut des Arts de Diffusion de Louvain-la-Neuve, Léone François Janssensétend aujourd’hui son champ d’action aux côtés de son père pour la mise en scène d’un spectacle aux croisements de leurs différentes disciplines. Anciennement assistante de la compagnie La Fabrique Imaginaire, aux côtés d’Ève Bonfanti et d’Yves Hundstad sur les créationsTragédie Comique, Café du Port, et Bonheur en 2013, elle élargit son activité de comédienne du théâtre à la performance, au cinéma, tout en passant par la télévision. Actuellement occupée à la rédaction d’un mémoire portant sur la question de la « théâtralité de l’art », elle assume le fait d’être une comédienne qui depuis toujours a à faire avec les arts plastiques. Dans ses travaux d’écriture et de mise en scène, elle interroge la plasticité du texte de théâtre, s’intéresse à la langue et aux espaces qui se trament en fond, en investissant les notions du « je » et du « jeu ». Apparitions (sélection) — Théâtre — Californie, paradis des morts de faim de Sam Shepard par Mireille Cherbonnier, 2008 ;Hamelin de Juan Mayorga par Luc Van Grunderbeek, 2010 ; Scènes de la vie conjugale de Ingmar Bergman par Michel Wright, 2011 ;Phèdre de Jean Racine par Itsik Elbaz, 2012 ; Go to bed young dreamer, création de Xavier Lukomski, 2013 ; Nuit d’été par Jean Michel d’Hoop, 2014. — Cinéma — premier rôle féminin dans le long métrage Lone Wolf réalisé par Axel de Ville et Sebastien de Buyl, 2012 ; les courts métrages Washing Time et Synthèse de Julien Courivaud, 2013 ; I Am a Secret, court métrage de Coline Grando et Anouchka Walewyk (Festival Nikon), 2013 ; Baby Balloon, long métrage par Stefan Liberski, 2013 ; interprétation du rôle d’Eva sur la série Typique pour la RTBF, 2011-2014.

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