SIMPLEXITY

la beauté du geste

Kaaitheater
  • 20/05 | 20:30
  • 21/05 | 20:30
  • 22/05 | 15:00

€ 25 / € 20
1h 20min

Rencontrez les artistes après la représentation du 21/05

Compositeur, « enmusicalisateur » de gestes, réalisateur de films de danse, créateur d’installations chorégraphiques multimédia, Thierry De Mey trace depuis trois décennies un chemin singulier guidé par une fascination pour le mouvement. Aujourd’hui, cet artiste à qui la danse belge doit tant écrit pour la première fois un spectacle. Une œuvre pour grand plateau créée avec l’Ircam, l’Ensemble intercontemporain et un groupe de danseurs. Partant de recherches en technologies numériques, SIMPLEXITY fusionne la musique et la danse, l’auditif et le visuel dans des structures formelles que les interprètes sont invités à habiter. Le thème qui traverse le spectacle est celui qui a nourri toute l’œuvre de Thierry De Mey : la quête d’un lien possible entre la structure et son incarnation, la technologie et le vivant, les mathématiques et la nature, le scientifique et le poétique. SIMPLEXITY offre une expérience complète où la musique et le geste réconcilient la partie avec le tout.

Concept, musique & chorégaphie
Thierry De Mey

Musiciens de l’Ensemble intercontemporain
Frédérique Cambreling (harpe), John Stulz (alto), Jérôme Comte (clarinette), Samuel Favre (percussion), Victor Hanna (percussion)

Créé avec & interprété par les danseurs
Ildikó Tóth, Louise Tanoto, Peter Juhász, Sara Tan Siyin, Víctor Pérez Armero

Assistante chorégraphique
Zsuzsanna Rozsavolgyi

Conseillère artistique
Manuela Rastaldi

Collaborateur à la création musicale
François Deppe

Assistant musical
Stéphane Orlando

Réalisation informatique musicale Ircam
Benoit Meudic

Collaboration réalisation informatique musicale Ircam
Sébastien Naves

Costumes
Gioia Seghers

Coordinateur technique & lumières
Nicolas Olivier

Ingénieur son & capteur
Xavier Meeus, Benoît Pelé

Régisseur plateau & vidéo
François Bodeux

Déléguée de production
Ludovica Riccardi

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Charleroi Danses, Kaaitheater


Production
Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles


Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, Ensemble intercontemporain (Paris), Ircam/Les Spectacles vivants-Centre Pompidou (Paris), Théâtre de Liège, Ars Musica

Représentation à Bruxelles avec le soutien de
SABAM for Culture

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SIMPLEXITY

Un spectacle transdisciplinaire

Le spectacle que Thierry De Mey désire créer tend vers une forme originale où les disciplines s’enrichissent mutuellement. Une forme non pas multidisciplinaire mais transdisciplinaire, au sens d’une fusion impliquant un réel changement de point de vue. Un projet audacieux qui questionne la frontière entre le geste musical et le geste chorégraphique, en amenant les musiciens à considérer autrement leur rôle de passeurs de sons, et les danseurs à s’approprier d’autres moyens d’écriture… Comment des outils de composition associés aux avancées technologiques peuvent-ils ricocher à travers différentes disciplines tout en respectant les spécificités de celles-ci ?

Conscient des dangers qui accompagnent l’introduction de nouvelles technologies dans l’art – le culte de la technologie pour elle-même, la normalisation… – Thierry De Mey considère cependant que l’on ne peut ignorer les évolutions qui modifient profondément notre vie individuelle et collective. Selon lui, un artiste doit se confronter aux zones de rupture de son temps, et l’essor des technologies digitales n’en est pas des moindres.

Depuis 1993, Thierry De Mey collabore régulièrement avec l’Ircam à Paris, lieu unique où convergent la prospective artistique et l’innovation scientifique. En 2013, il y entreprend un projet de recherche pure, Taxinomie, visant à analyser et à modéliser digitalement un catalogue de structures remarquables de mouvement (pendules multiples, vols de chauve-souris, essaims d’étourneaux, reptations, inversions de la gravité…) afin de créer des méthodes de génération de synthèse sonore, de structures musicales et chorégraphiques. Mais toujours avec le souci de garantir l’autonomie créative du compositeur, en insistant sur le fait que la technologie doit épouser le fait artistique, et non l’inverse.

Ce projet de recherche a certes abouti à la création d’outils digitaux de composition (c’était son objectif initial), mais il a aussi suscité de nouveaux questionnements. De ces derniers, plusieurs œuvres nouvelles émergent : musiques de gestes ou installations, et un spectacle scénique. Partant de technologies numériques, SIMPLEXITY la beauté du geste vise à mettre en œuvre des stratégies de création de mouvements sur plusieurs plans : musical et chorégraphique, auditif et visuel, abstrait et physique.

Thierry De Mey est fasciné par les structures écrites. Pourtant, pour lui, la structure n’est pas l’art : une oeuvre d’art naît de la rencontre magique entre une structure, la forme qu’on lui donne, le contenu qu’on lui apporte et l’émotion que ce sens suscite. La structure doit être débordée par la vie. Ce qui est primordial, c’est la façon dont les interprètes – musiciens et danseurs, les passeurs entre l’œuvre et le public – peuvent s’approprier des structures et leur donner des qualités. Le spectacle SIMPLEXITY est nourri par la technologie et pourtant, la technologie n’y sera pas à l’avant-plan. Il part de principes structurels mais mise sur des individualités qui enrichissent et explosent ces structures.

Une dramaturgie présentielle

Thierry De Mey n’ignore pas que le contexte théâtral pose des contraintes temporelles, spatiales et perceptives spécifiques, qu’un spectacle scénique implique de se poser la question d’une « composition dramaturgique » se déployant sur un arc temporel donné.

Adoptant une démarche quasi cinématographique, Thierry De Mey a écrit pour le spectacle un story-board très précis, une suite de modules, de « plans » qu’il montera librement sur scène. De durée, de taille et d’effectif variable, du solo au tutti pour dix interprètes, avec ou sans technologie visible, ces sections déploieront le mouvement à travers la musique et la danse, parfois isolées, parfois fusionnées, dans un continuum allant de structures très écrites à des formes plus libres. Ces modules seront créés indépendamment – certains garderont d’ailleurs une vie autonome à l’extérieur de SIMPLEXITY la beauté du geste – mais ils pourront se contaminer, se modifier et se fondre lors de leur rencontre sur scène.

Ce story-board obéit à une exigence plus compositionnelle que narrative ; faire vivre une expérience, une émotion abstraite transmise d’humain à humain. Le thème qui traverse le spectacle est celui qui a nourri toute l’œuvre de Thierry De Mey : la quête d’un lien possible entre la structure et son incarnation, entre la technologie et le vivant, entre les mathématiques et la nature, entre le scientifique et le poétique.

Cette quête de réconciliation s’exprime à travers toutes les dimensions du spectacle : depuis la recherche instrumentale menée en complicité avec les musiciens de l’Ensemble intercontemporain jusqu’aux dernières avancées de la capture du mouvement réalisée en interne à Charleroi Danses en partenariat avec les chercheurs de l’UMONS/NUMEDIART (Mons), depuis l’expertise technologique et informatique de l’Ircam jusqu’à la lumière de scène. Thierry De Mey conçoit une scénographie qui transposera sur scène une abstraction de phénomènes naturels. Partant de séries de photos déclenchées à intervalles réguliers (une forêt en automne, une tempête de sel sur le site de la mer d’Aral, un orage en mer du Nord…), il va échantillonner l’évolution de la lumière et utiliser ces données pour la transposer sur scène. Les référents naturels ne seront plus présents, mais ils devraient être inconsciemment ressentis par les spectateurs.

Au fondement de SIMPLEXITY, c’est la question du temps qui est posée. Dans notre société contemporaine, le temps directionnel est le plus souvent dévoré par la fonctionnalité. À ce diktat de la productivité, Thierry De Mey oppose un temps présentiel, un temps où le spectateur est invité à vivre sa propre présence. C’est cette volonté qui a mené le compositeur-réalisateur à vouloir développer une forme scénique, un spectacle où des êtres vivants, des passeurs, partagent une durée avec les spectateurs.

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Thierry De Mey, né en 1956, est compositeur et réalisateur de films. L’intuition du mouvement guide l’ensemble de son travail, lui permettant d’aborder et d’intégrer différentes disciplines. Le postulat préalable à son écriture musicale et filmique veut que le rythme soit vécu dans le(s) corps et qu’il soit révélateur du sens musical pour l’auteur, l’interprète et le public. Il a développé un système d’écriture musicale du mouvement, à l’œuvre dans certaines de ses pièces où les aspects visuels et chorégraphiques sont d’importance égale au geste producteur de son : Musique de tables (1987), Silence must be ! (2002), Light Music créé à la Biennale Musiques en scène de Lyon en 2004. Une grande partie de sa production musicale est destinée à la danse et au cinéma. Pour les chorégraphes Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus et sa sœur Michèle Anne De Mey, il fut souvent bien plus qu’un compositeur, il fut un précieux collaborateur dans l’invention de « stratégies formelles » – pour reprendre une expression qui lui est chère. Ses principales réalisations et compositions sont Rosas danst Rosas, Amor constante, April me, Kinok (chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker) ; What the body does not remember et Les porteuses de mauvaises nouvelles, Le poids de la main (chorégraphies de Wim Vandekeybus) ; Dantons Töd (direction de Bob Wilson), Frisking pour percussions, un quatuor à cordes, Counter Phrases, etc. De Mey a participé à la fondation de Maximalist ! et de l’ensemble Ictus qui a créé plusieurs de ses pièces (direction : Georges-Elie Octors). Sa musique a été interprétée par de grands ensembles tels que le Quatuor Arditti, le Hilliard Ensemble, le London Sinfonietta, l’Ensemble Modern, l’Ensemble Musikfabrik et l’Orchestre National de Lille. Les installations de Thierry De Mey, où se mêlent musique, danse, vidéo et processus interactifs, ont été présentées dans des manifestations telles que les biennales de Venise, de Lyon et dans de nombreux musées. Son travail a été récompensé de prix nationaux et internationaux (Bessie Awards, Eve du Spectacle, Forum des compositeurs de l’Unesco, FIPA etc.). Le film/installation Deep in the woods (2002-2004) réunit plus de 70 danseurs et chorégraphes. Pour le film Counter Phrases (2003-2004), 9 compositeurs répondent à son invitation danse/film : Steve Reich, Fausto Romitelli, Magnus Lindberg, Toshio Hosokawa, Georges Aperghis, Jonathan Harvey, Luca Francesconi, Robin De Raaf et Stefan Van Eycken. En 2003, le processus de travail avec Anne Teresa De Keersmaeker sur April me a fait l’objet d’un documentaire Corps Accords produit par Arte, qui a par ailleurs diffusé et coproduit la plupart de ses films. En 2006, il a réalisé une installation d’après le conte de Perrault, Barbe Bleue, et un film, One Flat Thing reproduced, sur la chorégraphie de William Forsythe. En 2007, il crée From Inside, une installation interactive en forme de triptyque. À l’occasion de la Biennale 2009 de Charleroi Danses, il crée Equi Voci, polyptique de films de danse accompagné d’un orchestre comprenant entre autres Prélude à la mer, film basé sur l’une des plus belles chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker qu’il a tourné en mer d’Aral en 2009. Son dernier film en date, La Valse, chorégraphié par ZOO/Thomas Hauert, vient clore ce projet. Son installation Rémanences, réalisée grâce à un procédé de captation par caméra thermique, est créée en mars 2010 en Belgique et en France aux festivals VIA et EXIT. Thierry De Mey est artiste associé à Charleroi Danses. Sa dernière composition, Traceless, pour 5 musiciens, a été créée en 2014 par les solistes de l’Ensemble intercontemporain au Acht Brücken Festival de Cologne. Sa dernière installation Solid Traces a fait l’ouverture de la Biennale 2015 de Charleroi Danses, événement qui a mis également à l’honneur la sortie d’un coffret DVD reprenant la filmographe de l’artiste. SIMPLEXITY la beauté du geste, création pour 5 danseurs et 5 musiciens, sera créée à l’occasion du Kunstenfestivaldesarts en 2016.

Créé par Pierre Boulez en 1976 avec l’appui de Michel Guy (alors secrétaire d’État à la Culture) et la collaboration de Nicholas Snowman, l’Ensemble intercontemporain réunit 31 solistes partageant une même passion pour la musique du 20e siècle à aujourd’hui. Constitués en groupe permanent, ils participent aux missions de diffusion, de transmission et de création fixées dans les statuts de l’Ensemble. Placés sous la direction musicale du compositeur et chef d’orchestre Matthias Pintscher, ils collaborent, aux côtés des compositeurs, à l’exploration des techniques instrumentales ainsi qu’à des projets associant musique, danse, théâtre, cinéma, vidéo et arts plastiques. Chaque année, l’Ensemble commande et joue de nouvelles œuvres qui viennent enrichir son répertoire. En collaboration avec l’Ircam, l’Ensemble intercontemporain participe à des projets incluant des nouvelles techniques de génération du son. Les spectacles musicaux pour le jeune public, les activités de formation des jeunes instrumentistes, chefs d’orchestre et compositeurs ainsi que les nombreuses actions de sensibilisation des publics, traduisent un engagement profond et internationalement reconnu au service de la transmission et de l’éducation musicale.

L’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) est aujourd’hui l’un des plus grands centres de recherche publique au monde se consacrant à la création musicale et à la recherche scientifique. Lieu unique où convergent la prospective artistique et l’innovation scientifique et technologique, l’Institut est dirigé depuis 2006 par Frank Madlener et réunit plus de cent soixante collaborateurs. L’Ircam développe ses trois axes principaux – création, recherche, transmission – au cours d’une saison parisienne, de tournées en France et à l’étranger et d’un nouveau rendez-vous initié en juin 2012, ManiFeste, qui allie un festival international et une académie pluridisciplinaire. Fondé par Pierre Boulez, l’Ircam est associé au Centre Pompidou sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Soutenue institutionnellement et, dès son origine, par le ministère de la Culture et de la Communication, l’Unité mixte de recherche STMS (Sciences et technologies de la musique et du son), hébergée par l’Ircam, bénéficie des tutelles du CNRS et de l’université Pierre et Marie Curie, ainsi que de l’Inria, dans le cadre de l’équipe-projet MuTant.

Thierry De Mey au Kunstenfestivaldesarts
1994 : 3 concerten/3 concerts

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