Quizoola! & Scar Stories

Différents lieux dans la ville

Quizoola!
b-space.be
6 Mei/Mai/May 18:00 - 00:00
Het publiek kan doorlopend in en uit/Le public est libre d'entrer et de sortir à tout moment/The audience is free to arrive and leave at any point
Taal/Langue/Language: Engels/anglais/English

Scar Stories
Les Brigittines
16, 17, 18 Mei/Mai/May 20:30
19 Mei/Mai/May 23:00
20, 21 Mei/Mai/May 18:00
Duur/Durée/Duration: 1:20
Taal/Langue/Language: Engels/anglais/English
Simultaanvertaling/Traduction simultanée/Simultaneous translation: Nl & Fr

Scar Stories (Installation)
b-space.be
6 Mei/Mai/May 14:00 - 00:00
7-27 Mei/Mai/May van woensdag tot zondag/du mercredi au dimanche/from Wednesday to Sunday 11:00 - 19:00
Vrije toegang/Entrée libre/Free entrance

« Avez-vous une cicatrice ? Comment vous est-elle venue ? Qui est au courant ? La trouvez-vous belle ? » Forced Entertainment est la « Britain's most brilliant experimental theatre company » selon The Guardian. Récemment, à Bruxelles, micro ouvert et caméra témoin, ils ont interrogé les gens sur leurs cicatrices car « elles révèlent le tracé des paysages qui nous habitent ». Ces récits enregistrés font l'objet d'une installation, Scar Stories. Ils forment également le point de départ d'un nouveau spectacle du même nom. Parallèlement, les Forced seront présents au Festival avec une seule représentation de Quizoola!, ouverte aux libres allées et venues. Un étrange Trivial Pursuit à trois acteurs, léger, profond, impudique, harcelant, poétique dont les 1.500 questions sont écrites, les réponses jamais.

Quizoola! (Theatre)
Tekst vragen/Texte questions/Texte questions: Tim Etchells
Performers: Tim Etchells, Richard Lowdon, Terry O'Connor.
Scenografie/Scénographie/Design: Richard Lowdon
Licht/Eclairage/Lighting: Nigel Edwards
Productieleiding/Direction de production/Production management: Andy Clarke
Administratie/Administration: Verity Leigh
Marketing: Helen Burgun
Educatieve dienst/Service éducatif/Education: Helen Russell
Productie/Production: Forced Entertainment (Sheffield)
Presentatie/Présentation/Presentation: KunstenFESTIVALdesArts

Scar Stories (Theatre)
Concept: Tim Etchells, Forced Entertainment
Regie/Mise en scène/Direction: Tim Etchells
Performers: Richard Lowdon, Terry O'Connor
Scenografie/Scénographie/Design: Richard Lowdon
Licht/Eclairage/Lighting: Nigel Edwards
Productieleiding/Direction de production/Production management: Andy Clarke
Research/Recherches/Research: Ingrid van Eycken
Administratie/Administration: Verity Leigh
Marketing: Helen Burgun
Educatieve dienst/Service éducatif/Education: Helen Russell
Productie/Production: Forced Entertainment (Sheffield), Bruxelles/Brussel 2000, The British Council, KunstenFESTIVALdesArts.
Presentatie i.s.m./Présentation en collaboration avec/Presentation in collaboration with: Brigittinenkapel en de Stad Brussel/Chapelle des Brigittines et la Ville de Bruxelles

Scar Stories (Installation)
Concept: Tim Etchells, Hugo Glendinning, Forced Entertainment
Research/Recherche/Research: Ingrid van Eycken
Productie/Production: Forced Entertainment (Sheffield), Bruxelles/Brussel 2000, The British Council, KunstenFESTIVALdesArts
Forced Entertainment: Robin Arthur, Tim Etchells, Richard Lowdon, Claire Marshall, Cathy Naden, Terry O'Connor.
Forced Entertainment wordt gesubsidieerd door/est subventionné par/is regularly funded by: The Arts Council of England, Yorkshire Arts and Sheffield City Council.

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Avez-vous une cicatrice ? Comment vous est-elle venue ? Qui est au courant ? La trouvez-vous belle ?

Selon The Guardian, Forced Entertainment est la « Britain's most brilliant experimental theatre company ». Récemment, à Bruxelles, micro ouvert et caméra témoin, ils ont interrogé les gens sur leurs cicatrices car « elles révèlent le tracé des paysages qui nous habitent ». Ces récits enregistrés font l'objet d'une installation, Scar Stories. Ils forment également le point de départ d'un nouveau spectacle du même nom. Parallèlement, les Forced seront présents au Festival avec une seule représentation de Quizoola!. Un étrange Trivial Pursuit à trois acteurs, léger, profond, impudique, harcelant, poétique, dont les 2000 questions sont écrites, les réponses jamais.

« The need to confess », le besoin d'aveux, traverse tout le travail de Forced Entertainment. Ses acteurs y sont des ‘amuseurs' mélancoliques qui s'efforcent de rendre belles, importantes, dérisoires les inquiétudes du siècle tapies au fond des individus. « Nous essayons de faire un travail spirituel qui s'adresserait aux athées », disent-ils. « Il exige engagement et investissement, prise de risque et mise à nu de nos propres dérapages et de nos faiblesses. » Ces acteurs-là montent sur la scène sans filet : ils descendent sous la peau et, curieusement, c'est la pensée qu'ils rafraîchissent en la tirant vers le haut.

Chez eux, l'urgence est motrice - « Il faut marcher vite car les continents se séparent » - , la manière, inimitable et la matière, profondément humaine. Leurs aveux sont intenses, sans notion ni de bien, ni de mal. « Il n'y a jamais de mauvaise réponse, nous récoltons tout ce qui s'offre à nous. Notre travail pose des questions et alimente les rêves. Le public n'est pas spectateur, il est témoin. » Entrer dans un spectacle de Forced, c'est comme pénétrer dans un abri, quelque part dans la nuit, et se sentir complice de ces derniers funambules des planches, prêts à tout pour dompter les peurs aveugles qui mènent à la catastrophe, à commencer par apprivoiser leurs ombres pour les faire danser dans la lumière.

B : Nous sommes des anges désolés et intranquilles.
A : Si tu ne te réveilles pas, qui hurlera à cette stupide lune et qui lui chantera des chansons ?
B : Nous sommes des anges ivres et dignes de confiance. Nous sommes capables de ressusciter nos amis d'entre les morts.
(In 200% & Bloody Thirsty, Forced Entertainment, Sheffield 1988)

En 1984, quand la compagnie s'est installée dans la ville de l'acier, Sheffield (South Yorkshire), Forced Entertainment avait un seul désir : « To discuss the concerns of the times in a langague born out of them ». Thatcher était alors au pouvoir : « Chacun de nos votes désapprobatifs nous a ramenés au même gouvernement pendant dix ans ! » Sous le régime conservateur, les débuts sont difficiles et l'obtention du soutien financier qui passe par la reconnaissance est un vrai combat. Du fond de l'Angleterre, ils appartiennent pourtant à ce murmure de nouvelles voix s'élevant de Wuppertal (Pina Bausch) à New York (Wooster Group). Ils ouvrent une brèche, affirment une manière d'être en scène et au monde, une écriture sans fard et pourtant incroyablement poétique. Ils captent et déshabillent sur scène l'inconscient des vies et des villes. La leur, Sheffield, où se tourna d'ailleurs The Full Monty, est en déclin comme beaucoup d'autres. Forced Entertainment aime à redessiner de nouvelles cartes sur lesquelles il fait vaciller les repères dominants. Travaillant aujourd'hui sur les cicatrices, il cherche derrière elles « les marques que l'existence laisse sur notre peau, la mémoire physique d'une grande émotion, la carte de nos vies dangereuses, d'une biographie, d'une ville, d'un paysage... »

A Bruxelles, ils multiplient les interviews et collectent les récits anonymes : cicatrice de sept centimètres sur la hanche, qu'un jeune homme se vit mesurer à l'armée « pour que son corps puisse être identifié s'il était tué à la guerre », cicatrice de rixes, d'opérations, d'accident de travail, cicatrices qu'on dissimule ou qu'on exhibe, honteuses ou utiles, blessures volontaires ou involontaires, bénignes ou presque fatales... Au détour de l'histoire s'affirment des caractères, des regards aux autres, à soi, des sentiments acérés liés au souvenir précis de la meurtrissure. Pendant le Festival, Forced Entertainment proposera ce matériau cueilli au coeur de la ville dans une installation vidéo, Scar Stories. Avec Tim Etchells, la plume du groupe, les acteurs, Richard Lowdon et Terry O'Connor, se nourrissent ensuite des résonances de ces vécus intenses pour imaginer une pièce homonyme, Scar Stories, une heure vingt de fragments recomposés pendant laquelle les cicatrices s'aimanteront vers un seul corps. De tous ces reflets de vies pessimistes ou optimistes, les acteurs feront l'autopsie. Dans la petite nef sacrée d'un ancienne chapelle, aujourd'hui écrin pour la danse et le théâtre, disposé sur une structure métallique, le public assistera à une « opération à coeur ouvert ». L'espace, un théâtre d'anatomie. Son rituel, intime et teinté d'humour, extrait du corps des paraboles d'aujourd'hui.

Plus loin, dans une cave de la ville, les acteurs joueront une seule fois Quizoola! (1996). En rotation, ils sont trois, deux en piste, un à l'entrée, les visages tristes, peints comme des clowns. Plateau nu, quelques ampoules, public tout proche, l'un des acteurs feuillette leur syllabus de 2000 questions, lance l'interrogatoire : « Quel est ton premier souvenir ? Aimes-tu rouler à tombeau ouvert, la nuit, sur l'autoroute ? Qu'est-ce que le feu ? Qu'est-ce que l'amour ? John Wayne est-il courageux ?... » Laissant place au hasard et à l'humeur de l'acteur, les questions sont policières, botaniques, philosophiques ou personnelles, les réponses s'improvisent, hésitent ou fusent. L'acteur s'y découvre, l'être humain aussi avec ses rêves ou sa mémoire de TV News, ses pudeurs ou ses mensonges... Intime et confiné, l'espace est ouvert aux libres allées et venues du public, l'étrange jeu de quiz dure six heures. Puisque l'art s'approprie le temps qu'il condense ou étire à l'infini...

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