Perhaps all the dragons

[…in our lives are princesses who are only waiting to see us act, just once, with beauty and courage]

Les Brigittines

9/05 – 19:00 + 21:00
10/05 – 17:00 + 19:00 + 21:00
11/05 – 15:00 + 17:00 + 19:00 + 21:00
13/05 – 19:00 + 21:00
14/05 – 19:00 + 21:00
15/05 – 19:00 + 21:00
16/05 – 19:00 + 21:00
17/05 – 17:00 + 19:00 + 21:00
18/05 – 15:00 + 17:00 + 19:00 + 21:00
NL / FR
1h 10min

Depuis 2003, le collectif Berlin développe un théâtre hybride, entre performance documentaire et installation vidéo, dont le thème principal est la cohabitation humaine. Cinq ans après leur dernier passage au Kunstenfestivaldesarts, les Anversois y présentent leur nouvelle création Perhaps all the dragons. Des histoires insolites mais bien réelles, des témoignages de moments de basculement ont été patiemment recueillis à travers le monde, puis minutieusement montés et synchronisés pour composer un intrigant polyptique digital. Trente récits, très éclectiques par leur thème autant que par leur forme, prennent place autour d’une table ronde, trente écrans vidéo parlant à autant de spectateurs. Des dévoilements en tête-à-tête qui s’entrecroisent pour progressivement tracer les contours d’un portrait universel. Le monologue se fait dialogue, la table devient mappemonde. Dans Perhaps all the dragons, Berlin observe des existences au microscope. Un théâtre multimédia profondément humain.

Concept
Berlin (Bart Baele & Yves Degryse)

Avec
Derek Blyth, Sergey Glushkov, Francois Pierron, Juan Albeiro Serrato Torres, Rinat Shaham, Shizuka Hariu, Shlomi Kirchely, Jonas Jonsson, Nirman Arora, Suneet Chhabra, Luci Comincioli, Roger Christmann, Regina Vilaça, Pat Butler, Walter Müller, Adela Efendieva, Andrew Mugisha, Ramesh Parekh, Nico Mäkel, Wim Mäkel, Tamas Sandor, Philippe Cappelle, Romik Rai, Brecht Ghijselinck, Vladimir Bondarev, Andrei Tarasov, Matsumoto Kazushi, Bob Turner, Geert-Jan Jansen, Kurt Lannoye, Robrecht Ghesquière, Laura Fierens, Patryk Wezowski, Hilde Verhelst, Christina Davidsen

Musique & mixage
Peter Van Laerhoven

Texte
Kirsten Roosendaal, Yves Degryse, Bart Baele

Caméra
Geert De Vleesschauwer

Montage
Bart Baele, Geert De Vleesschauwer, Yves Degryse

Scénographie
Berlin, Manu Siebens

Coordination technique
Robrecht Ghesquière

Production & communication
Laura Fierens

Recherche & dramaturgie
Natalie Schrauwen

Stagiaire recherche
Heleen De Boever

Construction décor
Manu Siebens, Robrecht Ghesquière, Bregt Janssens, Koen Ghesquière

Direction financière
Kurt Lannoye

Diffusion & planning tournée
Kathleen Treier

Site web
Stijn Bonjean

Décors & accessoires
Jessica Ridderhof, Natalie Schrauwen

Catering
Charlotte Willems, Ophelia kookt!

Maquillage
Sigrid Volders

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Les Brigittines

Production
Berlin (Anvers)

Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, Deutsches Schauspielhaus Hamburg, le CENTQUATRE (Paris), Dublin Theatre Festival, Centrale Fies (Dro), Noorderzon Performing Arts Festival (Groningen), La Bâtie-Festival de Genève

Avec le soutien de
Vlaamse Overheid

Projet coproduit par
ONDA-Office national de diffusion artistique

Projet coproduit par
NXTSTP, avec le soutien du Programme Culture de l’Union Européenne

Berlin est artiste associé au
CENTQUATRE (Paris)

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Perhaps all the dragons […in our lives are princesses who are only waiting to see us act, just once, with beauty and courage]

D’abord, j’aimerais vous poser une question. Ce n’est pas une énigme, c’est une simple question à vous, lecteur. Si vous deviez choisir une personne. Une personne. Une seule personne sur les sept milliards d’habitants de la planète. Quelqu’un, quelque part, n’importe où, que vous ne connaissez pas personnellement. Ce peut être un cheikh en Arabie Saoudite, un chasseur de phoques à Iqaluit, un gardien de prison à Kotido ou un pilote de chasse israélien. Peu importe. À présent, la question est : en combien d’étapes pensez-vous pouvoir atteindre cette personne ? Combien d’étapes, c’est-à-dire combien de personnes intermédiaires faut-il d’après vous pour que quelqu’un – qui vous est familier et que vous tutoyez – prenne contact avec quelqu’un qui connaisse personnellement l’individu en question ? Combien pensez-vous ?

Il ne vous faut pas le retenir ou l’inscrire. Vous connaissez la réponse, un professeur de psychologie sociale vous l’a mentionnée tout à l’heure, à la table.

En 2014, Berlin réalise depuis dix ans des spectacles documentaires entre le théâtre et le cinéma, que le collectif a eu l’occasion de produire et de présenter dans différents lieux dans le monde. Au fil des voyages, ils ont sans cesse entendu de nouvelles histoires captivantes et rencontré des personnes passionnantes. Chemin faisant, le désir a germé de partager cette collection de récits glanés aux quatre coins du monde avec le public et de permettre aux différents protagonistes d’entrer en dialogue. C’est ainsi qu’est née leur nouvelle création, Perhaps all the Dragons.

Nous avons commencé par répertorier les histoires extraordinaires qui nous sont parvenues, des coupures de journaux que nous avons gardés, des éléments rencontrés lors de recherches et qui avaient attiré notre attention. À partir de ce matériau, nous avons poursuivi notre quête, avec pour seule ligne directrice l’idée d’interviewer les protagonistes. Mais sans une quelconque dramaturgie ou ligne narrative préalable. Juste des histoires et des personnes que nous trouvions intéressantes. Pendant les répétitions, des fils conducteurs ont malgré tout fait surface : les souvenirs et la mémoire, la concentration et le choix, la recherche, la spécialisation.

Nous avons sélectionné trente histoires éclectiques que nous présentons en tête-à-tête : d’un détail scientifique à une proposition philosophique en passant par des faits divers et des anecdotes. Trente récits documentaires à propos de choix singuliers, de décisions courageuses, d’événements inéluctables, d’humour, d’acceptation et de résistance, d’oubli, de souvenir et d’amour des mots.

Un récit en a amené un autre, et ainsi, des personnes et des événements n’ayant a priori rien en commun présentaient toujours plus d’analogies que nous ne l’avions imaginé.

Une chanteuse d’opéra qui n’interprète qu’un seul rôle tout au long de sa carrière – une pianiste célèbre qui se rend compte sur scène qu’elle n’a pas étudié le bon concerto et interprète au pied levé le concerto programmé en puisant les notes dans sa mémoire – un homme russe qui prend conscience à 25 ans que son incapacité d’oublier est exceptionnelle – un neurochirurgien qui permute les têtes et les corps de deux singes vivants – un gardien de prison en Ouganda dont toute l’attention est un jour sollicité par un lapin qui s’enfuit – un torero de petite taille très courageux – une nonne jaïn qui choisit de renoncer petit à petit à la vie terrestre – une femme japonaise qui vit recluse dans sa chambre depuis dix ans – un scientifique qui a développé la théorie que chacun n’est séparé que de quelques degrés de tous les autres habitants de la planète.

Cette dernière histoire est devenue le fil rouge et le lien entre les histoires. Parfois, le protagoniste d’une histoire connaissait l’un des autres protagonistes ou avait entendu parler de son histoire, et dans tous les récits, il y avait des concordances, une proximité géographique, un intérêt partagé. Mais nous avons également remarqué que tout le processus de création de Perhaps all the Dragons est lui-même empreint de ce phénomène de « petit monde ».

La quête de récits, de traducteurs, de pièces de décor, d’images cinématographiques, de lieux, des accessoires les plus improbables, tout s’est fait par le biais de X qui connaît Y, qui nous renvoie à Z… Nous avons ainsi vu les choses les plus invraisemblables devenir réalité.

En portant un regard rétrospectif sur dix ans de Berlin, nous nous rendons compte que c’est ce principe qui nous guide et nous anime depuis le début. Nous arrivons dans une ville comme dans un véritable décor de fiction et nous nous plongeons dans ce monde qui nous est étranger, avec le regard d’un étranger qui erre dans les rues sinueuses d’une ville inconnue. En nous perdant, nous nous sommes frayé un chemin vers le cœur réel de ces cités. Celui qui bat dans la poitrine de chacun de ses habitants, de ses lignes de métro vrombissantes, dans ses bâtiments qui s’effritent, dans la pierre jetée qui a fracassé une vitre, dans les bateaux immobilisés dans la baie gelée, dans les ragots des voisins, dans la discipline d’une parade militaire. Berlin réalise des portraits documentaires de villes et de situations à l’instar d’un écrivain qui travaille à un livre. En cherchant des lignes, des fils, des agrégats, en créant des personnages dans un environnement pas encore défini. Nous collectionnons une palette diversifiée de voix, observons d’un regard kaléidoscopique, et composons notre histoire. Nous nous laissons porter de rue en rue, de l’un à l’autre, jusqu’à avoir réuni une vaste banque d’images.

Une fois rentrés à la maison, nous parcourons à nouveau le matériau réuni, retournons dans tous les coins que nous avons visités et écrivons notre histoire de la sorte. Une chose mène à l’autre qui nous mène encore plus loin et au-delà… Il n’en va pas qu’ainsi avec les êtres humains et les histoires. Nous nous surprenons à ne pas seulement jouer le jeu des six degrés avec des personnes, mais avec des objets aussi. La chaîne commence par une chose, une personne, une question, et le dernier lien revient jusqu’à nous.

C’est ainsi que nous sommes passés de Jérusalem à Iqaluit sur le cercle polaire, à Bonanza, Moscou, au bassin minier de la Ruhr, au Westhoek, à une conférence autour d’une table ronde réunissant des gens du monde entier. Il y a toujours quelque chose ou quelqu’un qui nous propulse vers une prochaine destination. Lisbonne. Rio. Zvizdal.

Six. Telle était la réponse. En moyenne. Six étapes entre soi et n’importe quel autre individu dans le monde. Rien que six étapes intermédiaires nous séparent de, mettons, un tueur à gages français, un directeur de cirque russe, des sept habitants d’un hameau dans les Rocheuses et des personnes qui ont défilé devant vous aujourd’hui. C’était toutefois vrai avant aujourd’hui. Désormais, il ne reste plus qu’une seule étape.

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Le point de départ de chaque spectacle de Berlin se situe dans une ville ou une région de la planète. Le collectif se caractérise par l’aspect documentaire et interdisciplinaire de son approche. Focalisé sur une recherche spécifique, Berlin met différents médias en œuvre, selon la teneur du projet. Bart Baele et Yves Degryse ont fondé Berlin en 2003, avec Caroline Rochlitz. Ensemble, ils ont entamé le cycle Holocène (l’holocène est l’ère géologique actuelle) avec les spectacles Jerusalem, Iqaluit et Moscow. Quelques années plus tard, Berlin s’est attaqué au cycle Horror Vacui (l’horreur du vide) dont Tagfish et Land’s End sont les deux premiers épisodes. Berlin travaille actuellement à de nouveaux spectacles pour les deux cycles. Le nombre de projets n’est pas défini, mais il est convenu d’achever le cycle Holocène à Berlin avec la création d’un docu-fiction auquel participeront différents habitants des villes impliqués dans les projets précédents du cycle.

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