Parallellogram

Kladaradatsch! Palace

10, 12, 14, 16, 18, 20, 22 Mei/mai/May 20:00
11, 13, 15, 17, 19, 21, 23 Mei/mai/May 18:00
Engelse en Franse ondertitels/Soustitré en français et anglais/English and French subtitles
Duur/Durée/Duration: 30’
Wereldpremière/Première mondiale/Worldpremière

"Maman fixe papa. Papa a l'air bizarre. Cela plaît au frère parce que la soeur pleure. Maman s'en va. Maintenant, le frère aussi est bizarre. Papa et la soeur observent maman qui pleure parce que le frère pleure parce qu'elle est partie". Dans leur film, Jos de Gruyter et Harald Thys s'amusent à révéler de guingois ce qui se croit droit. Une famille à quatre est mise à nu. Dans un lieu étriqué - leur espace mental -, les personnages coulissent les uns sur les autres. Leurs mots et gestes glissent, décalés de la volonté. Le résultat est Parallellogram : rectangle dont les côtés flanchent sur leur base horizontale. Une fable ‘oblique' sur la difficulté de parler et de se faire entendre.

Een film van/Un film de/A film by: Jos de Gruyter, Harald Thys
Acteurs/Actors: Christoffel de Gruyter, Ryan de Gruyter, You Kuyl, Marianne Thys
Productie/Production: GYPEX (Brussel/Bruxelles)
Coproductie/Coproduction: Jan van Eyck Academie, Fine Art Department (Maastricht), KunstenFESTIVALdesArts
Met de steun van/Avec le soutien de/Supported by: Vlaamse Gemeenschapscommissie van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest
Distributie/Distribution: Argos (Brussel/Bruxelles)
Presentatie: Kladaradatsch! Palace, KunstenFESTIVALdesArts

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« Maman fixe papa. Papa a l'air bizarre. Cela plaît au frère parce que la soeur pleure. Maman s'en va. Maintenant, le frère aussi est bizarre. Papa et la soeur observent maman qui pleure, parce que le frère pleure parce qu'elle est partie. » Dans leur film, Parallellogram, Jos de Gruyter et Harald Thys s'amusent à livrer de guingois ce qui se croit droit.

Petite leçon de géométrie : « Le parallélogramme est une variante du rectangle ou, si l'on veut, un rectangle déformé. Les côtés gauches et droits, la base et le dessus se tiennent deux par deux, toujours en parallèles. Mais quel que soit le sens dans lequel on regarde la figure, elle présente toujours deux côtés obliques. Ceux-ci donnent l'impression d'être sur le point de tomber alors que les deux autres les en empêchent. » Cette chute figée est propre aux personnages de Parallellogram : ils fléchissent sur leur assise horizontale parce que la structure dans laquelle ils s'inscrivent, leur famille, est un plan déformé. Cette structure oblique est leur espace mental : les personnages y coulissent les uns sur les autres.

Egarés, ils tentent de communiquer ou de s'éviter : ils utilisent une langue d'une banalité impénétrable. Les longs dialogues s'entêtent à reprendre là où ils s'étaient arrêtés : ils coincent les personnages et excluent toute sorte d'évolution. « Une tarte aux pommes est prise pour une tarte aux poires parce que maman pensait cela. Un cousin souffre - dit-on - d'une maladie de la voix, raison pour laquelle il ne téléphonerait pas. Le frère semble parfois prendre le visage du père, la soeur, par instant, la voix de la mère. Leurs mots et gestes glissent, décalés de la volonté. Les situations se déroulent dans des pièces quasiment vides. Quelques objets fonctionnels : une armoire ou un fauteuil revendiquent dans l'espace une place qui leur donne une présence presque aussi éminente que celle des personnages. La constellation des membres de cette famille était prédéterminée avant même qu'ils existent.»

Jos de Gruyter et Harald Thys aiment les expériences sur computer. Ils programment leurs personnages dans une voie qu'ils n'ont pas choisie et dont ils ne pourront dévier. Dans un style minimaliste, leurs figures sont donc déterminées par la structure. Les cinéastes leur ôtent toute pensée : ils apparaissent donc « autistes » au monde, l'esprit en régression. Harald s'est laissé inspirer par l'expérience qu'il a acquise dans le travail en milieu psychiatrique. Mais loin de lui l'idée d'établir un froid protocole médical de patients perturbés. Les deux complices déplacent leur cadre : « C'est leur environnement (in)humain qui présente les souffrants comme des êtres ‘étrangéifiés' et ‘anormaux'. Cet environnement manque de spiritualité et d'amour. »

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