Oh Magic

La Raffinerie
  • 17/05 | 20:30
  • 18/05 | 20:30
  • 19/05 | 20:30
  • 20/05 | 18:00

€ 16 / € 13

Rencontrez les artistes après la représentation du 18/05

Originaire de la campagne autrichienne, Simon Mayer se passionne depuis toujours pour les formes folkloriques, qu’il aime à subvertir tout en conservant leur force de plaisir collectif. Formé à la danse au Ballet national de Vienne puis à P.A.R.T.S. à Bruxelles, il développe depuis lors une pratique chorégraphique mais aussi musicale. Dans son nouveau spectacle, présenté en première au festival, il confronte la magie technologique et manipulatoire du théâtre à celle, organique et spirituelle, des rituels traditionnels. Il fait jouer à jeu égal les éléments humains et les éléments techniques, la musique et la danse, en quête d’une nouvelle harmonie. Explorant le potentiel thérapeutique du mouvement et du son, puisant dans la méditation et le chamanisme, Oh Magic tente d’établir une connexion profonde entre les vivants. Et réconcilie l’être archaïque avec son environnement technologique.

Compographie, concept & performance
Simon Mayer

Co-création & performance
Clara Frühstück, Patric Redl, Tobias Leibetseder, Manuel Wagner

Création sonore
Tobias Leibetseder

Manipulation robots
Manuel Wagner

Création costumes
Andrea Simeon

Création lumières
Heinz Kasper

Chef electronique et manipulation
Jan Maria Lukas

Robotique, electronique & ingénierie
Dominik Strzelec

Musique
Lucas Froschauer, Rene "Ringo" Grömer

Coordination technique
Gwen Lenoble

Programmation Software
Julian Rubisch

Dramaturgie
Robert Steijn

Recherches & conseils anthropologiques
Justine François, Manuel Wagner

Merci beaucoup à
Julian Rubisch, Frans Poelstra, Jason Zieglmaier, Viktor Delev, Jürgen Ropp, Arbeitsplatz Wien, Wim Muyllaert

Présentation
Kunstenfestivaldesarts & Charleroi Danses

Production
Hiros, Kopf hoch (Sophie Schmeiser & Anna Erb)

Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, steirischer herbst festival (Graz), Noorderzon Performing Arts Festival (Groningen), Gessnerallee (Zurich), Teaterhuset Avant Garden (Trondheim), brut Wien, Centrale Fies (Dro), Kunstenwerkplaats Pianofabriek & GC De kroon (Bruxelles)

Avec le soutien de
Vlaamse Overheid, Kulturabteilung der Stadt Wien, Bundeskanzleramt Österreich, Österreichisches Kulturforum Brüssel

En collaboration avec
Tanzquartier Wien, D.ID Dance Identity, SPIEL, Klavierhaus A. Förstl

Projet coproduit par
NXTSTP, avec le soutien du Programme Culture de l'Union européenne

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Oh Magic – transe provoquée soi-même à travers un concert ritualisé

Que signifie le chamanisme aujourd’hui ? Avons-nous perdu le précieux savoir de l’auto-hypnose, du basculement dans un état de transe, ou de tout ce qui relève des pratiques d’auto-guérison que nous connaissions quand nous étions enfants ? N’y a-t-il plus qu’une poignée de religions ayant le droit de revendiquer toutes les formes de spiritualité ?

Dans la performance-concert Oh Magic, Simon Mayer souhaite engendrer une nouvelle histoire d’amour entre le corps du performeur/se et l’instrument dont il ou elle joue. Une histoire d’amour, cela transcende les conventions de maîtrise de l’instrument. Au contraire, il invite même les musiciens à surpasser ce qu’ils maîtrisent déjà, à considérer leur instrument d’un regard nouveau, loin des standards académiques de la perfection. Il les guide vers un état d’esprit altéré, leur demande de retrouver leur candeur d’enfant dans leurs explorations de nouvelles possibilités de jeu.

Oh Magic crée une aire de jeu pour les performeurs – une aire de jeu dans laquelle ils défient leur intuition en prenant des décisions dont ils ignorent les conséquences. Shoshin, qui s’écrit 初心en japonais, est un concept du bouddhisme zen qui signifie « esprit du débutant » et fait référence à une attitude d’ouverture, d’empressement et une absence d’idée préconçue lorsqu’on étudie un sujet, même à un niveau avancé, une attitude comme celle qu’adopterait un débutant. Le terme est surtout usité dans la pratique du bouddhisme zen. Le Maître Zen Shunryu Suzuki dit : « Dans l’esprit du débutant, il y a de multiples possibilités, dans celui de l’expert, il y en a moins. »

Un état méditatif est suscité et cet état d’esprit demande aux performeurs de pénétrer dans leur inconscient non censuré pour écouter ce qu’ils souhaitent réellement créer. Cela leur lance le défi d’observer les racines de leurs désirs, de leurs conflits, voire de leur obstination et de leur colère dans leurs processus créatifs. Cela les amène aussi à prendre conscience de la façon dont ces différentes émotions et énergies peuvent tracer la voie qui les guide vers la création d’une nouvelle sorte de musique. Peut-être peut-on appeler cette extase « vivre la musique qu’on perçoit de l’intérieur ».

Dans cette extase, il y a toujours un certain choc entre l’organique et le mécanique. Et ce choc ne se manifeste pas seulement entre le performeur et l’instrument, mais également dans les esprits et dans les corps du public. Bronislav Malinowski, un anthropologue influent du début du XXe siècle a suggéré que toutes les sociétés vivantes ont développé de la connaissance effective et des techniques pratiques pour s’accommoder du monde. En même temps, elles ont conscience que leur contrôle pratique du monde a ses limites. Là où les techniques et les connaissances suffisent pour accomplir leurs objectifs, il ne faut pas de magie. Mais dès que le résultat est incertain, indépendamment des aptitudes et de la maîtrise que les gens peuvent avoir, le recours à des pratiques magiques devient probable. L’usage de la magie dans de telles situations, expliquait Malinowski, a la fonction utile de réduire l’angoisse, permettant de la sorte aux gens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler.

Oh Magic a une dimension technique très complexe sur le plan du son, de la lumière et de la robotique. Par conséquent, le mauvais fonctionnement, la prédisposition à l’erreur et même l’échec sont des éléments de cet assemblage technique complexe. L’ensemble humain ne peut qu’implorer les esprits de l’électricité et de la robotique d’être bien intentionnés. Y a-t-il donc réellement des esprits dans la salle ou est-ce juste le fruit de notre imaginaire ? D’ailleurs, quelle importance, étant donné que le processus sain est déjà en cours ? Oh Magic incite chaque auditeur de ce concert contemporain à se poser la question suivante : « Est-ce que je crois encore à la magie comme quand j’étais enfant ? » Peut-être que chacun redécouvrira ses techniques de transe d’enfance afin de les ramener vers le présent et de les emporter à la maison. Soyons volontairement un peu fous afin de rester sain d’esprit dans un monde extraordinairement complexe.

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Simon Mayer (1984) est un musicien, performeur et chorégraphe autrichien. Il a étudié à la Wiener Staatsoper Balletakademie, à P.A.R.T.S. à Bruxelles et a été membre du ballet de l’Opéra de Vienne. En 2009, il fonde le groupe Rising Halfmoon dont il est l’auteur, compositeur, interprète et guitariste. En tant que danseur, chorégraphe et musicien, il participe à des productions d’Anne Teresa de Keersmaeker (The Song), de Wim Vandekeybus (Frisking) et de Zita Swoon. Son répertoire chorégraphique personnel comprend des solos, des duos et des spectacles de groupe présentés sur les scènes internationales : O feather of lead, Dancing with the Sound Hobbyist (Zita Swoon), Monkeymind, SunBengSitting et Sons of Sissy. Simon Mayer est le directeur artistique du festival Spiel qu’il a lancé avec ses frères. À Vienne, il a créé l’association Kopf Hoch. Il enseigne la danse contemporaine, la danse de groupe, la danse traditionnelle et les techniques vocales.

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