Memorandum

Cinema Galeries
  • 06/05 | 12:00 - 20:00
  • 07/05 | 12:00 - 20:00
  • 08/05 | 12:00 - 20:00
  • 10/05 | 12:00 - 20:00
  • 11/05 | 12:00 - 20:00
  • 12/05 | 12:00 - 20:00
  • 13/05 | 12:00 - 20:00
  • 14/05 | 12:00 - 20:00
  • 15/05 | 12:00 - 20:00
  • 17/05 | 12:00 - 20:00
  • 18/05 | 12:00 - 20:00
  • 19/05 | 12:00 - 20:00
  • 20/05 | 12:00 - 20:00
  • 21/05 | 12:00 - 20:00
  • 22/05 | 12:00 - 20:00
  • 24/05 | 12:00 - 20:00
  • 25/05 | 12:00 - 20:00
  • 26/05 | 12:00 - 20:00
  • 27/05 | 12:00 - 20:00
  • 28/05 | 12:00 - 20:00

€ 5 / € 3

Entrée gratuite avec un ticket pour Fever Room

En collaboration avec le Cinema Galeries, le Kunstenfestivaldesarts consacre un programme exceptionnel à l’un des plus importants réalisateurs du XXIe siècle. Maintes fois primé, l’artiste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul développe un langage onirique, contemplatif, hanté par la mémoire et le désir. Tant dans ses films de fiction que dans ses documentaires expérimentaux, ses projets vidéo ou ses installations muséales – qui confrontent souvent le réalisme à la science-fiction, la modernité à l’archaïque, le quotidien aux méditations bouddhistes –, il cultive avec un talent singulier le goût du rêve, du mystère et de la lenteur. Memorandum , une création, retrace le parcours complet de l’artiste : à une rétrospective de ses longs et courts métrages se joint une exposition de ses installations vidéo. Une occasion rare nous est aussi donnée de découvrir ses « journaux intimes en mouvement », sa réponse personnelle aux problèmes politiques et sociaux qui l’alarment. Un événement !

À voir aussi
Fever Room
Tropical Malady
Master class
About Fever Room

Retrospective d’œuvres d’
Apichatpong Weerasethakul

Assistant
Sompot Chidgasornpongse

Administration
Stephanie Hermant

Production exposition
Henri Dekoster, Chaisiri Jiwarangsan

Communication
Robine Petit, Lara Abdessalem

Responsable projections
Deniz Erdem

Présentation

Kunstenfestivaldesarts, Cinema Galeries

Production
Kick The Machine Films

Avec le soutien de
Brussels Hoofdstedelijk Gewest/Région de Bruxelles Capitale, Stad Brussel/Ville de Bruxelles, Thalys, Hotel Marivaux, Géné-Electra, Nationale Loterij/Loterie Nationale

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Interview d’Apichatpong Weerasethakul

Un mémorandum est un aide-mémoire qui enregistre les événements ou observations relatifs à un sujet spécifique. De quoi cette exposition serait-elle le mémorandum ?
Au fil des années, mes films sont devenus une banque de mémoire, en partie parce que je n’ai pas bonne mémoire. Souvent, ils montrent des lieux, des personnes, des couleurs – sans autre intention. C’est aussi un voyage à travers l’histoire de mon chez-moi.

Cette sélection de vidéos et d’installations paraît plus intimiste et plus liée à votre terre natale que vos œuvres récentes.
Mes œuvres sont toujours personnelles. Je suis toujours fasciné par la Thaïlande, par ses différentes strates narratives, ses beautés et ses problèmes divers. J’ai constaté que l’acte d’enregistrer m’a changé, surtout au cours des dernières années, depuis que la situation politique a pris une si mauvaise tournure. Je suis préoccupé par notre obsession du nationalisme, de la vertu et du spiritualisme. Cela empiète sur les droits fondamentaux des citoyens. J’espère que Memorandum reflète certains aspects de ce trajet. Il m’est impossible de présenter toutes les installations, mais j’ai sélectionné différents types de mise en lumière, allant des premières vidéos, il y a 17 ans, aux plus récentes. Pour moi, elles correspondent à la sensation souterraine et intimiste que m’inspirent les espaces aux Galeries.

Dans un entretien accordé aux Cahiers du cinéma cette année, vous mentionnez l’importance des esprits dans la vie quotidienne. Dans cette exposition, ils semblent réellement faire partie intégrante de votre existence.
Oui. Il y a plusieurs types de fantômes qui ont apparu et disparu. D’une certaine façon, réaliser un film est une forme d’exorcisme. Il y avait les fantômes de fables et de shows télévisés de l’enfance et ceux de la violence politique. La réalité et la fiction s’imbriquent et dans une certaine mesure, cela n’importe guère.

Le sommeil paraît aussi adopter une importance dans votre œuvre, de Teem (2007) à Dilbar (2013) et à Cemetery of Splendour (2015).
Pour moi, dormir est comme aller au cinéma. La nuit, nous vivons plus de scénarios qu’au cinéma, et ils sont plus pertinents pour nous, parce qu’ils émanent de nous-mêmes, de notre mémoire. Je me concentre sur le sommeil et les rêves comme outil permettant d’échapper à la réalité, de partir en quête d’un monde ou d’un idéalisme différent. Cela comporte incontestablement une dimension politique.

Pendant la rétrospective, nous présentons quatre programmes de courts métrages. Comment les avez-vous sélectionnés et comment souhaitez-vous que nous ressentions votre œuvre ?
Prenez le temps et laissez-les couler sans les analyser. Je ne fais pas mes films selon une quelconque logique, mais en suivant mes émotions. Parfois les termes de « courts-métrages » et d’« installations » sont interchangeables. Il vaut mieux les considérer comme des « lumières ».

Comment votre œuvre a-t-elle évolué des premières installations comme Windows (1999), à cette exposition ? Et plus particulièrement à présent que vous ajoutez une nouvelle strate à votre œuvre avec la performance en direct ?
C’est étonnant, mais je n’ai pas l’impression que ma pratique a beaucoup changé. Je suis certainement plus conscient de l’histoire de mon pays, mais ma façon de filmer et d’expérimenter demeure égale à elle-même. Même la performance n’est au fond qu’une autre forme de cinéma. S’il me faut distinguer une différence, je crois que quand j’ai commencé, j’ai surtout mis l’accent sur la forme. Mais récemment, je me sens moins limité dans ma recherche de voix nouvelles. Je crois que le mieux est d’écouter le propre rythme de quelqu’un et de le traduire comme le ferait un enfant.

Edouard Meier,
février 2016

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Apichatpong Weerasethakul (1970) est né à Bangkok et a grandi à Khon Kaen, au nord-est de la Thaïlande. En 1994, il commence à réaliser des courts-métrages et des vidéos expérimentales. Et, depuis 1998, il monte des expositions et des installations dans de nombreux pays. Souvent non linéaires et dotées d’un sens aigu du bouleversement, ses oeuvres traitent de la mémoire et abordent de façon subtile des questions sociales et politiques. Ses projets artistiques et ses longs-métrages lui ont valu une reconnaissance internationale et plusieurs récompenses, dont deux prix au Festival de Cannes. En 2005, le ministère thaïlandais de la Culture lui a décerné l’un des prix thaïlandais les plus prestigieux, le Silpatorn . En 2008, le ministre français de la Culture lui a remis l’insigne de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres et trois ans plus tard, en 2011, il recevait l’insigne d’Officier du même ordre. Son film Syndromes and a Century, achevé à la fin de l’année 2006, était le premier film thaïlandais à être sélectionné pour la Mostra de Venise. Apichatpong Weerasethakul est également l’un des 20 artistes et cinéastes internationaux à qui le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies a commandé un court-métrage pour marquer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. En 2009, le Musée du Cinéma autrichien a publié, en anglais, une monographie majeure sur son œuvre. Son projet de 2009, Primitive, se compose d’une installation vidéo de grande envergure, d’un livre d’artiste et d’un long-métrage, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures . En 2010, le film a gagné la Palme d’Or du 63e Festival de Cannes, devenant ainsi le premier film du Sud-est asiatique (et le septième film asiatique) à remporter la récompense cinématographique la plus prestigieuse du monde. En 2012, Weerasethakul était invité à participer à la célèbre exposition quinquennale documenta (13), à Kassel, en Allemagne. L’année suivante, Apichatpong Weerasethakul a obtenu le prix de la 11e Biennale de Sharjah, aux Émirats arabes unis, ainsi que le prix Fukuoka, au Japon. À la fin de l’année suivante, il s’est vu remettre le Prix Yanghyun, en Corée du Sud. En 2016 une rétrospective de l’ensemble de ses films est présentée à la Tate Britain (UK). Apichatpong Weerasethakul vit et travaille actuellement à Chiang Mai, en Thaïlande.

Apichatpong Weerasethakul au Kunstenfestivaldesarts
2005 : Worldly Desires

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