Li Yongbin, Wang Jianwei

Paleis voor Schone Kunsten / Palais des Beaux-Arts

27 april/avril/april - 18 juni/juin/june
Dinsdag tot zondag/Mardi au dimanche/Tuesday to Sunday, 10:00 - 18:00

A Pékin, d'une rencontre naît un double projet pour Bruxelles. D'un côté, le peintre Wang Jianwei écrit pour le théâtre : il créera son Ping Feng, produit par le KunstenFESTIVALdesArts. De l'autre, le Palais des Beaux-Arts décide de contextualiser cette naissance en projetant deux des documentaires poétiques de l'artiste visuel, Production et Living Elswhere. En même temps, le Palais invite les installations du jeune vidéaste chinois Li Yongbin, proche de Wang Jianwei. Loin du narcissisme, Li travaille sur les métamorphoses de ce miroir de l'âme, le visage. Toutes baptisées Faces, ses installations questionnent subtilement le temps et l'identité.

Productie/Production: Vereniging voor Tentoonstellingen van het Paleis voor Schone Kunsten, Brussel/Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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De la création chinoise contemporaine on connaît souvent les tendances les plus expressionnistes : performances durant lesquelles les artistes mettent à mal leur propre corps, peintures où le geste travaille une pâte épaisse. Dans tous les cas une présence, parfois dérangeante, de la chair. Parallèlement, on assiste depuis quelques années en Chine à un développement ultrarapide des formes d'expression contemporaine et à l'explosion d'œuvres à la technologie sophistiquée que facilitent et encouragent les contacts avec le milieu professionnel occidental.

Dans ce contexte, le travail de Li Yongbin semble marqué par une grande retenue et une exceptionnelle économie de moyens. Il utilise la vidéo très simplement, le plus souvent en plans fixes, sans montage ni manipulation d'aucune sorte. Il y a quelques années, il a projeté la nuit, sur le feuillage d'un arbre en face de sa fenêtre, une diapositive montrant le visage de sa mère morte peu de temps avant. Avec le lever du jour, l'image disparaissait, absorbée et dissoute par la lumière. La vidéo enregistrait cela, rien de plus : la présence d'une image, dans un paysage dépourvu de pittoresque, et la durée de sa disparition. C'était d'une extrême simplicité et d'une grande poésie.

Depuis 1996, toutes les œuvres de Li Yongbin portent le même titre : Face. Le visage que l'on y devine est toujours le même : celui de l'artiste. On le voit apparaître et disparaître ou se métamorphoser sans l'aide d'effets spéciaux. Les procédés sont simples : un reflet dans une bassine que l'on remue, deux images superposées qui se décalent légèrement, une vitre qui, selon la lumière, ouvre sur le monde extérieur ou devient miroir. Il ne s'agit pas de narcissisme. Du visage de Li Yongbin nous ne voyons que des reflets, des images que le temps transforme et qui échappent sans cesse. Images mystérieuses et parfois angoissantes quand le visage devient monstrueux. Avec des moyens très simples, Li Yongbin nous confronte à la question du temps et de l'identité.

Pour son exposition au Palais des Beaux-Arts, Li Yongbin présente la série des Faces sous forme de grandes vidéoprojections sur écrans. Des images suspendues dans un espace dont la configuration évoque pour lui le corps humain.

En même temps que l'exposition de Li Yongbin est présenté au Palais des Beaux-Arts le film de Wang Jianwei, Production. A mi-chemin entre le documentaire et le film poétique, Production nous plonge dans l'univers des « maisons de thé » où les hommes se retrouvent pour boire un verre, jouer et discuter. Les conversations vont bon train, nous renseignant, de façon souvent elliptique, sur la société chinoise contemporaine et son évolution.

Quant au film que Wang Jianwei vient de terminer, Living Elsewhere, il s'intéresse aux paysans ayant quitté la campagne pour tenter de gagner leur vie en ville. Tourné à Chengdu, la capitale du Sichuan, Living Elsewhere montre quatre marginaux venus de différentes régions de Chine qui essaient de survivre malgré le chômage et le déracinement, inventant des modes de vie nouveaux aux abords de la cité.
La présentation de ces deux films permet de montrer la diversité du travail de Wang Jianwei, qui signe sa mise en scène de théâtre Ping Feng, produite par le KunstenFESTIVALdesArts.

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