Le Moindre Geste

Théâtre la Balsamine
  • 18/05 | 20:30
  • 19/05 | 20:30
  • 20/05 | 15:00
  • 20/05 | 19:00
  • 21/05 | 15:00
  • 21/05 | 19:00

€ 16 / € 13
1h 30min
FR / NL

Dans The Minor Gesture, la philosophe canadienne Erin Manning défend l’idée que le pouvoir de transformation ne réside plus dans les grands, mais dans les petits gestes, les gestes quotidiens. Les chorégraphes tunisiens Selma et Sofiane Ouissi pensent aussi que les gestes peuvent transcender les différences. Poétiques et politiques, leurs créations enregistrent le langage non verbal et créent des modes de cohabitation basés sur l’attention et l’échange avec l’autre. Leur nouvelle œuvre nous confronte aux récits de vie de Bruxellois en marge du discours dominant. Installation-performance mêlant la vidéo, le mouvement et le dessin, elle nous invite à rencontrer ces citoyens invisibles à travers le geste et l’empathie. Un jeu complexe entre regardeurs et regardés s’opère, les mouvements de l’autre se transforment en partition à lire. Le corps est une archive, susceptible de révéler l’individu dans toutes ses subtilités.

Un projet de
Selma & Sofiane Ouissi

Vidéos
Nicolas Sburlati

Dessins
Judith Van Istendael

Participants
Ahmed, Cristel, Els, Homa, Issouf, Jean-Marie, Karim, Molla, Nil, Radoslav, Rose

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Théâtre la Balsamine

Production
Kunstenfestivaldesarts

En collaboration avec
MSK Gent, Fundació Antoni Tàpies (Barcelone) & 49 Nord 6 Est FRAC Lorraine (Metz), Pianofabriek Citylab

Remerciements
CENTRALE for contemporary art, GC De kroon

Plus de représentations pendant l’exposition
Manufactories of Caring Space-Time (2.06 – 27.08.2017) au MSK Gent, avec le soutien du programme Creative Europe de l’Union européenne

Avec le soutien des
Amis du Kunstenfestivaldesarts

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Le Moindre Geste

Le moindre geste : la force gestuelle qui ouvre l’expérience à sa variation potentielle.
Le moindre geste : l’ineffable qualité qui réoriente ponctuellement l’expérience.
Le moindre geste : ce qui passe souvent inaperçu, ses fils de variabilité improvisée sont négligés bien qu’ils soient en notre sein.

On perçoit le moindre geste dès qu’il se met à se mouvoir dans le champ relationnel. On ressent moins le moindre geste comme une quantité déterminée que comme une faculté de variation, détentrice de potentiel. Ce potentiel nous touche, affectant non pas la forme du geste, mais sa force.

On n’est pas touché par un mouvement représenté ou exécuté par médiation. On est touché par sa force, par sa qualité. On se sent concerné par le mouvement. On est touché par l’ineffable qualité ressentie dans l’expression de l’attention portée au geste. On n’éprouve pas l’impossibilité de répliquer le geste comme un handicap, mais comme une insatisfaction de ce qui ne peut être dit, de ce qui peut uniquement être exprimé par des gestes.

L’œuvre chorégraphique de Selma et Sofiane Ouissi sur le geste est une pratique d’accompagnement du geste. Se mouvoir, c’est être mû. En prolongeant le geste, en créant une taxinomie du geste, leur travail ne cherche pas à le délimiter, mais à activer le potentiel qui le transcende. Il s’agit d’une taxinomie de la variation intérieure du potentiel expressif du geste. Cette part intense d’expression gestuelle ne peut être dépeinte ou exécutée. Elle existe dans l’intersection, dans la partie sous-jacente de la participation, où le fait d’accompagner le geste et d’être touché par une expérience est encore en gestation. Le moindre geste ponctue ce surplus d’expression, donne à ressentir ce qui excède la parole.

Le projet

Les artistes chorégraphes Selma et Sofiane Ouissi s’intéressent à l’interaction entre le langage corporel et l’altérité. En collaboration avec des communautés locales, ils explorent le pouvoir des moindres gestes à transcender les frontières, les différences sociales et les barrières linguistiques. Leurs créations sont à la fois poétiques et politiques. Elles captent le langage non verbal et créent de nouveaux modes de cohabitation basés sur la coopération, l’attention et l’échange avec l’autre.

Le titre du projet est inspiré de l’œuvre The Minor Gesture de l’artiste et philosophe canadienne Erin Manning qui défend l’idée que le pouvoir de transformation ne réside plus dans les grands, mais dans les petits gestes, les gestes quotidiens souvent considérés comme négligeables.

Le Moindre Geste se compose d’histoires de personnes qui vivent à Bruxelles en marge du discours dominant. Dans cette installation performance qui inclut la vidéo, le mouvement et le dessin, les artistes nous invitent à rencontrer ces citoyens invisibles à travers des gestes et de l’empathie. Le corps devient ainsi la mémoire de nos expériences, les archives de notre vécu. Les gestes d’autrui sont transformés en partition collective.

Chaque performance se focalise sur un récit de vie singulier. On peut assister à une seule performance, mais on est tout autant le bienvenu à plusieurs performances pour traverser des récits différents.

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Frère et sœur, les chorégraphes, danseurs et commissaires d’expositions Selma & Sofiane Ouissi (Tunis, 1975 et 1972) créent et dansent ensemble depuis le début de leur carrière. Diplômés du Conservatoire de Musique et de Danse de Tunis, du Centre National de Danse à Tunis, et titulaire d’un diplôme d’État de danse en France, ils sont aujourd’hui des figures majeures de la danse contemporaine dans le monde arabe. Parmi leurs créations personnelles, on peut citer STOP… BOOM (2004) et Waçl (2007), abondamment présentées dans le monde arabe et en Europe. Avec le créateur en arts numériques, Yacine Sebti, ils ont réalisé leur pièce chorégraphique Here(s) à distance et en temps réel à la faveur de l’outil Skype. Le spectacle poursuit sa tournée depuis 2011. Cette même année, avec la documentariste Cécil Thuillier et le monteur Nicolas Sburlati, ils ont réalisé un film chorégraphique inspiré du travail de potières de Sejnane qui a été programmé dans le monde entier (Triennale du Palais de Tokyo à Paris, David Roberts Foundation à Londres, Musée d’Art moderne Louisiana au Danemark, New Museum à New York, etc.). Dans la continuité de leur recherche autour de la gestuelle ancestrale des artisanes de Sejnane, le duo répond à l’invitation d’une nouvelle création pour Marseille-Provence 2013 Capitale européenne de la Culture par une chorégraphie/documentaire intitulée Laaroussa. On a pu voir cette œuvre à la fois chorégraphique, anthropologique et poétique autour du geste des potières dans de nombreux festivals et théâtres internationaux. Invité en 2014 par la Tate Modern à créer une performance dans le cadre du projet Performing Room, le duo a conçu la pièce chorégraphique diffusée en ligne sur la chaîne YouTube de la Tate : Les Yeux d’Argos (septembre 2014). Face au succès de cette collaboration, la Tate Modern a sollicité le duo pour repenser le concept dans le cadre de Do Disturb au Palais de Tokyo, à Paris en avril 2015. En 2007, Selma & Sofiane Ouissi ont fondé l’association L’Art Rue, dédiée à la production et à la diffusion d’art contemporain dans l’espace public en Tunisie. Au sein de cette structure où toutes les disciplines artistiques, la pensée et la réflexion universitaire cohabitent, se croisent et se rencontrent, le duo a créé la biennale pluridisciplinaire d’art contemporain Dream City, la fabrique artistique d’espace populaire en région rurale Laaroussa, la revue Z.A.T (Zone Artistique Temporaire) et développé tout un programme de soutien à la jeune création tunisienne ainsi qu’un programme jeune public.

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