I miss you!

Il parcourt un catwalk. Sur un tissu blanc virginal, l'artiste performeur italo-britannique Franko B. exhibe son corps meurtri, un corps pâle qui saigne pour le spectateur et laisse derrière lui des traces de beauté et d'impureté. Un écoulement innommable et émouvant plein de douleur, d'amour, de haine. Le corps de l'artiste raconte la force, la fragilité et l'angoisse de l'existence humaine. Une représentation unique à Bruxelles.

Par et avec:

Franko B.

Vidéo My heart is broken:

Franko B.

Franko B est un artiste associé à Artsadmin:

Présentation:

BOZAR EXPO, KunstenFESTIVALdesArts

Back to top

Je me sens vide

Mon œuvre est ma contribution à la société dans laquelle je vis. J'utilise l'art comme une langue pour transmettre les choses qui m'inquiètent. Pour moi, c'est la façon la plus éloquente de communiquer.

Nous sommes tous des réfugiés : ceux qui vivent en marge de la société, marginalisés par leur sexualité ou leur origine, et ceux qui traînent un fardeau imposé par les structures d'une culture dominante, occidentale, capitaliste. Je refuse de participer à des histoires Coca Cola ou Madonna.

Cela ne m'intéresse pas de continuer à vivre en tant qu'artiste après ma mort. Ce qui m'intéresse, c'est l'idéal d'une communauté sans carte de membre dans tel ou tel cercle artistique. Cet idéal est lié à notre capacité à partager, notre capacité pour le compromis et notre contribution à la langue (la langue est la vie).

Mon art est une incarnation de moi-même, et mon corps est toujours présent dans mon travail, que ce soit pour un événement, pour une photo ou un objet. Bien que mon travail soit très personnel, je ne veux pas faire du nombrilisme : mon travail a une motivation sous-jacente et je ne cherche pas non plus à faire de la propagande. J'utilise le corps d'une manière qui me donne de l'éloquence, mais pas comme un idéal bourgeois. Il ne s'agit pas de moi moi moi, mais de moi-même et ma valeur en tant que personne dans la société actuelle. Cela ne se traduit pas simplement en chiffres, basés sur des critères comme la valeur commerciale ou la position sur le marché artistique. Je n'en perd pas le sommeil en me demandant si je vais taper dans l'œil de Saatchi. Les artistes peuvent contribuer à une vision de la valeur humaine. Même si tu ne peux pas traduire ton art en bénéfices économiques, il vaut toujours la peine de continuer, de persévérer.

Mon œuvre représente le corps dans son état le plus charnel, existentiel et essentiel, et confronte la condition humaine d'une manière objectivée, fragile et fortement séductrice.

J'utilise la vidéo comme un journal, un reflet de toutes ces choses auxquelles je m'expose dans la vie quotidienne. C'est un enregistrement de vie, d'amour, de guerre; une tentative pour fixer des choses qui me touchent et me brisent le cœur. Pendant deux ans, j'ai photographié des gens qui dormaient dans la rue à Londres, dans les espaces perdus que je parcours en me déplaçant du point A au point B.

J'aspire à utiliser le corps d'une façon qui ne viole pas sa dignité, tout en adoptant une attitude responsable vis à vis de moi-même et de mon œuvre. Mon but : créer une langue qui parle de choses qui nous montrent que nous ne sommes pas seuls. Nous saignons tous de l'intérieur.

J'utilise des objets qui m'appartiennent ou que je m'approprie. Je couvre des objets ménagers mis au rancart, avec des toiles pleines de sang provenant de mes représentations. Ainsi, je prolonge leur durée de vie en me les appropriant, en leur offrant de l'amour et un nouveau foyer. Tout le travail que je produis est le résultat de recyclage. J'utilise le sang comme plus qu'un simple exercice physiologique. Le sang donne la vie. Le sang est plus épais que l'eau.

Je crois à la beauté, mais une beauté qui n'est pas détachée de la vie. Mon aspiration est de rendre supportable l'insupportable, de défier le spectateur pour qu'il révise sa propre conception de la beauté et de la souffrance.

Franko B

Back to top