Heureux Séjour

Filmmuseum / Musée du Cinéma

11. 12/05 > 18:30
13/05 > 11:00 & 15:30 > Debate

FR - Subtitles: FR & EN - 52’ -

" Sans caméra, je n’aurais jamais osé les regarder de si près. Il y avait comme un malaise, une gêne, une peur… Puis, derrière l’œilleton, moins lâche, comme protégée, j’ai voulu voir et entendre les silences et les récits, hors du temps. Voir et entendre ma grand-mère et ses " voisines de repos " se préparer à quitter la vie pour aller vers la mort. "

Réalisation & image : Marta Bergman

Assistante à la réalisation : Paola Stevenne

Avec : Mina (ma grand-mère) Léa, Bella, Madame Toledo, Madame Hayatt, Madame Szafran, Madame Galante, Madame Berlinska, Madame Rappel, André Reinitz, Myriam Fucks, Aldo, Ida, Maud, Jean-Claude, Diane, Madame Etienne, Emilia, Kathy, les « coiffeuses », tout le personnel et les pensionnaires de l'Heureux Séjour.

Son : Frédéric Meert

Montage image : Anne De Jaer

Montage son : Frédéric Meert

Mixage : Jacques Clisse

Assistant image : Sébastien Koeppel

Format : Amaury de L’Escaille

Autocue : Magdalena Serna (Imagique)

Sous-titrage : Rachel Russo

Etalonnage : Michael Faber

Studio montage : RTBF, Luna Blue Film (avid), Aléa Jacta Postproduction

Assurances : Olivier Héger

Production : Luna Blue Film

Producteur délégué : Serge Kestemont

Coproduction : RTBF Bruxelles, CBA (Centre de l'Audiovisuel à Bruxelles)

Producteurs associés : Hugues Le Paige (RTBF Bruxelles), Kathleen de Béthune (CBA)

Délégué à la production RTBF : Roch Bosquée

Assistants de production : Audrey Fraeys, Christine Thonnet, André Collinet

Avec la collaboration de : Willy Perelsztejn

Avec l'aide du : Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique, la bourse "Brouillon d'un rêve" de la S.C.A.M., KunstenFESTIVALdesArts

Remerciements à : Monsieur Marcel Johakimowicz, toute l'équipe du home Heureux Séjour, Carine Bratzlavsky, Claire Colart, Frédéric Fichefet, Ronnie Ramirez

Présentation : Filmmuseum/Musée du Cinéma, KunstenFESTIVALdesArts

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Marta Bergman:

" Je ne sais jamais quoi répondre à ma grand-mère quand elle me parle de sa propre mort. Je fais semblant de ne pas l’entendre, je change le cours de la conversation, pour la distraire et surtout, pour y échapper. Je me sens incapable d’affronter ce sujet, de la même manière que j’ai de plus en plus de mal à aller lui rendre visite depuis qu’elle décline. Elle a perdu beaucoup de sa vivacité d’esprit. Elle ne sort plus, ne lit plus, ne regarde plus la télé. Ce repli sur elle-même, accompagné d’une allégeance de plus en plus grande à la " maison de retraite ", me rend presque hostile à son égard. Comme si je lui en voulais d’être devenue si vieille, si fragile, oublieuse de notre complicité. Le fait qu’elle me quitte et que je ne peux rien faire pour la retenir, me fait fuir, lâchement. Cet endroit où elle vit est aussi sinistre que fascinant, à cause des personnalités que j’y ai rencontrées. Car j’ai choisi de filmer d’autres personnages que ma grand-mère. Pour les choisir, je me suis laissé emmener par l’une et par l’autre. "

" Derrière le dispositif du film, cachée derrière la caméra, j’ai eu le courage de regarder des gens si vieux. Et finalement, peut-être que l’expérience que j’ai faite sera plus importante que le film, car, avant de filmer, je n’ai jamais vraiment osé les regarder, ça me faisait trop peur. Même si depuis je n’y retourne pas plus souvent, parce qu’une fois le dispositif enlevé, j’ai retrouvé ma lâcheté. C’était un tournage à la fois très difficile et très intéressant. Je me suis laissé emmener par la mémoire des gens en choisissant de garder les souvenirs qui, pour eux, étaient les plus importants et qui ne sont pas forcément ceux auxquels on s’attend. Ce sont des gens très vieux qui ont vécu des guerres, l’exil, la déportation, la résistance. Il y en a qui restent en fin de vie avec des obsessions tout à fait étranges. Celles-ci, apparemment, les préoccupent plus que la vie tumultueuse et difficile qui est la leur. C’est ça qui m’a intriguée. Quelles obsessions ? Un souvenir de vacances, un voyage, la pauvreté, des faits divers… "

" Je n’ai pas essayé de reconstituer des récits de vie, je ne voulais pas situer le film dans le passé, mais plutôt mêler le passé au présent et au futur qui est inévitablement la mort. Indépendamment de ce que les gens racontent, ce qui m’intéresse c’est la vieillesse extrême. Dans mon film, j’ai volontairement accentué l’isolement. Montrer les obsessions, leur isolement. "

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