Here, As If They Hadn't Been, As If They Are Not. An Epilogue. The Invisible Dances

18.19.20/05>20:30
2H15

Une pièce sans intrigue, ni commencement ni fin. Elle vacille d'histoires enfouies au cœur de corps à la présence dérobée : Ici, Comme S'ils N'avaient Pas Été, Comme S'ils N'étaient Pas. La scène est vide, hors temps. Douze performers, voyants et non voyants, y évoluent dans différents « états » dont la perception est guidée / altérée par les métamorphoses de l'image scénique. Nos yeux échouent à les capter dans leur intégralité. Simon Vincenzi est metteur en scène et chorégraphe, Frank Bock, performer et chorégraphe. Ils clôturent à Bruxelles un cycle amorcé en 1995 The Invisible dances, série de précis oniriques qui ont pour sujet les sens, leurs basculements, leurs mécanismes compensatoires. Ou l'art d'emplir l'absence par de nouvelles présences, inouïes, intensément tangibles...

Concept:

Frank Bock & Simon Vincenzi

Mise en scène:

Simon Vincenzi

Chorégraphie:

Frank Bock

Avec:

Frank Bock, Gary Clarke, Theo Cowley, Rose English, Valentina Formenti, Joanna Fong, Tim Gebbels, Nanette Kinkaid, Navraj Sidhu, Mike Taylor, Mary Herbert.

Musique:

Luke Stoneham

Lumière:

Chahine Yavroyan

Vidéo:

Andrew McGregor

Costumes:

Mr Pearl & Sonya Harms

Texte:

Fiona Templeton & James Brown

Direction de production:

Koen van Geene.

Project management:

Nicky Childs & Frances Scott, Artsadmin

Présentation:

Kaaitheater, KunstenFESTIVALdesArts

The Invisible Dances triptych was developed through a series of commissions from Snagged & Clored, Royal Opera House & The Venice Biennale with additional support from Arts Council England, Dance4, Laban and Queen Mary, University of London and the British Council. An Artsadmin project.

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Entrevue avec Frank Bock, performer et chorégraphe de Bock & Vincenzi

Dans quel paysage artistique situeriez-vous votre œuvre ?

Notre travail ne s’inscrit pas dans le courant contemporain dominant, il bascule hors de lui. Il franchit les frontières entre la danse, le théâtre, la performance, entre les arts vivants et les arts plastiques.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Les œuvres qui ne se livrent pas d’emblée mais qui me tiennent en leur pouvoir m’inspirent. Dans ce sens, la rencontre avec le travail de Romeo Castellucci m’a profondément marquée.

Peut-être est-ce ce qui manque au théâtre et à la danse qui nous a inspirés à chercher des réponses différentes. Avec Castellucci, nous partageons la foi en l’expérience du théâtre – cet instant où des êtres sont assis dans le noir, vivant ensemble une durée et un échange.

Pouvez-vous raconter comment vous est venue l’idée de votre cycle Invisible Dances ?

Le projet germa en 1999 dans un laboratoire pour chorégraphes et compositeurs. Notre compositeur Luke Stoneham s’intéressait à des bandes-sons uniquement audibles par les performers. Qu’étaient-ils en train d’écouter ? Partant de rien, nous nous sommes mis à fouiller l’idée du « rien ». En travaillant à obturer tout bruit ambiant, nous avons été conduits vers les clameurs intérieures du corps. Ceci fut notre point de départ. Luke a créé des compositions de sons du corps intérieur, tandis que nous explorions les sens pour trouver comment leur donner vie dans les espaces ouverts par les compositions de Luke. À partir de là, chaque élément de recherche s’est développé à partir des questions ouvertes par les éléments précédents. Nous avons alors mis au point des vocabulaires pour explorer les différents types d’espaces et leur rapport à l’absence.

Pourquoi avez-vous choisi de clore ce cycle maintenant et quelles sont les particularités de cette dernière étape ?

Le projet fit la transition entre la recherche pure et ce moment où la signification de sa présentation devant un public devenait plus importante. Longtemps, nous avons tenté de repousser le plus loin possible cette conclusion d’Invisible Dances. En 2003, nous avons créé une performance pour téléphone. En 2004, nous avons présenté son prélude et, en 2005, son premier acte. En 2006, nous sommes parvenus au dernier acte, une manière d’écrire le point final. Cela ne réduit nullement la possibilité de le rejouer encore.

Qu’avez-vous appris sur le corps (et les perceptions) en travaillant avec des non-voyants ?

Nous avons appris qu’il n’existe pas de cécité qui ne présuppose un langage ou une manière spécifique de répondre, susceptible d’être traduit. Nous avons également appris que l’abstraction entretient une relation particulière avec la vue. Il est nous devenu plus difficile de parler de ce que nous entendons par intérieur et extérieur.

Ce projet se positionne-t-il littéralement ou métaphoriquement dans le contexte de la société dans laquelle vous vivez ?

Notre travail tente de présenter les accès à différents espaces par le corps, en n’en révélant que partiellement la nature. Les chevauchements et collisions entre ces espaces sont devenus le travail lui-même. Il existe peut-être un sens littéral au fait d’« être » dans différents types d’espaces intermédiaires, que l’on pourrait mettre en rapport avec notre époque, mais nous avons toujours été plus attirés par la poésie – des corps abandonnés et ouverts en quelque sorte par leur absence.

Quel est l’objectif commun sous-jacent de votre projet chorégraphique ?

Dans notre travail, nous avons toujours voulu explorer le mystère de l’image, la mémoire, la communication, le temps, le moi divisé, la conscience, la mort et la disparition.

Dans la forme que prend ce projet, que considérez-vous comme important à explorer ?

En réponse à l’espace du Kaai, nous continuons à étudier le rapport entre le point de vue et le public ; l’avant-scène et le voyage de retour dans l’espace, détaché de la salle. Nous essayons également de donner « à la pièce elle-même » un contrôle plus important sur le matériau. En un sens, nous ignorons comment les éléments de chaque performance s’inscriront dans la structure plus large du cycle.

Comment les particularismes de vos visions et perceptions respectives vous enrichissent-ils lors de la conception et du processus créatif ?

Nous partageons sacrément les mêmes inclinaisons, je suppose. J’éprouve du plaisir à essayer de reconstruire les éléments qui défient le processus de définition des règles d’où émerge le langage physique. Cela vient de mon intérêt, en tant que danseur, pour la tension qui existe entre le contrôle et la spécificité du mouvement dès qu’on l’abandonne. Les talents de scénographe de Simon encadrent et définissent ce processus que nous partageons.

Quel type de rapport aimez-vous créer avec le public ?

Nous sommes conscients de l’exigence que notre travail impose au public. Pour exister, notre pièce a besoin du public, elle l’emmène sur un chemin qui lui est propre.

À votre avis, quelle serait la place idéale de la danse dans la société contemporaine ?

Nous n’avons pas particulièrement l’intention précise de dire quelque chose sur la danse contemporaine. Notre objectif est de présenter des spectacles qui interrogent et défient la perception.

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Le performer/chorégraphe Frank Bock et le metteur en scène/scénographe Simon Vincenzi travaillent ensemble depuis 1995. Dans leurs projets de théâtre et danse s'adressant aux adultes aussi bien qu'aux enfants, ils étudient la relation entre langage corporel et mystère de l'image. Résolument conceptuel, leur travail s'élabore en collaboration avec des professionnels des disciplines les plus variées : danseurs, acteurs, artistes de performance, compositeurs, musiciens, philosophes, prestidigitateurs et cinéastes. La mémoire, la communication, l'être dualiste, la mort et la disparition sont des thèmes récurrents sur base desquels ils créent sur la scène des univers mystérieux, suggestifs et d'une profonde richesse.

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