EXIT

Beursschouwburg

1h

15/05 – 18:00
17/05 – 15:00 + 20:30
18/05 – 18:00
19/05 – 18:00
20/05 – 18:00
21/05 – 18:00
22/05 – 22:30
23/05 – 15:00 + 22:30
24/05 – 15:00 + 20:30

EXIT est le titre d'un spectacle basé sur un projet de recherche mené par Kris Verdonck et la danseuse et chorégraphe Alix Eynaudi, en collaboration avec le musicien Rutger Zuydervelt (Machinefabriek). Le point de départ de ce projet est la question : au sein d'un dispositif théâtral classique, et en faisant appel à l'intégralité des moyens dont il dispose, quelle influence le théâtre peut-il exercer sur la perception sensorielle des spectateurs ? Dans quelle mesure des artistes sont-ils capables de s'adresser à la conscience et à l'inconscient du public par le biais des outils théâtraux ? Le public vient au théâtre pour y éprouver quelque chose, pour y vivre une expérience. Quelles impulsions notre cerveau enregistre-t-il dans la vie de tous les jours, et en quoi ces impulsions se distinguent-elles de celles reçues au cours d'un spectacle ? Le spectateur, immobile sur son siège dans l'obscurité d'une salle chauffée pour lui, se réduit à un état de passivité physique alors que sa réceptivité mentale s'accroît, que son état de conscience se modifie. Il est possible de manipuler ces modes d'être spectateur , par exemple en rendant l'obscurité plus complète, en augmentant la température dans la salle, en rendant les sièges plus confortables... Dans quelle mesure l'artistes est-il capable de s'adresser à la conscience et à l'inconscient du public à travers des outils théâtraux ? Découvrez-le dans cette pièce extraordinairement sensorielle.

Concept
Kris Verdonck & Alix Eynaudi

Danse
Alix Eynaudi, Boglárka Börcsök

Dramaturgie
Marianne Van Kerkhoven

Musique
Rutger Zuydervelt / Machinefabriek

Coordination technique
Jan Van Gijsel

Lumière & technique
Luc Schaltin

Costumes
An Breugelmans

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Beursschouwburg

Production
A Two Dogs Company

Coproduction
Über Lebenkunst; un projet initié par la Fondation Fédérale Culturelle Allemande et Haus der Kulturen der Welt (Berlin)

Avec le soutien de
Vlaamse Overheid, Vlaamse Gemeenschapscommissie

Remerciements à
Dr. Jan Lehembre

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La quête de repos

En 1880, Paul Lafargue, politicien socialiste français, journaliste et gendre de Karl Marx, écrit le traité satirique Le droit à la paresse. Si Lafargue revenait aujourd’hui dans notre monde toujours plus trépidant, il secouerait la tête avec stupeur. Quelles valeurs la détente, le repos, le calme, le silence, le sommeil, la paresse ont-ils encore dans notre société actuelle ? Ne sommes-nous pas, plus que jamais, prisonniers de la production et de la consommation qui nous sont imposées ? Ce même capitalisme que combattait Lafargue a de surcroît trouvé toutes sortes de moyens pour exploiter notre repos, nos loisirs et notre paresse. Ce dont nous avons véritablement besoin pour que nos existences connaissent le calme et la sérénité est un « temps libre de consommation », écrivait l’auteur allemand Heiner Müller. Revendiquer ce temps-là est d’emblée considéré comme un acte subversif qui affecte la production et la consommation obligées.

Cette quête de repos est un élément central d’EXIT, un spectacle et une recherche du créateur de théâtre et plasticien Kris Verdonck et de la danseuse et chorégraphe Alix Eynaudi, en collaboration avec le créateur de musique et de son Rutger Zuydervelt (Machinefabriek). En partant d’un cadre théâtral classique – une salle, des spectateurs face à une scène où se déroule une représentation –, ils souhaitent examiner quelle influence les divers médias du théâtre (lumière, son, mouvement, langage, image, scénographie, etc.) peuvent exercer sur les perceptions sensorielles et l’état d’esprit des spectateurs. Dans quelle mesure les artistes peuvent-ils jouer sur le (sub)conscient ou le système nerveux du spectateur par le biais de ces outils théâtraux ?

EXIT
« To be or not to be, (...)
To die, to sleep, no more (...)
To sleep! Perchance to dream (...) »
William Shakespeare, Hamlet, Act III, Scene I

Le public vient au théâtre pour y « éprouver » quelque chose, pour y « vivre une expérience ». Quelles impulsions notre cerveau enregistre-t-il dans la vie de tous les jours, et en quoi ces impulsions se distinguent-elles de celles reçues au cours d’un spectacle ? En principe, le spectateur entre dans la salle dans un état de réceptivité, d’ouverture d’esprit. Puis il reste assis dans le noir, immobile sur son siège dans une salle chauffée. Physiquement, il est poussé à la passivité, mentalement il se trouve – à cause de la concentration dont il doit faire preuve pour absorber ce qui lui est présenté – dans un état de conscience « modifié », c’est-à-dire dont le niveau d’attention s’écarte de son état habituel (avant ou après le spectacle). Il est possible de manipuler ces circonstances, par exemple en rendant l’obscurité plus complète, en augmentant la température dans la salle, en rendant les sièges plus confortables…

Mais quels stimuli sensoriels produits sur scène pourraient bien avoir un effet soporifique ? Nos expériences au cinéma et devant la télévision nous apprennent que certains sons peuvent susciter une certaine tension. Y a-t-il des sons capables de produire une détente totale ? Certains types d’éclairage peuvent-ils affaiblir notre attention ou même la réduire à zéro ? L’effet des structures narratives sur notre état d’éveil est-il supérieur à celui des formes abstraites (danse, musique) dans lesquelles la répétition joue un rôle important ? Les personnages, situations, conflits concrets retiennent-ils davantage notre attention ? Nous laissons-nous guider – consciemment ou inconsciemment – par un arc de tension dramatique ? Et qu’en est-il du langage, que nous tentons de comprendre, mais qui peut aussi faire fonction d’incantation et provoquer un état d’exaltation, de transport ? À côté de la mise au point d’expérimentations diverses avec les paramètres théâtraux, Kris Verdonck et Alix Eynaudi ont inclus dans le processus de travail les connaissances de scientifiques et de parascientifiques. Ils ont pris contact avec des spécialistes du sommeil, des neurologues effectuant des recherches sur le cerveau, des hypnotiseurs, et ainsi de suite.

Kris

Verdonck : « Le phénomène du sommeil est directement lié à une bonne qualité de vie, à l’apprentissage, la compréhension, le développement intellectuel et émotionnel. Mais c’est justement le sommeil qui est résolument dévalorisé à notre époque capitaliste, fordiste. Dormir est généralement considéré comme une perte de temps. À mes yeux, le sommeil est un élément anarchique, non pas destructif, mais dangereusement constructif. Notre étude a révélé l’existence de deux types de sommeil et de rêves : au cours de la première phase, celle du ‘sommeil profond’,les informations qui ont été réunies au cours de la journée et qui doivent être retenues sont stockées là où elles pourront être facilement retrouvées plus tard. Le second type de sommeil est le ‘sommeil paradoxal’ ou ‘sommeil REM’, pendant lequel s’effectuent des associations d’idées et des mises en relation qui vont nous permettre de mieux comprendre les choses et de nous forger des opinions. Autrement dit, pendant notre sommeil, notre cerveau s’active en permanence à assembler des informations, à tous les niveaux. Par conséquent, le sommeil est indispensable pour comprendre le monde qui nous entoure.Prendre une décision importante se fait de préférence ‘à tête reposée’.On raconte cette blague : ‘Les collaborateurs de Microsoft travaillent jusqu’à 72 heures d’affilée et quel est le résultat ? Il suffit de regarder les ordinateurs qu’ils produisent !’ C’est bien vrai. Notre mode de vie et l’organisation actuelle de la société nous empêchent de prendre le temps de dormir et, en conséquence, d’en arriver à de bonnes décisions. Sans sommeil, nos idées et nos connaissances se font superficielles, deviennent des produits de masse et sont donc facilement écartées. Nos idées deviennent moins dangereuses. La contradiction qui en résulte est prodigieuse : en ne faisant rien, l’être humain devient plus productif, tandis que ses connaissances s’approfondissent. Nous devenons par conséquent moins vulnérables dans un monde submergé d’informations et de choix. »

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Les différentes formations qu’a suivies Kris Verdonck (1974) – arts visuels, architecture et théâtre – se retrouvent dans son travail : on peut situer ses créations à la frontière entre les arts plastiques et le théâtre, l’installation et la performance, la danse et l’architecture. Comme metteur en scène et plasticien, il a déjà réalisé une large variété de projets, entre autres 5 (2003), Catching Whales Is Easy (2004), II (2005). Les premiers STILLS, composés de projections gigantesques, ont vu le jour en septembre 2006, à l’occasion de La Notte Bianca à Rome. En novembre 2007, il a réalisé l’installation théâtrale I/II/III/IIII. La création de son deuxième projet pour grande salle END a eu lieu en mai 2008 pendant le Kunstenfestivaldesarts. Souvent, il présente des combinaisons de ses installations/performances sous la forme de VARIATIONS.VARIATION IV, un parcours de 7 installations, a été présenté lors du Festival d’Avignon 2008. En 2010, Kris Verdonck a réalisé le spectacle-parcours ACTOR #1 qui montre trois variantes de la métamorphose du chaos vers l’ordre. K, a Society, un parcours de 10 installations et projections inspiré par le travail de Franz Kafka, est né lors du festival Theater der Welt 2010 à Essen en Allemagne. En 2011, Verdonck a présenté deux recherches : TALK concerne la langue tandis qu’EXIT, un projet créé avec Alix Eynaudi, examine le théâtre en tant que moyen d’expression. En 2011 toujours, la maison d’art contemporain Z33 à Hasselt a présenté la première exposition solo de son travail,EXHIBITION #1, ainsi qu’une nouvelle œuvre : EXOTE. La première de M, a reflection a eu lieu au Vooruit à Gand en 2012. Sur scène, Johan Leysen entamait le dialogue avec son antipode digital, par le biais d’un matériau textuel de Heiner Müller. La dernière création de Kris Verdonck, H, an incident a eu lieu lors du Kunstenfestivaldesarts 2013. Il s’agit d’un projet musical pour grande salle, inspiré par la vie et l’oeuvre de Daniil Harms. En octobre 2014, la première d’UNTITLED, un nouveau solo pour le danseur espagnol Marc Iglesias, a eu lieu au Kaaitheater et en 2015 ISOS sera finalisé. Cette nouvelle installation vidéo 3D s’inspire de l’oeuvre de l’auteur britannique de science-fiction J. G. Ballard et des images scientifiques expérimentales du photographe Eadweard Muybridge.

Après une formation en ballet à l’École de l’Opéra de Paris, Alix Eynaudi (1976) danse au sein de différentes compagnies de danse classique avant d’entrer à P.A.R.T.S., l’école d’Anne Teresa De Keersmaeker, l’année de sa création. En 1996, Alix Eynaudi rejoint Rosas où elle travaille durant 7 ans, participant aux créations de 6 pièces : Just Before, Drumming, I said I, In real Time, Rain, April me, et aux reprises de trois pièces du répertoire de la compagnie : Woud, Achterland et Fase. Depuis, elle crée ses propres pièces : Crystalll (2005, avec Alice Chauchat) ; Supernaturel (2007) ; The Visitants (2008) et Long Long Short Long Short (2009, avec Agata Maszkiewicz) ; EXIT (2011, avec Kris Verdonck) ; Monique (2012, avec Mark Lorimer). Actuellement elle travaille sur unnouveau projet : Edelweiss (2015). Parallèlement à son travail, ellecontinue à développer des projets avec d’autres artistes, notamment entant qu’interprète. Ainsi, elle tourne actuellement manger, la nouvellepièce de Boris Charmatz. Elle collabore régulièrement avec le collectifSuperamas, Anne Juren, Kris Verdonck, e.a. Le travail d’Alix Eynaudiinclut aussi l’enseignement: elle donne régulièrement des workshops àP.A.R.T.S (Bruxelles), ImpulsTanz (Vienne), et ailleurs.

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