Estrellas

5/05>20:30, 6/05>22:30, 7/05>18:00
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Villa miseria de Barracas : un bidonville dans la banlieue de Buenos Aires. Pour leurs besoins d'authenticité, cinéastes et publicitaires y font leur marché d'images et visages « trash ». Et les habitants de jouer « les pauvres », ... leur propre réalité. L'un d'eux ouvre une agence de casting et propose aux producteurs des « gueules » plus vraies que nature, figures « ready-made » de braqueurs, drogués, taulards... Il devient le lien entre la « faune » de la Villa et le monde du show-biz « extraterrestre ». Le film de Féderico Léon et Marcos Martinez explore ce cuisant paradoxe : les relations entre l'art et le bidonville, la (re)présentation de la pauvreté, la mode du marginal et le « self-management » comme méthode de création et de survie. Collision entre réel et fiction.

Mise en scène:

Federico León, Marcos Martinez

Assistant mise en scène:

Marianela Portillo

Avec:

Julio Arrieta, Ester Oviedo de Arrieta, Héctor Arrieta, Rubén Arrieta, Juan Arrieta, Candela Arrieta, Nahuel Arrieta, Rocío Arrieta, Beatríz Ríos de Arrieta, Manuel Rojas, Ismael Eliazur, Ramón Piedra Buena

Caméra et photographie:

Julián Apezteguía & Guillermo Nieto

Son:

Rufino Basavilbaso

Producteur:

Nathalie Cabirón

Producteur exécutif:

Jimena Monteoliva

Photos:

Nora Lezano & Sebastián Arpesella

Design, Web site and Consultancy:

Gustavo Romano

Direction de production:

Tatiana Saphir

Production:

Tresplanos cine

Coproduction:

The Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative, KunstenFESTIVALdesArts

Présentation:

Théâtre National de la Communauté française, KunstenFESTIVALdesArts

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Buenos Aires, mars 2006

Survivant dans la marge de la société, des anonymes découvrent qu’ils peuvent s’en sortir grâce à l’art et au travail : en jouant leur propre rôle et en exploitant leur habitation comme décor de cinéma. Un mélange s’opère qui met face à face des acteurs professionnels et d’autres – amateurs, des réalisateurs et des poètes des bidonvilles, des producteurs étrangers et des ménagères devenues vedettes de cinéma. Tous sont investis dans le même projet artistique. Rencontres et clivages entre deux mondes aux reflets très contrastés ; le bidonville s’adapte et devient un immense décor cinématographique.

S’y tourne un film de martiens entièrement interprété par les « stars » du bidonville et des navettes spatiales y sont fabriquées à partir de déchets. Des exclus sans vocation artistique se donnent autant de mal à construire une navette qu’à trouver de quoi manger.

Ce sont là les facettes d’un phénomène en cours en Argentine : des liens d’un genre nouveau se tissent entre l’art et la marge.

Notre documentaire témoigne de ces démarches qui visent à développer des activités artistiques dans des lieux situés à l’écart des circuits culturels officiels. Ce type de projets émane aussi bien du monde du cinéma et de la télévision que de la danse, du théâtre ou des arts plastiques : ils sont menés par des artistes indépendants, des organismes publics, des compagnies publicitaires ou des producteurs de cinéma et de télévision.

Au cœur cette constellation émerge un homme, Julio Arrieta. Figure de proue parmi les exclus des bidonvilles, ce père de 12 enfants est directeur d’une compagnie de théâtre amateur dans le quartier Villa 21 (bidonville à la lisière de Buenos Aires). Il organise différents types d’activités artistiques. Désireux de nouer des relations avec des artistes qui ne sont pas issus du bidonville, Arrieta s’est efforcé de créer un lien entre l’intérieur et l’extérieur : l’extérieur considère tout contact avec le monde des exclus comme dangereux ; l’intérieur regarde souvent les nouveaux venus comme des extraterrestres. Arrieta est ainsi devenu un producteur professionnel d’événements artistiques et un imprésario pour des acteurs amateurs qui apparaissent dans de nombreux films et programmes télévisés sous les traits de voleurs, drogués, taulards ou autres « piqueteros ».

La maison de Julio Arrieta a servi de décor à plusieurs films argentins et étrangers. Depuis sa construction, elle a subi de nombreuses transformations et améliorations en fonction des exigences particulières des productions qui y étaient tournées. Julio fait visiter sa maison comme s’il s’agissait d’un musée qui documente les contacts que les habitants du bidonville ont eus avec des artistes venus de l’extérieur.

Sur base d’un court récit de science-fiction écrit par Julio Arrieta, Sebastián Antico a tourné dans le bidonville un film mettant en scène des martiens : un projet cinématographique réalisé avec l’aide d’un jeune réalisateur venu de l’extérieur. Les différentes facettes de la relation entre Arrieta et Antico, de même que le film qu’ils ont tourné ensemble, nous livrent un condensé des principaux thèmes mis en lumière dans notre documentaire : l’art et le bidonville, la marginalité comme thème récurrent de la fiction, les acteurs professionnels et amateurs, l’auto-organisation spontanée comme méthode de création et de survie, le mélange et l’intégration de l’intérieur et de l’extérieur, la frontière entre la fiction et le documentaire.

Nous avons voulu donner une image différente du bidonville, une image autre que celle généralement rendue par des prises de vue imprécises tournées caméra à la main, d’une manière qui ne fait qu’amplifier l’écho des caractéristiques du bidonville – lieu surpeuplé, sale, pauvre, chaotique, confus et imprévisible.

Nous avons au contraire privilégié une esthétique de la précision. Nous avons essayé de composer avec le chaos et recouru à la manière étudiée, utilisée pour les films de fiction : mouvements de caméras soigneusement fixés à l’avance, script pré-écrit et le découpage en scènes. Ce choix reflète la position singulière de Julio Arrieta dans le bidonville : un esprit raffiné dans un environnement qui ne l’est pas.

Notre film décrit la relation de Julio Arrieta et du jeune réalisateur Sebastián Antico par le biais de leurs interviews et déclarations respectives, mais aussi par un tournage sur le tournage de leur film « El Nexo ».

Nous montrons en outre comment Julio Arrieta, sa famille et ses voisins, participent à différentes étapes du processus de réalisation. Il nous semblait également intéressant de montrer la « transition » de la réalité à la fiction, de la personne d’Arrieta au personnage d’Arrieta. Pour exemple, nous avons filmé Arrieta avant, pendant et après le tournage d’une scène.

Dans la foulée de ce documentaire, nous avons pour projet d’organiser un festival de cinéma sur place, à Villa 21 : une sorte de curriculum vitae du bidonville qui réunira toutes les apparitions à la télévision et au cinéma des acteurs dont Arrieta est l’agent. Il a toujours rêvé d’un tel événement. Nous souhaitons également concevoir le premier site Web de Villa 21, ce qui facilitera notamment les contacts entre les artistes qui en sont issus et les producteurs. Ces actions visent à produire quelque chose qui présente un intérêt tout particulier à nos yeux : générer dans le réel de la « réalité », selon l’idée qu’un documentaire peut entraîner des changements concrets dans la réalité qu’il traite.

Notons encore que certaines images du documentaire ont été réalisées par ceux dont il y est question. Par moments, nous avons confié la caméra à l’un ou l’autre habitant du bidonville de manière à ce qu’il puisse tourner des images selon son propre point de vue, ce qui a suscité des échanges artistiques entre nous et les habitants du bidonville : c’est là tout le sujet du film.

Federico León et Marcos Martinez

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Le metteur en scène, auteur et acteur Federico León est né à Buenos Aires en 1975. Il a écrit et mis en scène Cachetazo de Campo, Museo Miguel Angel Boezzio, Mil quinientos metros sobre el nivel de Jack, El Adolescente. Sa pièce Ex-Antuán n'a encore jamais été montée. En 2001, il écrit et réalise son premier film, Todo Juntos, dans lequel il interprète également un rôle. Il a remporté plusieurs prix, dont le 1er prix d'écriture dramatique de l'Institut national de Théâtre argentin, le Prix Konex 2004 de la Fondation d'Art nationale et le 1er prix national d'écriture dramatique 1996-1999 du gouvernement argentin. Ses pièces ont été jouées dans des théâtres et festivals en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie, au Danemark, en Écosse, au Canada, en Belgique, en Espagne, au Brésil et en Australie.

Marcos Martinez (°1974, Buenos Aires) est journaliste et vidéaste. Il a étudié la communication et les sciences humaines à l'Université de Buenos aires (UBA), le photo journalisme à Fototea et le cinéma au Centre for Video & Film Research (CIEVYC). Il a collaboré à des suppléments pour les journaux Revista (La Nacíon) et Espectáculos y Cultura (La Prensa). Il a également réalisé des courts métrages expérimentaux pour Barcelona Televisión, les documentaires vidéo MM sur la dernière nuit du 20e siècle, Social, une production sur base d'images de mariages, de baptêmes et de communions, et Edificio, créé exclusivement à partir d'images de caméras de surveillance en circuit fermé.

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