Derretiré con un cerillo la nieve de un volcán

Théâtre 140

19, 22, 23/05 – 20:30
20/05 – 18:00

ES > FR / NL

2h

Ce collectif mexicain fut une des révélations du festival en 2011. De retour cette année, les membres de Lagartijas tiradas al sol se plongent à nouveau dans l’histoire politique et sociale troublée de leur pays. Cette fois, ils pointent leur regard acéré sur le Partido Revolucionario Institucional, une organisation politique qui, depuis sa fondation en 1929 en tant que force révolutionnaire de changement, s’est progressivement transformée en appareil de confiscation du pouvoir. Pendant sept décennies, le PRI a apporté au Mexique stabilité et croissance, mais au prix d’un système paternaliste et bureaucratique de répression. En décembre 2012, il est revenu aux commandes après douze années d’opposition. Que signifie ce retour ? Associant audacieusement la fiction et le document – tantôt drôle, tantôt déchirant –, la jeune équipe de Lagartijas tiradas al sol exposent l’entrecroisement des histoires personnelles et de l’histoire collective à travers la chronique de trois générations. Le théâtre peut-il aussi prédire le futur ?

Concept & textes
Luisa Pardo & Gabino Rodriguez

Assistants réalisation
Mariana Villegas & Carlos López Tavera

Avec
Francisco Barreiro, Luisa Pardo, Manuel Parra & Gabino Rodriguez

Video
Yulene Olaizola & Carlos Gamboa

Direction technique
César Ríos

Recherche iconographique
Josué Martínez

Création costumes & accessoires
Úrsula Lascurain

Assistance
Fernando Alvarez Rebeil

Image
Francisco Barreiro

Isadora
Emiliano Leyva

Conseils
José Woldenberg, Citlali López, Fritz Glockner, Jorge Perez Escamilla, Luis En

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Théâtre 140

Production
Lagartijas tiradas al sol (Mexico)

Coproduction
Kunstenfestivaldesarts, Dirreción de Teatro de la Universidad Nacional Autónoma de México, Festival de México FMX and Interior XIII

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Projet : PRI

L'histoire officielle n'est rien d'autre qu'une interprétation spécifique du passé. Une manière de déterminer le présent, de le justifier. Elle favorise un sentiment d'unité et vient légitimer un régime. Normalement, elle est présentée comme univoque et peut en outre compter sur de plus vastes possibilités de diffusion que n'importe quel autre type de récit.

Ce projet a vu le jour dans le contexte de l'élection présidentielle de 2012, face aux incertitudes suscitées par le retour au pouvoir du Partido Revolucionario Institucional (PRI) après 12 années d'opposition. C'est une enquête/reconstitution personnelle d'une période que nous sommes loin d'avoir vécu dans son entièreté, mais qui, d'une certaine manière, nous a façonnés : les 71 années de gouvernement du PRI. Par le biais d'une vaste enquête, nous avons donc reconstitué une histoire de notre pays ; elle n'est ni meilleure ni plus complète que les autres, mais c'est la nôtre. Une narration grâce à laquelle nous espérons comprendre toutes ces paroles, ces lieux communs, ces mœurs et ces peurs dont on nous a parlé, que nous avons hérité du PRI, de sa politique et de sa manière de gouverner.

Le projet se compose d'un livre d'histoire (La Revolución Institucional) et d'une œuvre théatrale (Derretiré con un cerillo la nieve de un volcán). Un volet éphémère et un volet permanent. Sur base de ces deux supports nous avons essayé de mieux connaître le parti et le pays, de nous confronter au passé politique du Mexique afin de pouvoir comprendre le présent, et ce à l'heure où nous savons que le PRI va gouverner pendant 6 années de plus. Nous sommes partis de l'idée qu'une partie de ce que nous sommes est l'histoire qu'ils nous ont racontée à notre sujet. Nous aimerions comprendre ce qu'est le PRI. Qui sommes-nous face à lui ? Comment la politique influence-t-elle notre vie ?

La fondation en 1929 du « parti officiel », sous le nom de Partido Nacional Revolucionario, fut un acte d'« imagination politique » qui s'est terminé par une période où l'on prenait le pouvoir par les armes. Nous avons cherché à approfondir cette histoire afin d'appréhender la nature d'un organisme politique qui a été un instrument de réconciliation sociale, d'unité nationale et, en même temps, un dispositif pour contrôler et programmer la participation politique. À la fois inclusif et exclusif.

Il s'agit de créer une distance pour pouvoir cerner l'identité et nous expliquer le Mexique de 2013. Maintenant que les positions politiques se sont polarisées - depuis l'appui inconditionnel jusqu'à l'opposition sans merci, en passant par différents degrés d'acceptation et d'indifférence - il nous semble important d'approfondir une histoire que nous avons parfois prise pour argent comptant. Nous voulons également rappeler que les conquêtes démocratiques n'ont pas été le fruit d'une concession bienveillante ou gratuite de la part du gouvernement, mais qu'elles sont un acquis politique, gagné par le sang et la sueur de centaines de Mexicains, jeunes et adultes ; et tant que nous chérissons ces conquêtes et veillons sur elles, leur sacrifice n'aura pas été vain. Rappeler aussi que personne ne doit plus jamais faire appel à la confiance inconditionnelle.

L'histoire du Mexique est une série d'« Édens subvertis » que nous aimerions, comme Ramón López Velarde, simultanément récupérer et oublier.

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Lagartijas tiradas al sol est un collectif d’artistes fondé par Luisa Pardo et Gabino Rodríguez. Depuis 2003, ils développent des projets ayant pour objectif de relier le travail et la vie et d’en effacer les frontières. Leurs créations tentent de donner du sens, d’articuler, de décomposer, et de bouleverser ce que la pratique quotidienne amalgame et considère comme coulant de source. Lagartijas tiradas al sol a produit sept projets scéniques à ce jour : This is the story of a boy that grew and still remembers some things (2003-2005), November (2005), Pía (2005-2006), Assault on the transparent water (2006-2011), In the same boat (2007-2008), Catalina (2009-2011), The sound of fire (2010-2011), avec la participation créative de Luisa Pardo, Gabino Rodríguez, Francisco Barreiro, Juan Leduc, Yulene Olaizola, Marcela Flores, Juanpablo Avendaño, Carlos Gamboa, Harold Torres, César Ríos, Mariana Villegas.

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