COULISSE – Chantier Musil

M.A.P. Brussels

3/05 > 19:00
4-25/05 > Thursday to Sunday > 13:00-19:00
8.15.22/05 > 19:00 Next Wednesday @ M.A.P.

Vincent Fortemps invite le spectateur-lecteur à entrer dans une chambre où la lumière est révélatrice d'images, de séquences ou plus exactement de fragments de récits. Il ne s’agit pas de fabriquer une image bien cadrée, stable et fixe, mais de remettre en question la teneur, la précarité, la qualité de l’image, de l’interroger tout en la fabriquant. À la source, la lecture fidèle du roman de Robert Musil, L'homme sans qualités, et surtout la réflexion développée lors la création de Chantier Musil avec le chorégraphe François Verret.

Conception & réalisation : Vincent Fortemps

Dessins : Vincent Fortemps in het kader van de creatie/dans le cadre de la création/in the context of the creation Chantier Musil (Compagnie FV/François Verret)

Technique : Jean-Francois Dubois, Vincent Fortemps

Production : KunstenFESTIVALdesArts

Présentation : M.A.P. Brussels, KunstenFESTIVALdesArts

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Dans son exposition, Vincent Fortemps définit un espace narratif, un espace du possible. Le spectateur-lecteur est invité à entrer dans une chambre où la lumière est révélatrice d'images, de séquences ou plus exactement de fragments de récits. À travers ces images, on découvre un regard, celui de Vincent Fortemps qui nous décrit une réalité au caractère multiple et mouvant, par le biais de la narration. Narration qu'il manie depuis longtemps puisqu'il est depuis 10 ans auteur de bande dessinée contemporaine. Au-delà du support du livre qu'il connaît bien, il nous fait entrer dans un monde de la répétition où chaque image n'est jamais tout à fait semblable ni à la précédente ni à la suivante. Entre chacune d'elles se glisse une poésie indécelable et silencieuse où tout est possible, où tout récit peut exister. C'est par ce biais empirique qu'il touche presqu'au mouvement, celui que suggère le cinéma depuis ses origines.

Ce n'est sans doute pas par hasard que sa technique s'apparente à celle de la pellicule non pas brûlée par la lumière, mais gravée d'une empreinte noire, grasse et épaisse, celle du crayon lithographique qui s'écrase sur le rhodoïd transparent. En humidifiant, en raclant, en griffant la matière du crayon, le dessinateur crée une surface vibrante et vivante qui fait naître le récit.

À la source de son inspiration : la lecture fidèle du roman de Robert Musil, L'homme sans qualités, mais surtout une réflexion développée lors la création du spectacle Chantier Musil au sein de la Compagnie FV (François Verret). Ce que retient Vincent Fortemps de l'écriture de Musil est la construction fragmentée d'un récit complexe, non linéaire, où des lignes narratives autonomes se tissent les unes aux autres et résonnent entre elles. Il assimile ces glissements à ce qui se produit entre les images : aux creux et aux failles qui les séparent (ellipses), mais également à ce qui se produit au sein même des images : à ce qui n'est pas décrit, aux noirs sourds, aux abîmes de la matière.

" Je veux faire référence aux coulisses comme un lieu qui est derrière la scène, derrière la réalité. Comme un lieu de passage où l’on est prêt à tout moment à re-devenir acteur du réel. Je veux mettre le visiteur dans cette position d’attente en coulisses à la fois confortable et inconfortable. Lui permettre d’apercevoir la face cachée d’un processus en devenir, en attente de ce qui va ou pourrait se passer, le mouvement. "

Vincent Fortemps, janvier 2002

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