Corbeaux

Différents lieux dans la ville

35min

Maison des Cultures / Huis van Culturen
9/05 – 18:00
La Monnaie / De Munt
10/05 – 13:00 + 19:00
Vier Winden Basisschool
11/05 – 16:00
Performance en plein air

« Une performance alliant la transe au rugissement rythmé de fauves féminins, dont le balancement hypnotique n’est pas sans rappeler l’horlogerie animale. » C’est ainsi que Bouchra Ouizguen, chorégraphe particulièrement concernée par la place de la femme dans la société, décrit la performance Corbeaux qu’elle a créée lors de la dernière biennale d’art de Marrakech. Vêtues de noir et coiffées d’un fichu blanc, archétypales et pourtant singulières, une trentaine de femmes s’avancent, puis s’immobilisent pour engager une action physique et vocale qui, de répétitions en variations, enfle jusqu’à exploser dans une forme de cri vital, matriciel, terrien. Aujourd’hui, Ouizguen recrée Corbeaux avec un groupe de femmes marrakchies et bruxelloises. Durant le festival, ces oiseaux noirs prendront possession de différents espaces publics, nous entraînant dans leur transe cathartique avant de nous laisser, à nouveau, face à nous-mêmes.

Corbeaux

Venues des ténèbres, des silhouettes sombres et silencieuses s’avancent. S’arrêtent. Puis repartent en un dispositif géométrique et alchimique. S’immobilisent enfin pour engager une performance alliant la transe au rugissement rythmé de fauves féminins, dont le balancement hypnotique n’est pas sans rappeler l’horlogerie animale de captifs êtres femelles que le Genre Humain aime tant à exhiber.

Mais Corbeaux est autre chose : l’expression essentielle de la féminité, dans sa force génitrice, suprématie que lui confère l’art de donner vie.Corbeaux donne vie à un chant grégorien au féminin. Lancinant et inquiétant, il vous arrache au statut de regardant pour vous conférer celui plus gratifiant de spectateur de votre propre intimité. Vous êtes ailleurs. Elles aussi. Higher, proches de la Lumière que leurs corps semblent fuir, proches d’un au-delà cathartique où elles nous demandent de les rejoindre.

Ensemble, elles et nous visitons nos zones extrêmes, celles de nos conceptions, de nos mises au Monde, élevés ensemble vers cette Mère-Lumière avant de retourner, durablement éblouis et vacillants, vers nos sombres vies d’hommes debout.

Corbeaux est donc une variation chère à Bouchra Ouizguen, celle de l’origine, du sentiment, du Lien, du lien à la Mère, du lien à la Terre, du blien à l’Amour. Par le truchement d’une brutalité feinte, l’intensité chorégraphique n’est que fragilité et suggestion. Elle singularise le rapport entre regardant et regardé, gommant les frontières pour revenir à l’essentiel : l’être-là. Ensemble.

Puis, désarticulées, cataleptiques, les silhouettes nous abandonnent. Plus grands. Plus sûrs de nos propres incertitudes pour retourner vers les ténèbres : Corbeaux.

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Direction artistique & chorégraphie
Bouchra Ouizguen

Avec
Fatna Ibn El Khatyb, Khadija Amrhar, Milouda El Maataoui, Malika Soukri, Zahra Bensslam, Fatima Jaafro, Hasnae El Ouarga, Noura Oujoute, Bouchra Ouizguen, Fatima El Hanna, Kabboura Ait Ben Hmad, Halima Sahmoud, en collaboration avec Fadila Hosna, Fabienne Lichtert, Noëlvie, Delphine Dupuy, Mariam Faquir, e.a.

Directrice de production
Fanny Virelizier

Remerciements
Han De Meulemeester (Brede School Molenbeek), Le Grand Studio, the pupils of Vier Winden Basisschool, Jenneke Cauwels, Els Lenaerts, Nedjma Hadj, Caleidoscoop (VGC/De Vaartkapoen)

Projet Vier Winden Basisschool en collaboration avec
De Veerman

Présentation
Kunstenfestivaldesarts, Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-Saint-Jean, La Monnaie, Vier Winden Basisschool

Production
Cie O (Marrakech)

Avec le soutien de
Institut français du Maroc

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Bouchra Ouizguen (1980) est une danseuse chorégraphe marocaine née à Ouarzazate. Elle vit et travaille à Marrakech où elle s’est engagée dans le développement d’une scène chorégraphique locale depuis 1998. Autodidacte et danseuse orientale dès l’âge de 16 ans, elle crée ses premières pièces expérimentales telles que Ana Ounta ou Mort et moi, nourries par ses intérêts pour le cinéma, la littérature, la musique... Cofondatrice de l’association Anania en 2002 avec Taoufiq Izeddiou, avant de fonder sa Compagnie O en 2010, elle collabore notamment avec Mathilde Monnier, Bernardo Montet, Boris Charmatz, Julie Nioche et Abdellah Taïa. En 2010, elle reçoit le prix de la révélation chorégraphique de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et le prix du Syndicat de la critique Théâtre Musique et Danse avec le libérateur Madame Plaza , ou elle partageait la scène avec trois performeuses issues de la tradition des Aïtas. En 2011, elle crée avec le chorégraphe Alain Buffard le solo Voyage Cola dans le cadre des Sujets à Vif du Festival d’Avignon. En juin 2012, elle crée HA!, pièce pour 4 danseuses/chanteuses au Festival Montpellier Danse, et qu’elle reprendra en 2013 au Centre Georges Pompidou. En février 2014, elle crée Corbeaux , pièce-sculpture pour 17 danseuses à la Marrakech Biennale.

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