A Night of Thinking Through Senses

Palais de la Dynastie / Dynastiepaleis
  • 13/05 | 22:00 - 2:00

€ 5
EN

Si le langage est le véhicule codé de notre communication, qu’y a-t-il avant le langage ? Cette nuit explore la sphère qui peut exister avant les codes : gestes minimaux, la matérialité des sons, une nouvelle proximité, une conférence performance et une lente lecture dans l’obscurité invitent le public à explorer la réflexion à travers différents sens et une forme de pensée qui précède les mots. En référence aux idées et aux expériences de l’art néo-concret et au travail de Lygia Clark en particulier, cette nuit invite à un rite sans mythes et ouvre un espace de conversation dans une langue qui doit encore être constituée. Un espace où rencontrer l’autre sans qu’en soit encore définie la manière, où perdre le privilège de se penser comme des individus et où faire l’expérience de l’espace entre soi et les autres comme étant encore à construire. Se retrouver avant les codes pourrait nous donner la possibilité d’en faire émerger de nouveaux.

À voir aussi
Beyond the Codes: A Night of Travelling Beyond Thinking

Avec
Fabián Barba, Kate McIntosh, Mette Edvardsen, Enrico Malatesta, Bryana Fritz & Henry Andersen

Contributions de
André Lepecki

Programmation
Daniel Blanga-Gubbay & Lars Kwakkenbos

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Une nuit de réflexion à travers les sens

« Until our era, the artist was only a thermometer in which the new spiritual reality of the future was indicated. There will come a time when everyone will be that thermometer and bring within themselves that future-present. »
Lygia Clark, manuscrit non daté

Si le langage est le vecteur codé de notre communication, qu’y avait-il avant ? Cette nuit explore la sphère qui peut exister avant les codes : gestes minimaux, matérialité des sons, proximités immédiates, une conférence-performance et une lecture lente dans l’obscurité invitent le public à explorer la pensée à travers différents sens ; une forme de pensée qui précède les mots. En référence aux idées et aux expériences de l’art néo-concret et à l’œuvre de Lygia Clark en particulier, cette nuit invite à un rite sans mythes et ouvre un espace de conversation dans une langue qui doit encore être constituée. Un espace où rencontrer l’autre sans qu’en soit encore définie la manière, où perdre le privilège de se penser comme des individus et où faire l’expérience de l’espace entre soi et les autres comme étant encore à construire. Se retrouver avant les codes pourrait nous donner la possibilité d’en faire émerger de nouveaux.

Ce n’est pas seulement la revendication de Clark de créer des « rites sans mythe » qui a inspiré cette nuit, mais l’ensemble de son œuvre. Dès 1964, après être devenue une des figures de proue du mouvement néo-concret, Lygia Clark a petit à petit, mais pour autant pas de manière moins radicale, fait évoluer son travail au-delà de la sphère du visible vers celle de l’art sans art, dans lequel l’acte en soi devenait l’aspect le plus important. Plus tard, son œuvre s’est apparentée à une forme de thérapie, mais s’est aussi orientée vers de nouveaux modes de subjectivité et d’intimité.

Dans un texte sur l’œuvre de Lygia Clark écrit en 1999, la psychanalyste et critique culturelle brésilienne Suely Rolnik fait référence à un acte de déterritorialisation : « Le spectateur commence à se déterritorialiser lui-même en même temps que l’objet d’art cesse d’être réductible à sa visibilité, n’ayant même pas la possibilité d’exister dans une passivité inerte, isolé de celle ou celui qui l’exécute. » Vers le milieu des années 1960, l’œuvre de Clark a commencé à déterritorialiser le spectateur, le faisant évoluer d’une posture active et participative vers celle de réceptacle pour les sensations que son œuvre évoque chez celle ou celui qui la touche. C’est précisément ce qui pourrait se produire à divers moments de cette nuit. Before the Codes pourrait incarner un voyage à travers l’œuvre visionnaire de Lygia Clark avec certaines contributions permettant aux corps des participants de prendre conscience d’une nouvelle réalité de sensations – pour paraphraser Rolnik – et d’autres interventions invitant à réfléchir et à spéculer sur de telles réalités. Une nuit entourée d’œuvres de Tarek Atoui, suggérant et personnifiant un espace sonore où ces sensations peuvent également trouver un chez-soi.

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